Aujourd’hui, on ne va pas vous parler d’une espèce de loutre spécifique à nos contrées… Ou si, un peu. Les « Loutres alsaciennes », c’est une équipe de papas qui ont décidé de tester le sport que pratiquent leurs filles en club, et qui en sont devenus accros. Nous sommes parti(e)s à leur rencontre pendant un entraînement, et on vous raconte comment l’équipe a progressé jusqu’à viser les championnats nationaux, dans la volonté de faire rayonner ce sport méconnu.
Peut-être connaissez-vous le film Le Grand Bain (Gilles Lellouche, 2018) dans lequel des pères de famille pratiquent la natation synchronisée pour se défouler, jusqu’à arriver en championnat. Cette histoire a résonné chez des papas alsaciens, qui se sont liés d’amitié à force d’emmener leurs filles en compétition pour la même discipline.
Il faut savoir que le CNS Molsheim-Mutzig, après 43 ans d’existence, pèse dans le game avec environ 150 licencié(e)s, 11 groupes de niveaux, et depuis trois ans, systématiquement trois différentes équipes sélectionnées qui participent aux championnats de France. De quoi appâter les différents papas, au départ spectateurs, qui ont fini emportés dans la boucle.
La genèse : quand les papas deviennent nageurs
Thomas Metzger, président du club, nous raconte : les longues attentes lors des championnats ont poussé les papas à magouiller une surprise pour leurs progénitures. « À partir de 2020, pendant deux ans, on s’est entraînés tous les samedis à 7h30, hors des horaires d’ouverture de la piscine, en toute discrétion, coachés sans relâche. »
Le jour du Gala de fin d’année 2022, les « Papas nageurs » entrent dans l’eau, sous le regard médusé, étincelant et fier de leurs filles, et réalisent leur choré sur Allumer le feu de notre bon vieux Johnny.
Carton plein pour l’équipe, qui décide de poursuivre ses efforts, pour rentabiliser toutes ces heures passées à apprendre à faire leurs plus belles pointes.
De loutres à champions de France
Le Gala de fin d’année devient un rituel pour l’équipe, qui ambitionne de valoriser davantage leurs heures de travail. Naissent alors les « Loutres alsaciennes » : « les loutres ont un corps fuselé comme nous, on n’a pas discuté longtemps pour choisir le nom ! », nous dit Thomas avec humour.
En 2024, l’équipe participe au championnat de Bourg-en-Bresse. Seuls dans la catégorie Natation en ballet libre masters 35-49 ans, ils remportent le titre de champions de France. En juin 2026 à Caen, les Loutres espèrent remonter sur le podium de cette même catégorie pour défendre leur titre, ainsi que d’affronter leurs concurrents brestois, « les Homards étincelants », ou encore les « Crapauds dauphinois » en ballet combiné – qui nécessitent une performance plus longue.
Ainsi, Thomas, Stephan, Valentin, Yannick, Laurent, Matthieu, Steve et Patrice espèrent refaire parler d’eux, mais aussi et surtout de leur discipline très méconnue. « C’est un sport passionnant, exigeant et pourtant, totalement sous-médiatisé ! », nous dit Thomas.
Grimaces, technique et surtout rires : s’entraîner pour se vider la tête
On a accompagné les papas, qui s’entraînent souvent avec Corinne et Audrey, sous l’œil attentif des coachs Florie et Annie. Cette dernière nous parle d’ailleurs de cette discipline qu’elle pratique depuis 40 ans au sein du club.
« C’est un sport complet, à la fois gracieux, ludique, mais aussi difficile techniquement. En une seule séance, on travaille tant les muscles que la synchronisation, la souplesse et la grâce. Bref, c’est très exigeant ! »
Ce que confirment les différents membres de l’équipe, entre quelques cracs du dos et grimaces, mais toujours avec un sourire radieux qui traduit le plaisir de bouger, de progresser.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une très grande partie d’une séance se déroule à l’extérieur du bassin. On s’échauffe, on s’assouplit, on décortique la technique, on met en place les différents mouvements.
Florie, l’autre coach de l’équipe, souligne la rigueur mais aussi la portée artistique de ce sport, « qui nécessite de la créativité et de l’imagination à tous les niveaux, ce qui est particulièrement épanouissant ».
Vient ensuite l’entrée dans l’eau, dans laquelle on poursuit l’échauffement avant de travailler la choré peaufinée à l’extérieur. Sous l’œil aiguisé de Florie, les loutres travaillent leur future chorégraphie, mais nous offrent aussi un aperçu des figures qu’elles ont appris à faire : vrilles, torpilles ou portés, maîtrisées jusqu’à la pointe des pieds !
Si vous voulez voir les prouesses des Loutres alsaciennes, vous pouvez les suivre sur Instagram en cliquant ici, et surtout, pointer le bout de votre nez au Gala de fin d’année, qui aura lieu les 4 et 5 juillet en 2026 – et peut-être vous laisser tenter par cette discipline hors du commun !



