Ce 10 avril, Catherine Trautmann a officiellement été intronisée présidente de l’Eurométropole, cumulant ce poste avec celui de maire de Strasbourg. Elle a profité du conseil eurométropolitain pour présenter son équipe de 18 vice-président(e)s, issu(e)s de son groupe ainsi que de son alliance avec les groupes de droite de Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert. Présentations.
Après l’équipe qui dirigera Strasbourg, celle qui dirigera l’Eurométropole a été intronisée ce 10 avril à l’issue du conseil eurométropolitain. Leur point commun ? Elles auront toutes les deux Catherine Trautmann à leur tête, la maire de Strasbourg ayant décidé de cumuler les mandats et les responsabilités, une première depuis… elle-même en 2001.
Je ne suis pas là pour faire l'alliance d'une maire de gauche avec des maires de droite, mais pour construire une alliance avec les maires qui nous permettent d'affronter l'avenir.
Élue sans opposition à 80 voix pour, elle gardera en outre la compétence des transports publics, son sujet de prédilection. Elle tient sa large majorité d’une alliance avec la droite de Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert et considère son absence d’adversaires « comme une attente, comme un désir de faire vivre cette intercommunalité, de se consacrer au quotidien de nos concitoyens et de se consacrer à l’avenir ».
Les 18 vice-président(e)s
Pour s’attaquer aux défis du logement, des mobilités, de l’attractivité économique et de la transition climatique, mais également pour répondre aux sujets chauds de la réforme du PLU ou de la gare à 360°, Catherine Trautmann s’est entourée d’une équipe de 18 vice-président(e)s. Une équipe qui marque la rupture nette avec l’ancienne mandature, puisque seule Béatrice Bulou, maire divers gauche de Mundolsheim est reconduite. Dans le détail :
- Thibaud Phillips (maire d’Illkirch-Graffenstaden), président délégué, planification urbaine et prospective du territoire,
- Catherine Graeff-Eckert (Lingolsheim), présidente déléguée, coopération internationale, suivi Eurodistrict, circulation, stationnement en ouvrage,
- Mathieu Cahn, personnel, ressources humaines et dialogue social,
- Caroline Barrière, budget et finances,
- Jean-Louis Hoerlé (Bischheim), sport et équipements sportifs,
- Pernelle Richardot, économie durable, attractivité, innovation et emploi,
- Abdelaziz Choukri, enseignement supérieur, recherche et vie étudiante,
- Michèle Kannengieser (La Wantzenau), eau, assainissement, ressources naturelles,
- Jean-Michel Schaeffer (Geispolsheim), voirie, aménagement de l’espace public,
- Chantal Cutajar, transition écologique et développement durable, santé environnementale,
- Étienne Westphal, habitat, politique foncière et immobilière,
- Michèle Leckler (Plobsheim), agriculture urbaine, promotion de l’agriculture biologique et de l’agroforesterie,
- Éric Amiet (Wolfisheim), équité territoriale, mutualisation et dialogue intercommunal, funéraire,
- Nawel Rafik-Elmrini, création du service public de l’énergie, mise en œuvre du schéma directeur de l’énergie,
- Jean-Baptiste Mathieu, renouvellement urbain et politique de la ville, solidarités intercommunales,
- Béatrice Bulou (Mundolsheim), propreté, réduction et valorisation des déchets,
- Yves Sublon (Eschau), commande publique,
- Rebecca Breitman, action culturelle, cinéma, audiovisuel et numérique, participation citoyenne et débat public.
Une équipe qui voit quelques fidèles de Catherine Trautmann cumuler les postes avec Strasbourg, comme Pernelle Richardot, Mathieu Cahn et Jean-Baptiste Mathieu. Les alliances et ralliements ont également été récompensés, avec Nawel Rafik-Elmrini, Chantal Cutajar et Rebecca Breitman obtenant un poste. Enfin, Caroline Barrière obtient le prestigieux poste de vice-présidente au budget, en raccord avec ses compétences dans l’opposition dans le dernier mandat.
Les réactions des autres groupes politiques
Après toute la présentation, plusieurs personnalités politiques de gauche ont pris la parole. Dans une opposition extrêmement franche, Jeanne Barseghian assène à sa rivale : « Vous faites le choix de la trahison ». L’ancienne maire de Strasbourg regrette une alliance avec « la droite dure », l’absence de mention du logement social, du tram Nord ou des quartiers prioritaires, alors que sont annoncés des projets routiers ou de liaison avec l’aéroport.
De son côté, Florian Kobryn continue de jouer le rôle du trublion qu’il avait eu au conseil municipal en ne félicitant pas la présidente de l’Eurométropole comme le veut l’usage. Comme Jeanne Barseghian [avec qui il ne siègera pas, ndlr], il dénonce le cumul des mandats et « la concentration des pouvoirs » de Catherine Trautmann.
Enfin, Nathalie Jampoc-Bertrand, nouvelle maire de Schiltigheim, est moins offensive envers Catherine Trautmann. Ayant créé un groupe composé des élu(e)s schilikois(es), elle annonce : « Nous ne serons ni dans l’alignement, ni dans l’opposition de principe, mais dans l’exigence. » Elle liste notamment la transformation écologique du territoire et l’avenir du site de la Brasserie de l’Espérance comme priorités majeures.
Catherine Trautmann clôture les débats en justifiant son choix : « Je me suis trouvée dans une situation où aucun groupe ne pouvait avoir la majorité. Vous vouliez le chaos ? » Les débats reprendront très rapidement puisque les élu(e)s reviendront dans l’hémicycle dès le 30 avril prochain, pour le tout premier conseil eurométropolitain de l’ère Trautmann 2026.



