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quai des bateliers strasbourg tourisme

Histoire d’un jour férié : en Alsace-Moselle, pourquoi on ne bosse pas le 26 décembre ?

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Nous sommes le 26 décembre. Toute la France est occupée à travailler. Toute ? Non ! Trois petits départements d’irréductibles habitant(e)s de l’Est prolongent encore et toujours les festivités de Noël. Pourquoi ? À Strasbourg, on vous dit tout.

C’est parfois un catalyseur d’incompréhensions et de tensions entre l’Alsace-Moselle et le reste de la France. Les trois départements comptent effectivement deux jours fériés supplémentaires. Ici, on chôme à l’occasion du Vendredi Saint (le 3 avril en 2026) et de la Saint-Étienne (le 26 décembre).

Un bonheur pour les Alsacien(ne)s et Mosellan(e)s, qui jouent les prolongations autour d’un énième festin ou sous la couette après Noël… Contrairement au reste de l’Hexagone, de retour dans l’open space. Pour comprendre cette différence, petite explication !

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table noël
© Auteur inconnu - Pxhere / Photo d'illustration

Que célèbre-t-on le 26 décembre ?

Parfois appelé dans le monde germanique « second jour de Noël », le 26 décembre est surtout le jour de la Saint-Étienne. Alors qui est ce fameux Étienne ? C’est un prédicateur, lapidé pour blasphème et reconnu par les chrétien(ne)s comme le premier martyr.

Mais outre la tradition religieuse, le 26 décembre est aussi jour de coutumes locales. S’y tient alors la foire aux domestiques de maison. Après avoir signifié leur congé à la famille qui les emploie lors de la Saint-Martin (le 11 novembre), les servant(e)s et domestiques font leurs baluchons le 26 décembre, leurs adieux à leurs employeurs/ses, et s’en vont trouver de nouvelles maisons chez qui officier.

Ce serait cet événement régulier qui aurait instauré l’habitude de fermer les commerces et de ne « rien faire » le 26 décembre.

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Paolo Uccello, « La Lapidation de Saint-Étienne », cathédrale de Prato. © www.wga.hu / Capture d'écran

Last but not least, le 26 décembre est le premier jour de la « petite année ». Une coutume voulait alors que les 12 jours suivant Noël seraient représentatifs de l’année à venir. En gros, s’il pleuvait le 28 décembre, mars serait pluvieux. S’il faisait venteux le 29 décembre, avril le serait aussi, etc.

Pourquoi cette exception chez nous ?

Comme on s’en doute, il faut souvent diriger son regard vers l’autre rive du Rhin pour mieux comprendre certaines choses par chez nous. Mais à force d’avoir été bringuebalé(e)s entre la France et l’Allemagne, on peut avoir tendance à perdre le fil.

Après l’échec de 1870, l’Alsace et la Moselle intègrent l’Empire allemand. En 1892, l’empereur Guillaume II promulgue une ordonnance accordant les jours fériés allemands aux nouveaux länder.

En France, le 26 décembre fut aussi férié pendant un temps, mais tout change lorsque le pays adopte une loi dont on parle encore aujourd’hui : celle du 9 décembre 1905. Instaurant la séparation des Églises et de l’État, dont on a fêté les 120 ans il y a quelques jours, elle a mis un terme à ce jour férié en France.

Seulement voilà : en 1905, la France… c’est pas l’Alsace, ni la Moselle. On conserve donc le 26 décembre et le Vendredi Saint fériés. On connait la suite : lorsque les trois départements redeviennent français, ils conservent plusieurs spécificités, dont ces deux jours fériés.

pont corbeau 1910
Vue du pont du Corbeau, 1910. © Fonds Blumer / Archives de la Ville et de l'Eurométropole de Strasbourg

Et dans l’avenir ?

On ne va pas se mentir : ces particularités ne manquent de frustrer pas mal de monde. Se joue ainsi le duel entre deux visions… Celles et ceux pour qui ces spécificités marquent une rupture d’égalité inadmissible entre citoyen(ne)s d’un unique pays ; et celles et ceux qui y voient d’importants marqueurs de notre identité locale sur lesquels il ne faut surtout pas revenir.

Le dernier à avoir évoqué ce sujet un poil sensible n’est autre qu’un certain François Bayrou, à l’été 2025. Proposant de supprimer des jours fériés, l’ancien Premier ministre évoque alors la possibilité de discuter des « éventuelles spécificités à prévoir pour l’Alsace, la Moselle, et Saint-Pierre-et-Miquelon » (sans évoquer directement le 26 décembre).

Il n’en fallait pas davantage pour faire monter au créneau les responsables politiques alsacien(ne)s. Rétropédalage immédiat dans l’entourage du chef du gouvernement ; Bayrou sera de toute façon renversé quelque temps plus tard.

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Commentaires (1)

  1. En fait, le texte de François Bayrou a été détourné. Lui, voulait bien préciser que dans le nouveau calendrier des jours fériés avec deux jours en mois, les spécificités de l’Alsace Moselle seraient conservés
    Mais, la droite alsacienne a détourné le texte pour faire croire que ces deux jours serait supprimées.

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