Pour ce deuxième conseil municipal depuis le retour de Catherine Trautmann à la tête de la mairie de Strasbourg, les débats ont été apaisés. Indemnités des élu(e)s, démission de Laure Pain et motion sur les logements pour les plus précaires, on fait le point.
Des votes adoptés à l’unanimité en pagaille. Sur les 13 points à l’ordre du jour ce lundi 20 avril au conseil municipal de Strasbourg, tous ont été adoptés, chaque fois, avec une majorité presque totale. Une idylle serait-elle en train de naître sous nos yeux, prenant le pas sur les désaccords affichés durant la campagne et le précédent mandat ?
Pas vraiment. Pour ce conseil municipal, il a surtout été question de valider les nominations des élu(e)s dans les commissions, organismes et entreprises publiques locales. Des nominations déjà discutées entre les partis en amont de ce conseil, qui n’attendaient que leur validation officielle ce 20 avril.
Le point chaud : les indemnités de fonction
La grande question de ce conseil municipal concernait les indemnités de fonctions allouées aux différent(e)s élu(e)s.
Aucun changement n’est au programme de la mandature de Catherine Trautmann. Les 65 élu(e)s du conseil municipal ont voté les mêmes rétributions que celles fixées en 2020. « Nous reconduisons à l’identique le format du mandat précédent », déclare Mathieu Cahn.
Le premier adjoint touchera donc 2 517,70€ brut par mois, comme les 19 autres adjoint(e)s à la Ville. Les autres élu(e)s toucheront entre 523€ et 1 057€ brut, en fonction de l’attribution de délégations thématiques.
La municipalité PS conserve ainsi les baisses d’indemnités décidées par l’ancienne édile Jeanne Barseghian lors de son arrivée au pouvoir en 2020.
Seule exception sur la question des indemnités : Catherine Trautmann. La maire de Strasbourg a fait le choix d’une baisse de 10%, faisant ainsi passer sa rémunération mensuelle à 4 624€ brut.
Le montant total des indemnités de Catherine Trautmann « légèrement inférieur » à celui de Jeanne Barseghian
Une décision justifiée notamment par la double casquette de Catherine Trautmann, récemment élue présidente de l’Eurométropole, quand Jeanne Barseghian n’en était que vice-présidente. Une baisse des indemnités perçues en qualité de présidente de l’EMS est donc aussi à prévoir dans les prochains jours.
« Le montant total des indemnités perçues par la maire-présidente ne dépassera pas et sera même légèrement inférieur à celles perçues par l’ancienne maire. Nous prenons cet engagement », assure Mathieu Cahn.
Adoption d'une motion pour garantir le droit au logement
Parmi les autres points importants de ce conseil municipal, l’adoption d’une motion déposée par l’élu insoumis Florian Kobryn pour garantir le droit au logement à Strasbourg.
« Depuis des années c’est une préoccupation majeure à Strasbourg. L’indifférence augmente à mesure que l’État se désengage. Sur le campement Krimmeri-Meinau, à quelques centaines de mètres d’ici, des enfants dorment dehors. Ce campement est particulièrement symbolique de la défaillance de l’État, notamment sur la mise en oeuvre des hébergements d’urgence », introduit Florian Kobryn.
Par cette motion, la Ville de Strasbourg s’engage à garantir de façon pérenne le droit au logement avec notamment :
- Le maintien de la prise en charge des familles actuellement à l’abri.
- Un inventaire complet du patrimoine municipal, incluant les travaux nécessaires pour assurer un hébergement.
Une motion adoptée à 55 voix pour et 10 abstentions, provenant du groupe présidé par Jean-Philippe Vetter (LR). « Faire cet inventaire et le rendre public nous pose un soucis », justifie Anne Reymann.
La démission de Laure Pain débattue
Le conseil municipal s’est conclu sur une question d’actualité présentée par le groupe « Strasbourg Juste et Vivante ». L’élu Germain Mignot a interpellé la majorité sur la démission de Laure Pain, élue numéro 3 de Catherine Trautmann et adjointe à la Ville solidaire et inclusive le 14 avril dernier.
Florian Kobryn a rebondi sur la question. « Vous nous direz que cette décision est d’ordre personnelle et qu’elle n’a rien de politique, nous ferons semblant d’y croire », fustige l’insoumis, rappelant également les propos tenus par l’ex-adjointe lors d’un débat organisé par Oxfam durant la campagne électorale.
Laure Pain se serait notamment opposée au « statut de ville accueillante. Elle a repris la rhétorique de l’appel d’air. Le tout en proclamant l’absence de droits des personnes au mépris total des droits humains ».
« Pourriez-vous clarifier la ligne politique de votre mandat ? Sera-t-elle celle de Monsieur Retailleau et de sa solidarité à géométrie variable ? Ou celle de ville carrefour, ouverte au monde et viscéralement attachée aux droits humains et leur mise en pratique ? », interroge l’élu insoumis.
Christelle Sturtz Froehlicher et Françoise Bey assurent l'intérim
Dans sa réponse, Mathieu Cahn tempère. « Révisez la géographie du conseil municipal. Les amis de Retailleau ne font pas partie de la majorité. C’est assez clair et facile à lire », clame le premier adjoint.
Il poursuit, concernant la démission de Laure Pain : « Quand quelqu’un évoque des raisons personnelles, avant de chercher les mauvaises querelles et les polémiques, je vous invite à vous méfier de toute extrapolation. Les vies étant complexes et pouvant changer très rapidement, même après des élections. Il n’y a pas forcément d’intention cachée, mais des moments de vie qui méritent qu’on les respecte. »
« Nous sommes un collectif organisé, structuré et ces sujets [Ville solidaire et inclusive, ndlr] ne sont pas laissés à l’abandon. Les délégations de Laure Pain ont été redistribuées à Christelle Sturtz Froehlicher et Françoise Bey en attendant l’élection d’une nouvelle adjointe au prochain conseil », conclut-il.
Le conseil municipal en bref
Pour le reste des points évoqués lors de ce conseil municipal, dans le détail :
- Catherine Trautmann a laissé la porte ouverte à la réception des ex-otages Cécile Kohler et Jacques Paris à l’Hôtel de ville de Strasbourg. « Leur date sera la nôtre. »
- Annick Neff remplace Laure Pain au sein du conseil municipal, sans être adjointe. L’élection à ce poste aura lieu le 26 mai prochain.
- L’enveloppe globale allouée aux différents groupes politiques est inchangée : 340 000€. Leur partage en revanche évolue. La municipalité a fait le choix de procéder à un partage équitable entre la majorité et l’opposition. En tout, 170 000€ pour la majorité dont 130 000€ pour le groupe présidé par Thierry Sother (PS) et 40 000€ pour celui de Pierre Jakubowicz. Les Insoumis disposent d’une enveloppe de 47 500€, le groupe de Jeanne Barseghian repart avec 49 500€ et enfin Jean-Philippe Vetter et son groupe disposent d’une enveloppe de 73 000€. L’ensemble des élu(e)s ont tenu à souligner les dialogues avec la majorité.
- Maintien des taux d’imposition locale tels qu’ils étaient.
- Mathieu Cahn intègre l’assemblée générale et le conseil de surveillance de Strasbourg Events
- La SPL stationnement sur voirie, Parcus+Voirie, sera dirigée par Sandra Dietsch (liste des centristes). Pernelle Richardot (PS) et Irène Weiss (LR) intègrent l’assemblée générale.
- Catherine Trautmann sera au conseil de surveillance des Hôpitaux universitaires, comme Jeanne Barseghian avant elle.
Le prochain conseil municipal se tiendra le mardi 26 mai 2026, dès 10h.




Le copain de Florian Kobryn, le maire de Roubaix (LFiste comme lui).
Il a pu ainsi faire adopter une hausse de ses indemnités personnelles de 475 €, pour un total de 4 876 € mensuels. Ses adjoints toucheront également bien plus que ceux de l’ancienne mandature.
C’est pour quand la mise en place de la gratuité du Tram pour les personnes de plus de 65 ans ?
Promesse qui sera suivi de près .
Évacuation du parking de la piscine de hautepierre???des enfants en bas y acavalent …conditions sanitaires déplorables….au dernier comptage 5 caravanes et 13 voitures en permanence