Randonnées avec des lamas, maisons troglodytiques, logements insolites ou encore via ferrata souterraine : depuis les débuts de Pokaa, on a toujours cherché à partager avec vous un maximum de bons plans d’escapades en Alsace. Pourtant, il y a une activité incontournable de la région dont on n’a encore jamais parlé : la découverte de la Route des Vins d’Alsace à vélo ! Il était donc grand temps de remédier ça et de vous embarquer sur une petite partie des 170 kilomètres de cet itinéraire touristique mythique. Pour vous, Strasbourgeois et Strasbourgeoises avides de sensations, on a parcouru 30 kilomètres à vélo, de Barr à Gertwiller en passant par Dambach-la-Ville ou encore Andlau, pour vous partager un joli parcours à base de vin, bien sûr, mais aussi d’architecture, de pain d’épice et de verdure. Allez, en selle !




Notre grand voyage débute à Barr, une commune d’environ 7000 habitants, située à 27 minutes de Strasbourg en voiture, selon Google Maps. Pour celles et ceux qui n’ont pas de véhicules ou qui préféreraient l’option écolo, il est également possible d’y aller en train, puisque des TER font le trajet Strasbourg / Barr et Barr / Strasbourg régulièrement dans la journée, pour une durée d’environ 1h. Situé au pied du mont Sainte-Odile, Barr est réputé pour sa fête des vendanges célébrée tous les premiers week-ends d’octobre et fait partie des 70 villages viticoles par lesquels passe la route des vins d’Alsace.

Il nous semblait donc judicieux de commencer notre périple ici, d’autant plus que l’office de tourisme du Pays de Barr propose des formules « Croq’Vélo » (de 33 à 52 euros), qui incluent la location d’un vélo électrique à la journée ainsi qu’un pique-nique confectionné avec amour par les restaurateurs et domaines viticoles du coin. Une option parfaite pour des gens qui, comme nous, sont plus gourmands que sportifs. Une fois notre repas récupéré, il ne nous manque plus qu’une chose : un fidèle destrier.



Pédaler au milieu des vignobles !

Après avoir sillonné les jolies rues du centre-ville de Barr, on se dirige doucement vers spot4bikes, une boutique de location de vélo à assistance électrique. Sur place, on retrouve Romuald, un ancien Strasbourgeois féru de sport et de plein air, venu s’installer à Barr pour se rapprocher de la nature. Accompagnateur en montagne une partie de son temps, le jeune homme aussi sympathique que dynamique, s’est récemment associé à un pote à lui pour lancer ce projet de boutique.

Leur but ? Faire (re)découvrir l’Alsace et ses trésors, en proposant des visites en mobilité douce, soit en autonomie grâce à un GPS, soit guidées. Le temps d’enfiler un casque et d’enfourcher nos montures et nous voilà parti pour une boucle de 30 kilomètres, imaginée par l’office de tourisme, qui met gratuitement à disposition plusieurs circuits vélo, adaptés à tous les mollets !


Notre premier stop : les ateliers de la Seigneurie de Andlau. Mais comme on n’est pas venu jusqu’ici pour décortiquer des Smarties, avant d’y arriver, il va falloir pédaler. Heureusement, le soleil est de la partie ce jour-là. En quittant Barr, on se retrouve très rapidement au milieu des vignobles, ce qui est loin d’être désagréable. Romuald, qui nous accompagne, nous partage sur le chemin, des petites anecdotes sur les lieux que l’on traverse : on apprend par exemple que le Zotzenberg, un terrain situé sur le flanc sud de la colline de Mittelbergheim, bénéficie d’un micro climat qui rend le lieu particulièrement propice à la culture du Sylvaner !

Il nous traduit aussi quelques noms de villages alsaciens et nous fait découvrir des panoramas à ne pas louper comme le kiosque de Kastelberg, ou nous raconte les légendes du château du Haut-Andlau, que l’on aperçoit en toile de fond tout au long de notre balade. Et justement, notre prochaine étape va nous permettre d’en apprendre un peu plus sur ce château et plus généralement sur l’architecture des châteaux-forts, des maisons à pans-de-bois et des édifices religieux en Alsace.



Premier arrêt : attiser sa curiosité aux ateliers de la Seigneurie

Je n’ai jamais été très fan des musées classiques, souvent froids et très théoriques. J’ai toujours préféré les lieux qui permettaient d’apprendre des choses en faisant, en manipulant ou encore en jouant. Avec les ateliers de la Seigneurie, j’ai été servie. Inauguré en 2013, ce centre d’interprétation du patrimoine, installé dans un joli bâtiment de la Renaissance, a précisément pour but de « faciliter la compréhension d’un patrimoine singulier et impossible à réunir dans un musée classique, en recourant de préférence aux émotions et à l’expérience du visiteur ». Bingo.

Une fois nos vélos bien garés, notre petite équipe se lance donc à la découverte de ce lieu plein de ressources, situé en plein centre-ville de Andlau. Ici, tout est fait pour rendre les visiteurs curieux : chaque étage aborde une thématique différente, que l’on s’approprie grâce à des outils de médiation mis en place tout au long du parcours. Jeux de construction et d’observation, maquettes à rendre Jamy Gourmaud vert de jalousie ou encore ateliers : les véritables passionnés qui gèrent le lieu nous invitent à découvrir le patrimoine régional de façon intelligente, pédagogique, mais surtout très ludique.

Par exemple, dans l’espace consacré aux maisons à pans de bois, un atelier permet de reconstituer soi-même l’ossature d’une habitation traditionnelle, et dans la partie sur les édifices religieux, on nous invite à recréer un vitrail. Sachant que les ateliers de la Seigneurie sont composés de trois étages d’expositions permanentes d’un étage d’exposition temporaire, il y a largement de quoi occuper les petits et les grands pendant quelques heures !


Maintenant que notre soif de connaissance a été assouvie, il est temps de penser à notre estomac : le pique-nique récupéré un peu plus tôt dans la journée commence à nous envoyer des signaux de fumée. On décide donc de se poser devant le bâtiment des Ateliers, pour casser la croûte. Au menu de ce déjeuner, proposé par le domaine Zeyssolff : un bretzel, une mauricette, du fromage, de la charcuterie, une salade de pommes de terre et des fruits ! De quoi nous requinquer pour la suite de l’après-midi qui s’annonce chargé, à la fois pour nos cuisses et pour nos gosiers.

© Coraline Lafon / Pokaa


Deuxième arrêt : se mettre au verre au domaine Ruhlmann-Schutz

Qui dit Route des Vins, dit aussi… Vin. Après un rapide détour par Epfig, notre escadron de cyclistes prend la route de Dambach-la-Ville. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est parce que la commune a pas été mal médiatisée ces dernières années, suite à la volonté d’Amazon d’y implanter ses entrepôts… sans succès. Mais c’est aussi parce qu’elle accueille une trentaine de domaines viticoles et un des 53 grands crus d’Alsace : le Frankstein. Comme on avait bien envie de goûter ça, on s’est arrêté au domaine Ruhlmann-Schutz, chez une famille de vignerons qu’on vous présentait il y a quelque temps.


Pour celles et ceux qui ont pris le temps de regarder la vidéo, vous l’aurez compris : chez Ruhlmann-Schutz on a la volonté de faire passer le métier de vigneron au XXIe siècle. Entre prise en compte des enjeux environnementaux et expérimentations viticoles, la nouvelle génération de ce domaine a envie d’apporter aux traditions une nouvelle dimension. Cela passe par une nouvelle identité plus moderne, par des bouteilles atypiques comme l’Étoile de Rose (un blanc élaboré à partir de cépage Pinot Noir), mais aussi par la volonté d’être un acteur fort de l’œnotourisme dans la région.

Le domaine propose plusieurs activités liées au vin : des visites guidées en petit train ou en gyropodes à travers les vignobles de Dambach-la-Ville, une promenade gourmande au cœur du Grand Cru Frankstein, ou encore des chambres d’hôte au milieu des vignes. Dans chacun des cas, bien sûr, une dégustation est comprise et de notre côté, on ne s’est pas privé !



Troisième arrêt : saliver au pays du pain d’épices

C’est donc avec quelques bouteilles en plus dans nos sacoches que nous reprenons la route. Après cette dégustation aux petits oignons, on repart en direction de Gertwiller, une commune spécialisée dans la confection d’un produit bien connu en Alsace : le pain d’épices. Une jolie perspective qui nous aide à pédaler, malgré les quelques verres dans le nez.


Si Gertwiller est réputée pour son pain d’épices, c’est parce qu’au début du XXe siècle, pas moins de neuf fabricants y confectionnaient ce gâteau au miel si typique de la région. Aujourd’hui, ils ne sont plus que deux : d’un côté on retrouve Lips, qui a ouvert son Musée du pain d’épices et de l’art populaire alsacien en 1998, et de l’autre il y a Fortwenger, qui a ouvert en 2009 sont Palais du pain d’épices. Et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est deux salles, deux ambiances !

Chez Lips, on découvre un musée qui baigne complètement dans son jus : sur 350m2, une collection vertigineuse de plus 10 000 objets, accumulée sur 50 ans, nous raconte l’histoire du pain d’épices. Moules à gâteaux, ustensiles de cuisine et autres antiquités locales : on a l’impression d’avoir été parachuté dans une autre époque, avec un petit côté creepy, qui a finalement son charme.

Au Palais du Pain d’Épices de Fortwenger, on entre dans un lieu complètement différent : sur 800m2, différents espaces animés et ultra décorés permettent de découvrir l’origine du pain d’épices. Une plongée en enfance, particulièrement quand on arrive près des ateliers de fabrication et que l’odeur nous donne instantanément envie d’être en décembre ! En tout cas, pour les gourmands et les gourmandes, c’est un arrêt qui fait forcément plaisir : dans les deux lieux, une immense boutique permet de faire le plein de sucre pour tenir jusqu’à Noël.


Quatrième arrêt : voyager dans le temps au domaine Zeyssolff

Pas besoin de pédaler très loin pour atteindre notre quatrième et dernière étape de la journée : juste en face du Palais du Pain d’Épices se trouve la Maison Zeyssolff, un domaine historique puisque la présence de la famille Zeyssolff en Alsace remonte au XVème siècle ! Personnellement, cette étape m’enchante : le Sylvaner de chez Zeysolff est vendu au verre dans plusieurs bars strasbourgeois et je dois admettre qu’il a si souvent accompagné mes soirées arrosées qu’il est devenu l’un de mes petits préférés.

Yvan, à la tête du domaine depuis presque 25 ans, et Céline, qui a rejoint l’aventure en 2005, nous accueille dans un lieu moderne, avec un espace de dégustation, une immense boutique, un bar à manger et même depuis quelque temps, 5 gîtes pour que les gens de passage puissent roupiller entre deux dégustations ! Le couple de vignerons, très fier de son héritage familial mais également très tourné vers l’avenir, propose également depuis 2020 une jolie nouveauté, unique en Alsace.

En effet, à la Maison Zeyssolff, on peut profiter d’une dégustation de vin… Dans une cave transformée en espace scénographique ! Sur leurs chais vieux de plusieurs siècles, Yvan et Céline projettent une vidéo immersive à 180°, qui raconte les origines du domaine et partagent avec émotion la philosophie de la famille Zeysolff. On ne vous en dira pas plus pour ne pas gâcher la surprise, mais clairement, c’est une expérience bluffante à ne pas louper.

C’est sur une petite gorgée de Sylvaner que se termine cette folle journée sur la Route des Vins d’Alsace. Encore quelques coups de pédales et nous voici de retour à Barr, pour rendre les vélos, et repartir à Strasbourg. Certes, les jambes sont un peu fatiguées, mais le reste du corps, lui, est enivré par ce mélange de vin, de pain d’épices, de soleil et de culture. Décidément, l’Alsace n’a pas fini de nous faire voyager.


Office de Tourisme du Pays de Barr

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03 88 08 66 65


*Article soutenu mais non relu par l’Office de Tourisme du Pays de Barr

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