Après 12 années sous le règne du roi Roland, le trône de Strasbourg se libère et les prétendants sortent désormais à visage découvert. Ce 15 et 22 mars, le ou la prochaine(e) Maire de Strasbourg sera élu(e). Un vote qui ne changera pas forcément le monde dans lequel nous vivons, mais qui par contre peut changer le visage de nos rues, de nos nuits et de ce qui rythme notre quotidien. Le résultat de ces élections municipales marquera le début d’une nouvelle histoire pour la ville et ceux qui l’habitent. C’est donc tout naturellement qu’on s’est décidé à vous présenter les candidats à notre belle mairie, pour que vous puissiez y voir plus clair. Aujourd’hui : Louise Fève, candidate de Lutte Ouvrière (LO).

Sa vie et son engagement politique

Originaire de Nancy, la candidate LO de 39 ans s’installe à Strasbourg en 2007 pour y trouver un emploi. Le bac en poche, la jeune femme travaille d’abord dans le domaine de l’animation, au sein des quartiers populaires. Elle se tourne ensuite vers le milieu associatif en intégrant des structures d’aide aux sans-abris, aux sortants de prison et en psychiatrie. Puis travaille également en restauration, avant d’occuper son poste actuelle de cheminote. Son parcours hétéroclite lui a permis, selon elle, de connaître différentes réalités du monde du travail.

Louise Fève explique s’être révoltée assez tôt dans sa jeunesse, sans forcément traduire cela d’une manière politique au départ : “C’était plutôt une révolte par rapport aux injustices et tout ce à quoi je pouvais assister.”. Et une fois les pieds dans le monde du travail, elle s’organise rapidement avec d’autres travailleurs par le biais d’organisations syndicales. Pourtant, la jeune femme se rend compte que c’est loin d’être suffisant :

Je voyais bien que pour moi, cela n’allait pas assez loin. Je dirais que je suis une travailleuse qui a pris conscience au fur et à mesure de ses expériences dans le monde du travail, de ses intérêts et de la nécessité de les défendre collectivement. Et c’est ça qui m’a poussée à m’engager politiquement.

Après avoir été candidate aux dernières élections européennes ainsi qu’aux deux élections municipales précédentes (2008 et 2014), il semble nécessaire à la militante LO de poursuivre son engagement en se présentant à la mairie de Strasbourg : Je crois que les travailleurs, malheureusement, ne sont pas encore assez organisés politiquement et c’est ce qu’il nous manque. Parce que dans le camp d’en face, ils sont très organisés.


Ses actions politiques

Son engagement politique, elle estime le montrer tous les jours. Notamment à travers sa mobilisation au cours du mouvement de grève des cheminots, qu’elle a suivi et continue à suivre (elle comptabilise 55 jours de grève) aux côtés de ses collègues. 

Cette lutte, c’est non seulement la plus récente, mais aussi la plus importante pour elle. Au cours du mouvement actuel contre la réforme des retraites, la candidate a participé à un grand nombre d’actions où elle a eu l’occasion de s’adresser aux entreprises, aux travailleurs, sur les parking d’Auchan par exemple ou bien là où des péages gratuits étaient mis en place. Elle raconte :

On s’est organisé sur notre lieu de travail en assemblée générale, on s’est adressé aux travailleurs de tous les secteurs en tant que cheminots, car ce n’était pas une lutte corporatiste. C’était une expérience collective, qui a fait que nous nous sommes renforcés sur notre lieu de travail.

© Pokaa Louise Fève candidate municipales LO 2020
© Pokaa


Quelques axes de son programme

La liste portée par Louise Fève a été la première déposée à la préfecture. Elle regroupe soixante-cinq femmes et hommes issus du monde du travail :

Nous ne sommes pas des notables, ni des politiciens. Il y a des ouvriers, des manutentionnaires, des personnels hospitaliers, des étudiants, des retraités, donc toute la diversité du monde du travail y est représenté.

Aux côtés de la cheminote, on trouve également Alain Richard, second de liste, un ouvrier de l’automobile qui travaille chez Punch Powerglide (anciennement General Motors).

Pour la candidate un chose est sûre, ce n’est “qu’à travers des combats collectifs et des luttes sociales puissantes, qu’on arrivera à défendre nos intérêts. Mais elle n’est pas dupe quant aux futurs résultats : “On n’a pas un rapport de force électoral qui nous permet de remporter une quelconque municipalité. Ce qu’on peut avoir, à la rigueur, ce sont quelques élus qui seraient, dans les Conseils municipaux, les yeux et les oreilles des travailleurs pour dénoncer toutes les mesures prises qui vont à l’encontre de l’intérêt collectif.Voilà pourquoi elle affirme ne pas avoir défini de programme local précis.

En revanche, lorsqu’elle envisage la possibilité d’unemunicipalité ouvrière, c’est sous les traits suivants qu’elle la dépeint :

Je pense que ce qu’elle ferait concrètement, c’est se mettre au service de la population, de ses travailleurs, de ses associations et de ses syndicats. Et qu’elle mettrait tout son poids, tous ces moyens pour soutenir les combats collectifs.

À titre d’exemple, la cheminote mentionne la dernière grève, au cours de laquelle elle estime que la municipalité aurait pu soutenir davantage les grévistes. Notamment en les soutenant avec des moyens logistiques et juridiques afin d’éviter les expulsions locatives ou bien les coupures d’électricité pour facture impayée, alors que les personnes concernées étaient dans des situations précaires dues à leur investissement dans la lutte contre la réforme des retraites. 

En ce qui concerne le budget de la ville, la priorité pour Louise Fève est avant tout de faire un grand état des lieux, en évitant les promesses inaccessibles. D’après elle, les municipalités ont un budget qui est très contraint par l’État. Voilà pourquoi leur marge de manœuvre est finalement assez réduite : Après avoir financé tout ce qui est nécessaire et obligatoire, comme l’éducation, tout ce qui est lié aux infrastructures utiles à la population, eh bien, il ne reste plus grand chose.” Afin de déterminer correctement les axes d’investissements prioritaires, il est donc indispensable pour la candidate de savoir véritablement “Où va l’argent ?” et ainsi apporter plus de transparence et établir un budget en lien avec les désirs de la population.


Vous avez désormais fait connaissance avec Louise Fève. Pour découvrir le prochain candidat, rendez-vous ce vendredi 6 mars !



Caroline Alonso Alvarez et Nicolas Kaspar

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