Ce 10 avril, le conseil de l’Eurométropole élira son/sa président(e) et ses vice-président(e)s. Une élection qui a son importance, au vu des compétences de l’EMS sur les chantiers qui se déroulent à Strasbourg. Candidat(e)s déclaré(e)s, rapport de force gauche/droite : on vous explique ce qu’il faut savoir.
À l’Eurométropole, c’est bientôt l’heure du 3e tour. Après les élections municipales dans les 33 communes les 15 et 22 mars dernier, le premier conseil de l’EMS du 10 avril va permettre d’élire le ou la futur(e) président(e) de la métropole. Un choix qui donnera la couleur de l’orientation politique que prendra le conseil de l’Eurométropole.
Une élection qui attire moins les regards, mais qui est pourtant essentielle, l’Eurométropole disposant de compétences qui peuvent durablement changer le visage de Strasbourg. Pêle-mêle : la transition énergétique et le plan climat-énergie territorial, les concessions de gaz et d’électricité, l’urbanisme, le Plan Local d’Urbanisme, les mobilités, la gestion des grands équipements sportifs ou encore la lutte contre la pollution de l’air et contre les nuisances sonores.
Combien de sièges au conseil de l’Eurométropole ?
Le conseil de l’Eurométropole comporte 107 sièges [7 de plus qu’en 2020, ndlr]. Là-dedans, c’est Strasbourg qui se taille la part du lion, avec 53 sièges, soit un siège de moins que la majorité absolue. Schiltigheim suit avec 8 sièges, Illkirch 6, Lingolsheim 5, Bischheim 4, Ostwald 3 et Hoenheim 2. Les 26 communes restantes possèdent chacune un seul siège.
Pour pouvoir gouverner, il faut donc a minima posséder 54 sièges acquis à sa cause. Et les négociations vont être ardues. On est loin de 2020, où la vague verte avec les victoires de Jeanne Barseghian à Strasbourg, Danielle Dambach à Schiltigheim et Fabienne Baas à Ostwald avait donné une longueur d’avance aux écologistes. En 2026, les équilibres sont largement différents.
Quels équilibres politiques au sein de l’Eurométropole ?
Comparé à 2020, la gauche a pris un sacré coup dans l’aile au sein du conseil de l’Eurométropole. La défaite de Jeanne Barseghian face à Catherine Trautmann décentre l’équilibre politique de l’EMS, qui penche globalement à droite. Dans les communes de la première couronne, la répartition est la suivante :
- Strasbourg : 37 sièges pour Catherine Trautmann (dont 4 pour le groupe de Pierre Jakubowicz), 8 pour Jean-Philippe Vetter, 5 pour Jeanne Barseghian et 3 pour Florian Kobryn.
- Schiltigheim : 6 sièges pour Nathalie Jampoc-Bertrand (PS + union de la gauche hors LFI), 1 siège pour Martin Henry (Divers) et 1 siège pour Dera Ratsiajetsinimaro (LR).
- Illkrich : 6 sièges pour Thibaud Philipps (LR).
- Lingolsheim : 5 sièges pour Catherine Graef-Eckert (divers droite).
- Bischheim : 4 sièges pour Jean-Louis Hoerlé (LR).
- Ostwald : 2 sièges pour Dylan Hirn (Horizons), 1 siège pour Delphine Rideau (union de la gauche hors LFI)
- Hoenheim : 2 sièges pour Vincent Debes (divers centre)
Sur les 26 sièges restants, on dénombre un siège d’union de la gauche (Mundolsheim), 15 sièges « divers », 1 « divers centre » et « 9 sièges divers droite ».
Quels scénarios possibles ?
S’il faut schématiser, la répartition politique se définit comme ceci : à l’Eurométropole, la gauche a 16 sièges, l’alliance entre les socialistes et les macronistes en a 37, les « divers » et « divers centre » ont 21 sièges et la droite en a 33. Pour gouverner, Catherine Trautmann va donc devoir faire des alliances pour atteindre 54 sièges et la majorité absolue (voire un peu plus, pour s’assurer de la viabilité de ses projets).
Premier scénario, et sans aucun doute le plus improbable : gouverner à sa gauche, avec les Écologistes et les élu(e)s d’union de la gauche à Schiltigheim, Ostwald et Mundolsheim. Si tout le monde se met d’accord, en excluant LFI des négociations, cela ferait 50 sièges, auxquels se rajouteraient sans doute quelques maires sans étiquette. Mais au vu des relations déplorables entre Catherine Trautmann et Jeanne Barseghian, et vu que l’édile de Strasbourg a combattu le projet du tram Nord porté notamment par la nouvelle maire de Schiltigheim… Il n’y a presque aucune chance que des alliances se nouent vers la gauche.
Les scénarios les plus plausibles sont donc ceux qui donnent une alliance de Catherine Trautmann vers sa droite, alors que Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert sont les candidat(e)s à la présidence les plus crédibles [Danielle Dambach n’ayant que très peu de chances au vu du délitement de la gauche, ndlr]. Une sorte de « pacte de gouvernance » entre la maire socialiste et le centre, voire la droite, alors que la maire de Strasbourg a déjà beaucoup travaillé avec le maire d’Illkirch dans l’opposition du mandat précédent, particulièrement sur le tram Nord.
Dernière possibilité : mener plutôt des alliances avec les 15 maires sans étiquette, plus Martin Henry à Schiltigheim, voire les 4 « divers centre » et les deux sièges Horizons à Ostwald. Elle profiterait ainsi de l’élan macroniste de sa liste, qui est déjà une liste d’union « au-delà des partis ». Si les macronistes restent dans sa majorité, elle pourrait atteindre 58 sièges, un petit matelas confortable au-dessus de la majorité absolue.
Quoi qu’il en soit, les négociations seront serrées, et les résultats tomberont le 10 avril prochain. Alors que l’Eurométropole gère énormément de sujets liés à Strasbourg, une partie de l’avenir de la ville se jouera à ce moment-là.



petit rappel … Delphine Rideau à Ostwald avait sur sa liste des candidats venus de la droite ..de Horizons .. et a été adjointe lors des 6 dernières années adjointe avec un élu LR – Une élue Horizon… une maire écologiste
sans que cela ne gêne personne
Mme Bass VP de Imbs – Barseghian et Dambach avait un 1 adjoint LR et une adjointe aux finances Horizons…
me souviens pas avoir entendu une gêne de la part de l exécutif « écologiste »
L’insistance avec laquelle vous mettez en avant l’alliance de Catherine Trautmann avec les macronistes est assez révélatrice. Les Verts, seraient plus avises de revoir leurs alliances. S’ils avaient été plus intelligents en 2020, ils auraient fusionne avec Catherine Trautmann, elle aurait été peut être présidente de l’Eurometropole… et serait partie.
Au lieu de ca, la volonté de certains « verts » -et surtout anciens socialistes – de la rabaisser n’a fait que renforcer dans sa détermination.
On voit le résultat, avec en prime une alliance mortifère avec LFI. De l’art de se tirer une balle dans le pied.
Tout est dit, vous avez parfaitement raison.