À 55 jours du premier tour des municipales, la campagne s’accélère. Les forces en présence s’affinent et les programmes commencent doucement à se révéler. Comme Strasbourg a la particularité d’avoir de (très) nombreuses candidatures, on vous a concocté un petit récapitulatif pour y voir plus clair.
Avant le premier tour du 15 mars, la campagne des élections municipales s’accélère. Certaines alliances se forment, comme avec le ralliement de Paul Meyer et Nawel Rafik-Elmrini à Catherine Trautmann, ou celui de socialistes à Jeanne Barseghian. D’autres sont encore questionnées, avec plusieurs appels du pied venant d’un peu partout. Surtout, les candidat(e)s multiplient les points presse pour dévoiler certains aspects de leur programme.
Cependant, pour les Strasbourgeois(es), il peut parfois être difficile d’y voir clair. Et pour une bonne raison : Strasbourg compte 13 candidates et candidats. Une offre pléthorique dans la jungle des municipales. Alors, pour s’y retrouver, et en attendant les compositions officielles des listes le 26 février, petit récapitulatif des forces en présence.
Mise à jour 13 février : Thibaut Vinci et Ismaël Becherirat ont décidé de rallier Mohamed Sylla.
La maire en place : Jeanne Barseghian (Les Écologistes)
Tout le monde veut prendre sa place. Entrée officiellement en campagne en fin d’année dernière, Jeanne Barseghian cherchera à rempiler pour un deuxième mandat en mars prochain. Ce ne sera pas une mince affaire, entre une Catherine Trautmann lancée par les sondages et un Florian Kobryn bien décidé à sortir devant elle.
Quelques-unes de ses mesures : un bus 24h/24, un tarif de stationnement résident à partir de 5€ et l’encadrement des loyers.
Municipales 2026 : Jeanne Barseghian dévoile 12 mesures pour être réélue maire
Les challengers
Catherine Trautmann (PS)
C’est la mieux placée dans les sondages, et c’est celle autour de laquelle les ralliements sont les plus nombreux. Partie sans alliance, Catherine Trautmann a récemment engrangé les ralliements de trois ancien(ne)s adjoint(e)s de Roland Ries, solidifiant sa place au centre-gauche. La question des alliances se posera encore pour elle, notamment en vue d’un second tour qui promet d’être rempli de surprises.
Quelques-unes de ses mesures : gratuité des transports pour les + de 65 ans, gratuité des 30 premières minutes de stationnement en voirie et création d’une mutuelle communale pour faciliter l’accès aux soins.
Jean-Philippe Vetter (LR)
Premier candidat à s’être lancé dans la campagne des municipales il y a un an, Jean-Philippe Vetter compte bien briguer l’Hôtel de Ville, six ans après son alliance avec Alain Fontanel. Tirant de l’expérience de ce choix de second tour, le candidat LR a cette fois-ci déclaré qu’il ne ferait plus aucun ralliement après le premier tour. Ses appels de pied à Pierre Jakubowicz montrent qu’il lui sera compliqué de gagner seul, surtout dans une ville qui vote très largement à gauche sur les dernières élections.
Quelques-unes de ses mesures : abonnement CTS à 1€/mois pour les + de 65 ans, la gratuité des transports ou des piscines publiques pour les bénévoles, conditionner les aides au logement, à la cantine et au transport.
Pierre Jakubowicz (Horizons-Modem-Ensemble)
Après un démarrage de campagne compliqué, Pierre Jakubowicz semble avoir trouvé son rythme de croisière. Crédité de 10% dans le sondage qu’il a commandé en décembre, le candidat macroniste compte bien jouer jusqu’au bout ses cartes. Quoi qu’il arrive, il pourrait être faiseur de roi ou de reine, puisque son alliance, au premier ou au second tour, est très convoitée, notamment par Jean-Philippe Vetter.
Quelques-unes de ses mesures : l’enfouissement partiel de la M35, les médiathèques ouvertes le dimanche et un mois de l’Europe à Strasbourg pour faire rayonner la ville et sa culture.
Florian Kobryn (LFI)
Désigné tête de liste LFI en octobre, Florian Kobryn mène désormais campagne pour une « Strasbourg fière et solidaire ». À gauche des Écologistes, il n’hésite pas à attaquer la municipalité, notamment dans une vidéo en décembre dernier. Une tactique qui veut l’imposer comme première force politique à gauche au premier tour, mais qui risque de rendre plus compliquée une potentielle union au second tour.
Quelques-unes de ses mesures : rendre le marché de Noël payant pour les non-résident(e)s de l’Eurométropole le week-end, la gratuité des transports en commun pour tous les jeunes de moins de 25 ans et pour les personnes en recherche d’emploi, au RSA ou sans domicile fixe, la gratuité annuelle des 30 premiers m3 d’eau.
Virginie Joron (RN et UDR)
Menant pour le moment campagne en doublon avec ses activités de députée européenne, et parfois avec l’aide de l’IA, Virginie Joron représente le Rassemblement national et son union avec l’UDR. Avec comme mantra : « Arrêtez d’emmerder les Strasbourgeois ! », son défi sera de réussir à hisser le parti d’extrême-droite au deuxième tour en 2026, ce que le RN n’avait pas réussi à faire en 2020. Pour cela, elle pourra compter sur le ralliement de David Saglamer en tant que numéro 2 de sa liste, ancien d’Horizons et de LR désormais responsable UDR Bas-Rhin.
Quelques-unes de ses mesures : remettre l’arrêté anti-mendicité, un audit sur les finances, revenir sur la hausse des prix des parkings.
Cem Yoldas (Strasbourg c'est nous)
Crédité à 5% dans le dernier sondage sorti en décembre [soit le seuil au-dessus duquel une liste peut fusionner avec une liste qui atteint les 10%, ndlr], Cem Yoldas commence doucement à se faire un nom dans la campagne strasbourgeoise. Le candidat de « Strasbourg c’est nous », en lutte pour un « Strasbourg antifasciste, antiraciste », ne ménage pas ses coups envers les autres candidat(e)s, de l’extrême droite à la municipalité sortante et LFI. Son score sera à surveiller, parce qu’il pourrait bien être un caillou dans la chaussure d’autres partis de gauche.
Le reste des candidat(e)s
Fahad Raja Muhammad (MPI)
Plus jeune candidat à l’élection municipale de Strasbourg, Fahad Raja Muhammad mène une intense campagne sur les réseaux sociaux, mais aussi sur le terrain. Candidat pour le Mouvement Populaire Indépendant, celui qui s’est fait connaître pour avoir été viré de son stage à l’Eurométropole à la suite de critiques envers l’extinction de la cathédrale veut « faire de Strasbourg une ville sans frontières, plus juste, plus humaine et plus proche des Strasbourgeois. »
Quelques-unes de ses mesures : la gratuité du stationnement entre midi et deux à Strasbourg, la taxation et la réquisition des logements vacants, faire de Strasbourg une « smart city ».
Mohamed Sylla (Utiles)
Si à gauche, les candidatures se sont multipliées, il existe également plusieurs options au centre. Au-delà de Pierre Jakubowicz, Mohamed Sylla compte tirer son épingle du jeu. Avec son parti Utiles 67, le candidat annonce « qu’on doit se réveiller, qu’on peut tous porter un projet et notre amour pour Strasbourg ». Un projet construit avec les Strasbourgeois(es) sur le terrain, autour notamment des problématiques du logement, des services publics et de l’emploi local. Le tout, pour être… utile.
Preuve d’une dynamique, il a obtenu le 13 février le ralliement de Thibaut Vinci, mais également d’Ismaël Becherirat, deux hommes jusqu’à présent candidats.
Quelques-unes de ses mesures : lutte contre les marchands de sommeil et encadrement des loyers abusifs, dispositif « Stras Impact » pour financer des projets locaux, renforcement des mairies de quartier, des services municipaux accessibles et des permanences sociales.
Louise Fève (LO)
Du côté de l’extrême-gauche, Louise Fève mènera une liste « Lutte Ouvrière – Le camp des travailleurs ». Déjà candidate en 2020, la cheminote de profession sera en tandem avec Marc-Baud Berthier, enseignant de collège. Une liste « constituée de travailleuses et de travailleurs, actifs, retraités, au chômage, d’étudiants ». Si la liste concède que « ce n’est pas par les élections que nos vies peuvent changer », le fait de mener campagne permettra au moins de lutter contre « l’évolution réactionnaire de la société ».
Louise Fève, candidate LO aux municipales de Strasbourg
Clément Soubise (NPA-R)
Toujours à l’extrême-gauche, Clément Soubise repart également dans la campagne des municipales, six ans après sa candidature. Le cheminot sera la tête de liste soutenue par le NPA Révolutionnaire, issu de la scission du NPA en 2022 [le NPA Anticapitaliste soutient Cem Yoldas, ndlr]. Il souhaite « porter la voix du travail dans ces élections », comme il l’a expliqué à BFM Alsace, et annonce discuter de transport, de logement et d’écologie.
À la rencontre de Clément Soubise, candidat du NPA aux élections municipales
Patrick Arbogast (Écologie au Centre)
Annoncé candidat par les DNA, Patrick Arbogast rempile aux municipales de Strasbourg, six ans après sa participation [il avait obtenu 1,20%, ndlr]. Avec cette fois-ci la bannière d’Écologie au Centre, rassemblant plusieurs partis écologistes, l’ancien chef d’entreprise et désormais gérant d’un Repair Café prône une écologie apolitique et du bon sens.
Nous l’avions rencontré en 2020 :
Le parti Égalité républicaine et sociale
Le parti de Jamal Rouchdi compte tirer son épingle du jeu lors de ces municipales, à travers « Ensemble pour Rénover Strasbourg ». Mouvement citoyen pour « l’égalité réelle, la justice sociale et le renouveau républicain », il liste 5 priorités pour la ville : l’éducation, la sécurité, les logements, l’emploi et la santé. Reste à savoir qui mènera la liste puisque Jamal Rouchdi avait été déclaré inéligible pour un an le 27 juin dernier, ce qui signifie qu’il ne peut pas se présenter candidat aux municipales. Une décision du Conseil constitutionnel que réfute Jamal Rouchdi.
Quelques-unes des mesures : soutien scolaire renforcé dans les quartiers prioritaires, plus de moyens pour la police et la justice, transparence totale dans l’attribution des logements.
On se retrouve dès demain, pour vous expliquer quels autres formats ont été imaginés par Pokaa pour la campagne des municipales !



15 candidats ; purée le pognon qu il doit y avoir à gratter en tant que maire. Surtout ici gtande ville
Bonjour,
Si vous voulez en savoir plus sur combien gagner un.e maire ou ses adjoint.es on en avait fait un article : https://pokaa.fr/2025/12/03/jusqua-61657-e-brut-voici-combien-gagnent-les-elues-du-conseil-municipal-de-strasbourg/
Bonne journée,
Nicolas
Pauvre Pierre Jakubowicz lui qui propose que les médiathèques soient ouvertes le dimanche…..
Avec une telle mesure il va perdre 1000 ? agents (difficile à dénombrer), qui dès que Sophie Binet lance un mouvement de grève,s’empressent de fermer les Médiathèques.
En plus elles sont fermées le lundi, alors bosser les dimanche pas question !
Une preuve de plus, s’il en fallait, que ces gens ne connaissent rien au monde.
Au vu de votre commentaire, je dirais plutôt que c’est vous qui méconnaissez les réalités d’une ouverture le dimanche : journée plus gratifiée, nécessaire roulement et organisation avec plus de contractuels donc coût supplémentaire et service forcément un peu dégradé, idem pour les SIAP …Un petit point nécessaire ici : urlr.me/xJRprU
Par ailleurs, l’ouverture dominicale ne se justifie pas partout et le public fréquentant les médiathèques à des horaires tardifs par exemple est uniquement le public étudiant et non les personnes se plaignant du manque de plages horaires ! Les agents n’y sont pas forcément opposés mais leurs craintes sur les conditions d’ouverture qui plus est dans une période de restrictions budgétaires sont parfaitement légitimes.
Je suis surpris de lire que le centre-gauche et les sociaux-démocrates auraient rallié majoritairement Mme Trautmann, alors que la très grande majorité des sociaux-démocrates et les communistes sont au soutien de Jeanne Barseghian …
Si quelqu’un peut m’explique la « rhétorique » de BIBsanscoeur, ça m’arrangerai.
merci d’avance, mais le mieux serait la réponse d’un agent des médiathèques.