Le 21 février, les Strasbourgeois(es) ont pu assister à un défilé pas comme les autres. Alihan Cinar, de l’atelier du même nom, a organisé son deuxième défilé, l’Antichambre, au Foyer de l’étudiant catholique. Au programme ? Des silhouettes excentriques qui malmènent les préconçus et cherchent leur place. On vous montre ce moment hors du temps et ses coulisses en photos : suivez-nous !
L’an dernier, le Strasbourgeois Alihan Cinar organisait son premier défilé Chair contrainte. Des corps au mouvement entravé, des tenues imposantes limitant le geste, des silhouettes « hors normes » pour faire disparaitre l’identité.
Cette approche du corps est en lien avec sa réflexion artistique en général. En master 2 en Arts visuels à l’université de Strasbourg, il travaille sur la place du corps queer et racisé dans le spectacle. Par son défilé, il faisait ainsi écho à ses écrits de recherche, en questionnant les normes et les attentes imposées aux différents corps.
« Ce que j’aime avec la mode, c’est que c’est un véritable espace d’expérimentation performatif et politique. C’est un médium vivant, incarné, qui permet de mettre en scène le corps dans sa complexité, ses contradictions, ses fragilités et aussi son pouvoir. » Dans cette optique, il continue de nous en mettre plein les yeux, avec son deuxième défilé auquel on a pointé le bout de notre nez !
« L’Antichambre », une ode au dérangement
Cette année, Alihan a créé son propre atelier et surtout, a organisé son deuxième défilé, l’Antichambre, dans le prolongement du premier. Cette fois-ci, les silhouettes exubérantes visent à retranscrire des personnalités hautes en couleur, qui tentent de se démarquer, de se libérer des carcans invasifs et des codes rigides.
Marquis, Baronne, Poupée, Charmeuse, Vipère, Prince ou encore Déchu : autant de personnages qui se succèdent sous nos yeux. En tout : 19 tenues, 19 histoires singulières, dans des tenues qui remettent en cause les codes stylistiques, mêlant ornements délicats et matériaux bruts.
« À travers ces projets, je cherche à retranscrire un univers esthétique où les corps racisés et queers existent avec leur épaisseur identitaire, en tension avec les codes de la beauté occidentale, entre désir d’acceptation et nécessité de parasiter les normes », nous explique Alihan.
Travailler main dans la main
Cerise sur le gâteau, le show a été porté par la musique de Mme Lecorbeau, qui a conçu pour l’occasion un mix entre vibes religieuses et rituelles, ponctué de sons électro, techno et expérimentaux.
Le set a permis de porter le défilé à son apogée, de même que toutes les petites mains qui ont participé à l’organisation de l’événement. Maquillage, coiffure, habillage, ajustements, mots rassurants… D’ailleurs, les noms des artistes qui ont participé à ce défilé sont mis en avant sur le compte Instagram de l’Atelier Alihan Cinar.
Ce qu’on retient de ce défilé, c’est qu’au-delà de repousser les normes, il traduit un formidable moment de vivre ensemble. On vous laisse avec les images backstage d’un événement qui a marqué nos mirettes comme nos esprits !


