Un spectacle immersif. L’église Saint-Paul transformée par un décor lumineux à 360 degrés. L’histoire des Strasbourgeois(es) entre les guerres jouée par 250 bénévoles… C’est ce que vous pouvez retrouver tous les jours jusqu’au 29 mars, en allant voir le show Terra Alsatia. On s’est faufilé(e)s dans les répétitions pour découvrir cette ode aux Alsacien(ne)s, et papoter avec l’équipe qui permet de la concrétiser sur scène : suivez-nous !
Terra Alsatia, c’est un show immersif pour se propulser hors du temps, et redécouvrir l’histoire pas banale des Strasbourgeois(es) sur les deux derniers siècles, balloté(e)s entre conflits et frontières mouvantes.
Pour satisfaire notre curiosité, on est allé(e)s se glisser dans les coulisses. L’objectif ? Jeter un œil aux préparatifs, parler avec le metteur en scène Damien Fontaine ainsi qu’avec des acteurs/rices, mais aussi et surtout, découvrir un spectacle qui crée du lien. On vous raconte.
Redécouvrir l’histoire alsacienne en lumière
On débarque dans l’église Saint-Paul, alors que les répétitions sont au programme. Camille, à l’avant de la scène, est en train de chauffer les troupes qui ont fini d’enfiler les costumes, tandis que les derniers accessoires sont préparés en coulisses.
Tout le monde se prépare à jouer des moments phares de l’histoire alsacienne, du conflit de 1870 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le tout sur fond d’histoires d’amour ou de trahison. Au fil des scènes, on assiste à l’évolution d’une famille sur plusieurs générations, dont l’identité est ballottée entre les nationalités française et allemande.
Au fil du spectacle, on se retrouve face aux premières dynasties brassicoles, aux dockers du Port du Rhin, ou encore aux tailleurs de pierre qui participent à la construction de l’église Saint-Paul. Une histoire taillée sur mesure pour le lieu dans lequel elle se déroule.
Damien Fontaine nous raconte : « Terra Alsatia, c’est une trilogie. On a démarré à Mulhouse, on a continué à Colmar et on termine à Strasbourg. À chaque fois, on adapte l’histoire à la ville dans laquelle le spectacle a lieu, pour que l’immersion soit totale. »
Un spectacle, 250 bénévoles et autant de rencontres
Les répétitions s’apprêtent à démarrer. Sur place, pas moins de 250 personnes, de tous les âges : la spécificité de Terra Alsatia, c’est que ce sont des bénévoles qui portent le spectacle. Et cela donne lieu à des rencontres pas comme les autres, entre curieux/ses et passionné(e)s.
On papote avec Thierry, qui nous explique de manière enjouée : « Je suis tombé par hasard sur une annonce, alors j’ai essayé. Je n’avais jamais fait de théâtre avant. J’ai tenté cette nouvelle expérience, et surtout, j’ai fait des rencontres incroyables. Résultat, j’ai aujourd’hui monté une troupe de théâtre avec une vingtaine de personnes rencontrées sur l’édition Terra Alsatia de Colmar ! »
Si certain(e)s se découvrent de nouvelles passions et projets, d’autres en profitent pour vivre une expérience unique. C’est le cas de Gérôme, qui s’est lancé dans l’aventure… avec sa fille de 11 ans. « C’est une amie qui nous en a parlé. On a décidé de tenter. Résultat : je saute dans l’inconnu, mais surtout, je vis l’expérience folle de monter sur scène avec ma fille. Il fallait saisir cette chance ! »
À côté d’eux, Louise, quant à elle, est une habituée de la scène. L’adolescente pratique le théâtre depuis un bon bout de temps. « J’aime l’histoire, j’aime le théâtre : c’est incroyable de pouvoir réunir mes deux passions. Ce qui me plaît aussi dans cette expérience, c’est le fait de nouer une complicité avec des gens de tous horizons et de générations différentes : c’est aussi un moment de partage exceptionnel. »
Faire perdurer la mémoire
Et ces différentes générations, elles ont bien des choses à raconter. Damien Fontaine nous explique : « Avec Terra Alsatia, on rappelle l’histoire singulière de notre région, entre rattachement, détachement, déracinement… Ce qui m’intéressait, ce n’est pas l’histoire qu’on retrouve dans les livres, mais celle vécue par les gens qui n’ont pas eu le choix, dont on a pris la parole. »
Il poursuit : « Ce qui me touche, c’est de voir que le spectacle enclenche le dialogue. Quand des familles viennent voir une représentation, cela ouvre la porte à la transmission des différentes histoires, celles des grands-parents, ou des générations encore avant. Finalement, on accomplit un devoir de mémoire. »
Le propos est d’autant plus fort, puisque la ville de Strasbourg se veut très symbolique. « Ce spectacle permet de rappeler ce qui fait de Strasbourg un carrefour de l’Europe : un exemple de résilience, de vivre-ensemble, qui a fait de ses spécificités culturelles une force. »
Et pour en profiter, la billetterie est toujours ouverte et disponible en cliquant ici !



C’est manquer de rigueur journalistique que de ne pas parler des aspects problématiques de ce spectacle, notamment son franconationalisme ou sa volonté d’effacer les aspects inconfortables, comme l’antisémitisme alsacien, lesquels font aussi partie de notre histoire commune
On est plus proche du Puy du Fou que de l’Histoire réelle et votre article ressemble un peu trop à de la publicité.