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Pokémon et Nike TN : immersion dans les collections étonnantes de 2 Alsaciens

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Derrière chaque collection se cache une histoire humaine, où la passion agit comme un fil conducteur. À chaque fois, il suffit d’une émotion, d’un élément déclencheur pour se découvrir une nouvelle ambition : celle de trouver des objets qui vont satisfaire notre curiosité. En Alsace, on a rencontré Mathieu et Fabian, respectivement fan de Pokémon et des baskets Nike TN. 

À première vue, tout oppose leur univers : d’un côté, des cartes peuplées de créatures mythiques ; de l’autre, des paires de baskets convoitées aux lignes soigneusement étudiées.

Pourtant, les deux collectionneurs rencontrés dans cet article partagent une même passion pour l’objet rare et l’histoire qu’il raconte. Ils nous expliquent !

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Chez Mathieu, c'est Pokémon et attrapez-les tous !

Une carte valant jusqu'à 6 000 €

Pour Mathieu, 30 ans, fan de Pokémon, tout commence par le partage et ces moments passés avec son père. C’est lui qui lui a transmis le plaisir de chercher, conserver, partager. 

Dans une pièce entièrement dédiée à Pokémon, des milliers de cartes, de jeux et d’objets racontent une histoire qui dépasse largement la simple collection. Celle d’un passionné alsacien tombé dans l’univers Pokémon au début des années 2000… grâce à son père.

« J’avais cinq ans. On collectionnait déjà les albums Panini de foot ensemble. Quand on les a terminés, on a cherché autre chose. » Ce « quelque chose », ce sera un album de stickers Pokémon. Le point de départ d’une passion qui dure encore aujourd’hui.

La collection se développe à l’école primaire mais Mathieu fait une pause au collège. Puis, il y a une dizaine d’années, en rangeant le grenier de ses parents, il remet la main sur cet album. Comme un déclencheur, la passion se réactive. 

« C’est vraiment mon objet le plus précieux. Pas le plus rare, mais le plus important. » Aujourd’hui, sa collection représente environ 85 000 objets, dont près de 80 000 cartes, mais aussi des jeux de société, des jeux vidéo et de nombreux objets vintage.

Son cœur de collection reste le Pokémon des débuts : stickers, cartes Topps, premières séries Wizards (2000–2007). Parmi ses souvenirs les plus marquants, une brocante reste gravée. En 2016 ou 2017, après 12 brocantes infructueuses dans la même journée, il achète par dépit trois petits lots de cartes attachées avec un élastique. Prix : 1€ les cinq cartes. Dans le troisième lot, une carte attire son attention : une Rayquaza Gold Star.

Pokémon
© Miss Cycy / Pokaa

« Je me suis dit que même si c’était une fausse, ce n’était pas grave. » La carte est authentifiée par une société de gradation française. Achetée 0,20 centimes, elle vaut aujourd’hui jusqu’à 6 000 € selon son état, d’après le collectionneur. 

Avec lui, on parle des cycles, de l’explosion au début des années 2000, de la phase de creux entre 2007 et 2015, de l’arrivée de Pokémon Go qui redonne alors une nouvelle énergie aux collectionneurs/ses. Enfin, pendant le Covid, il y a eu le boom massif amplifié par les réseaux sociaux et les influenceurs. « Là où ça a changé, c’est l’arrivée massive des investisseurs. Il y a moins de collectionneurs, plus de spéculation. »

« Ma collection n’est pas complète, mais chaque objet a une histoire »

S’il devait garder qu’un Pokémon, ce serait Zoroark. Découvert en 2015 à travers le film Zoroark, le maître des illusions, il incarne tout ce qu’il aime dans cet univers : la ruse, la dualité, mais aussi une forme de douceur. Il collectionne aujourd’hui de nombreux objets liés à ce Pokémon, tout en sachant que certaines pièces resteront hors de portée. « Ma collection n’est pas complète, mais chaque objet a une histoire. »

Pour les nouveaux/lles venu(e)s, il est lucide : les brocantes sont devenues très difficiles d’accès, parfois organisées en réseaux très structurés. Son conseil est simple : « Il faut se fixer un objectif précis. Un Pokémon, une série, un type. Vouloir tout faire, c’est impossible. »

Pokémon
© Miss Cycy / Pokaa

Malgré la hausse des prix, la spéculation et le manque d’événements spécialisés en France, une chose est toujours là : le plaisir. « La nostalgie, le partage et juste le fait d’ouvrir la porte de la pièce et de revoir tout ce parcours. »

Pour Fabian, la basket est un terrain de jeu infini

« Il n’y a pas deux TN identiques »

Chez Fabian, le déclencheur est tout autre. À 21 ans, il possède déjà près de 70 paires de Nike TN, aussi appelées Nike Air Max Plus. Une collection impressionnante, construite au fil des années, bien au-delà d’un simple effet de mode. Pour lui, la TN est à la fois un objet esthétique, un marqueur générationnel et un repère personnel.

La passion commence au lycée, il cherche simplement une paire de baskets pour marcher au quotidien, un ami lui fait essayer une TN. « Au départ, je détestais la TN. Elle avait une mauvaise image : trop street, trop cataloguée. Et puis je l’ai essayée. »

Le déclic est immédiat. Il achète une première paire blanche, puis une deuxième, puis une troisième : la Hyper Blue, l’un des coloris les plus emblématiques du modèle. Ce n’est plus seulement une basket, mais un terrain de jeu infini.

« Ce que j’aime, c’est la diversité. Il n’y a pas deux TN identiques. Les couleurs, les matières, les détails… Dans un monde assez gris, c’est une basket qui ose. »

chaussures baskets Nike
La Hyper Blue. © Miss Cycy / Pokaa

La Hyper Blue occupe d’ailleurs une place à part dans sa collection. À 17 ans, il est victime d’un grave accident de vélo et se fracture le col du fémur, une blessure rare à cet âge. Opération, vis dans la hanche, plusieurs mois sans pouvoir marcher et une grande incertitude sur la récupération.

Pendant cette période, il reçoit sa paire de Hyper Blue alors qu’il est encore à l’hôpital. « Je me suis dit : le jour où je remarcherai, ce sera avec cette paire. »

La TN devient un objectif, presque un moteur, lorsqu’il recommence à marcher, c’est avec elle aux pieds. Il la porte même durant la rééducation, un an et demi plus tard, lors de la seconde opération pour retirer les vis. « Elle est liée à un moment sombre, mais aussi à la sortie de ce moment-là. »

Aujourd’hui, Fabian estime sa collection à 70 paires, en moyenne il en achète une par mois, parfois plus… Le critère d’achat varie : anciens modèles, coloris précis ou simple coup de cœur. Et la collection ne s’arrête pas aux chaussures : goodies, pièces rares et objets oubliés sont aussi de la partie (pins, affiches, gourdes, vêtements promotionnels, objets souvent introuvables aujourd’hui). 

« Les goodies, ce sont souvent des objets envoyés à des marques ou à des influenceurs. Pas forcément vendus et encore moins conservés. » Aujourd’hui, au-delà de la chaussure, il recherche avant tout les objets collectors des années 2000 à 2010. 

chaussures baskets Nike
© Miss Cycy / Pokaa

Sortie en 1998, la TN n’a jamais vraiment disparu. Selon lui, c’est l’une des clés de son succès. « Elle a traversé les époques. Elle n’a pas mal vieilli. » Longtemps perçue comme une basket onéreuse et difficile d’accès, parfois achetée à l’étranger, notamment en Allemagne, elle s’est ensuite retrouvée associée à une image plus street. Une image parfois stigmatisante, mais indissociable de son histoire. Aujourd’hui encore, elle reste l’un des modèles les plus vendus de Nike et de Foot Locker.

Comme beaucoup de sneakers, la TN a vu sa cote chuter brutalement ces dernières années. Une Hyper Blue qui valait jusqu’à 500 € en 2020 se trouve aujourd’hui à 50 € sur des plateformes de revente. « Le marché des sneakers s’est effondré. Ce sont des cycles et ce n’est qu’une question de temps avant que la cote remonte. »

« Je collectionne pour moi, pas pour revendre »

En parallèle, Fabian est étudiant pour devenir directeur artistique, et il le précise : l’art « et le dessin font partie intégrante de ma passion pour la TN ». Il nous explique notamment que, dès le lycée, il se met à dessiner des jeux vidéo et tout naturellement des TN. Daltonien, il voit les couleurs différemment, ce qui transforme le dessin en défi.

« Ce qui m’intéressait, ce n’était pas les lignes, mais les couleurs. Essayer de reproduire ce que moi je perçois. » 

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© Miss Cycy / Pokaa

La communauté TN qu’il fréquente est majoritairement composée de collectionneurs/ses plus âgé(e)s, entre 30 et 45 ans. Lui fait figure de benjamin. Un Discord rassemble environ 130 membres en France, dont beaucoup en Alsace. « On se connaît tous. C’est une vraie communauté. Les femmes collectionnent aussi, mais elles sont minoritaires. »

Aujourd’hui, il continue de collectionner sans chercher la revente à tout prix. Certaines paires très rares, comme une édition liée à la Paris Fashion Week de 2007, achetée 450 € à un collectionneur australien, font partie de ses pièces maîtresses. Il conclut : « Je collectionne pour moi, pas pour revendre. »

chaussures baskets Nike
L'édition de la Paris Fashion week 2007. © Miss Cycy / Pokaa

Pour suivre les aventures de ces collectionneurs :
La page Instagram de Mathieu
La page Instagram de Fabian


Rédactrice : Miss Cycy

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