En janvier dernier, on te donnait 5 raisons qui font de Strasbourg une ville d’illustration. Le rendez-vous de ce mois-ci prouve une fois de plus que dans notre ville, on lui laisse une belle place : les Rencontres de l’illustration sont de retour du 17 au 31 mars ! Il s’agit-là de la septième édition d’un festival organisé conjointement entre la Ville (avec les Musées, les Médiathèques et l’Eurométropole de Strasbourg), l’association Central Vapeur, la HEAR (Haute école des arts du Rhin), la BNU et le 5e Lieu. Cette année, le thème sera « Au-delà des frontières », avec une invitation à l’ouverture, à la découverte de l’autre ; et une belle fête avec des expos, des battles de dessins, des rencontres-dédicaces, des visites, des spectacles, des concerts avec marionnettes, des ateliers, un week-end complet d’animations… En bref : un programme qui s’annonce riche et varié. Bouge pas, on te détaille ça.


Une fois de plus, Strasbourg met l’illustration à l’honneur et ce, pendant deux semaines, du 17 au 31 mars, quand le festival d’Angoulême sera exceptionnellement programmé du 17 au 20, comme en dialogue avec l’événement strasbourgeois. « Dessin, affiche, satire, animation, BD, roman illustré… de la page blanche à la scène, de l’espace public à l’espace cinématographique et numérique, l’illustration est partout », lit-on à propos de cette septième édition.

Conçu par les Musées de la Ville de Strasbourg (le musée Tomi Ungerer – Centre international de l’illustration en tête), les Médiathèques de l’Eurométropole, la Haute école des arts du Rhin – HEAR, le 5e Lieu et la BNU (Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg), le programme intègre depuis plus de six ans le festival Central Vapeur, de l’association strasbourgeoise éponyme créée en 2010.

Et ce printemps, ça tombe bien : Strasbourg se portera également officiellement candidate pour devenir « Capitale Mondiale du livre UNESCO », en 2024.

Partant « Au-delà des frontières », cette édition invitera des artistes venant de l’autre côté du Rhin, et organisera des expositions de ce côté-ci de la frontière, ou de l’autre, côté allemand. Dans l’édito, Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg parle ainsi d’« un programme qui fait place à l’étranger, à l’ailleurs ».


Les Rencontres de l’illustration #7 : un gros agenda


D’une cathédrale à l’autre : Henning Wagenbreth

De nombreuses expos se retrouvent au programme. Commençons par celle autour de l’illustrateur allemand Henning Wagenbreth, la tête d’affiche de ces Rencontres. Visible au 5e Lieu jusqu’au 22 mai (en partenariat avec Central Vapeur), au pied de la Cathédrale elle-même, « La cathédrale de Tobot » de l’artiste est composée de 1300 blocs de bois peints avec des dessins et des mots.

« Assemblés, ils permettent de construire des images, des sculptures et des bâtiments entiers. Ce système de composition est imaginé comme un jeu ou une machine à illustrer », nous explique-t-on. Il s’agira d’y découvrir les drôles d’associations que ces blocs créeront, les uns par rapport aux autres (poèmes absurdes, ou paysages farfelus)… « La cathédrale de Tobot célèbre le pouvoir et la beauté des mots et des images ».


De belles expos

« Un bruit dans la forêt ». Du 17 mars au 16 avril, les étudiants de 4e année de (l’illustre) atelier illustration de la HEAR investiront la Médiathèque André Malraux. Une carte blanche autour du bestiaire : créatures, légendes, forêts mystérieuses… À mi-chemin entre nos rêves et peurs d’enfant issus d’un imaginaire collectif, et d’interprétations plus personnelles.

Toujours à Malraux, « À la croisée des mondes », autour de Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg qui collaborent depuis 2012 à la création d’une dizaine de bédés. L’expo laissera à découvrir les planches originales de six de leurs albums. On y lit que « C’est aussi une invitation à plonger au cœur d’une œuvre profondément onirique et originale. On y suivra le cheminement du dessin, l’évolution des personnages et, la mise en scène d’ambiances étranges et belles. » Une rencontre et dédicace sera même organisée le 26 mars.



À la Médiathèque Sud, « L’Artothèque s’expose », avec de la photo, des sérigraphies, des collages…. L’occasion de découvrir une sélection – par les bibliothécaires – d’œuvres qui font partie des collections de la Ville, autour de la notion du rêve et de la réalité. Quant à la Médiathèque Ouest, elle ouvrira ses portes au grand méchant loup, dans « Portraits de Loups ». Il nous fascine et peuple la littérature jeunesse depuis des générations. Alors qu’il soit gentil ou terrifiant, on pourra l’observer ici sans crainte avec des tout-petits.

Le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’illustration proposera, lui, de découvrir le travail de Jean-Michel Folon (1934-2005) jusqu’au 3 juillet, dans « Folon. Un rêveur engagé ». Illustrateur satirique, il s’est attaqué de son temps à nombre de sujets de société tels que la guerre, le nucléaire, la violence et le totalitarisme. …Une exposition, et une œuvre, qui ont donc toute leur place dans notre actualité. En parallèle, le musée fera un nouvel accrochage d’œuvres de Tomi Ungerer.

La BNU présentera « Bagages d’artistes » autour de carnets de notes d’artistes issus de sa collection, à l’instar de celui de Camille Claus. Avec « Paysage stratigraphique » qui s’attardera sur la sérigraphie contemporaine, la HEAR exposera quant à elle deux artistes diplômés de son école il y a dix ans – Simon Thompson et Tristan Pernet (Frenchfourch), fondateurs du Paris Print Club – partis à la rencontre de la nouvelle génération d’étudiants.


Des événements pour vivre l’illustration autrement

Les Rencontres organisent en parallèle un curieux événement : le concert animé aux couleurs d’Henning Wagenbreth donné par les Mazookas, un groupe de designers et illustrateurs de Berlin, dont est issu l’artiste exposé au 5e Lieu. Cinq musiciens viendront le 25 mars accompagnés d’instruments insolites et de marionnettes, et à coup d’effets visuels et projections, livrer un concert aux notes folklo’ de l’Europe de l’Est et de la côte ouest des États-Unis.



Pour celles et ceux qui souhaiteraient aller plus loin, de nombreuses conférences seront organisées : de l’invention de l’impression par Gutenberg (et du tableau le représentant), à la littérature jeunesse néerlandaise et flamande… Mais on y retrouvera aussi des lectures de contes, un workshop autour de la linogravure pour réinterpréter à plusieurs mains les images bibliques de Gustave Doré exposées au MAMCS (Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg) et plusieurs ateliers. Ceux-ci iront de la peinture en réalité virtuelle, au dessin de loup, en passant par le pixel art… Sans oublier un cycle dédié aux illustratrices, telles que Camille Tisserand, ou Léonie Koelsch que nous t’avions présentée dans Pokaa.


Central Vapeur : la douzième édition, partout dans la ville

Partageant l’affiche avec les Rencontres de l’illustration depuis 2016, Central Vapeur s’est fait une place dans l’agenda culturel strasbourgeois dès 2010. Après deux années à s’adapter à la crise sanitaire, il compte bien revenir en force pour cette douzième édition, avec de grandes manifestations artistiques dans la ville.

La Parade des micronations © Central Vapeur



D’ailleurs, si les déambulations n’auront pas lieu au Carnaval cette année, on pourra admirer la Parade des Micronations de Central Vapeur dans les rues de Strasbourg : des drapeaux illustrés par une quarantaine d’artistes qui ont imaginé leur « micronation », à l’invitation du festival (originellement pour fêter les dix ans de l’association, en 2020).

Tout comme le parcours d’affiches « Immonde ! », des illustrations tirées de la bédé éponyme d’Elizabeth Holleville (parue chez Glénat, 2021). Une ville dans la ville : un village fictif des Vosges, exposé quai des Bateliers, et rappelant le passé alsacien et strasbourgeois de l’artiste, qui vit aujourd’hui à Marseille. Elle propose à voir une réalité alternative, pleine de mystères (« un crépuscule vosgien aux frontières du réel », lit-on), et une histoire à recréer soi-même…

Extrait d' »Immondes ! » (Glénat, 2021) © Elizabeth Holleville


L’incontournable Battlestar : une battle de dessins dans un ciné


Date incontournable de chaque édition : la « Battlestar de dessins » du 18 mars, à suivre en direct au ciné Star Saint-Ex. Une compèt’ qui oppose deux équipes de quatre illustrateurs chacune sur sa table à dessin, et un grand écran où le public peut suivre l’évolution des dessins en temps réel, dans vingt confrontations.

Avec un timing serré (1 à 3 minutes), un public jury d’un jour, un arbitre et un « pôle animation » chargé de compter les points et « faire des bruits bizarres », la Battlestar vient secouer toutes les idées reçues sur l’illustration. Le tout en créant « de nouveaux rapports entre cinéma et dessin, pas toujours pour le meilleur ». Une idée sortie insolite.


Les rendez-vous à la Coop : le nouveau chef-lieu de Central Vapeur


Autre classique de Central Vapeur : le « Dialogue de dessins ». Cette année, il mettra en parallèle les illustrations du Strasbourgeois Samuel Bas et du Berlinois Henning Wagenbreth, qui se renvoient la balle d’une création à l’autre, chacun dans son style, chacun avec sa patte. « Un récit dessiné inédit et complètement barré » à aller zieuter à la Coop, où Central Vapeur s’est installé.

Également exposées non loin, toujours à la Menuiserie de la Coop : les œuvres de « Borders », une expo issue du projet Europe Créative Invisible Lines. Ici, douze jeunes artistes de neuf pays européens ont illustré les témoignages de trois réfugiés, autour de la thématique des frontières : celles qu’ils ont traversé pour fuir leur pays ; rejoints par deux mentors (Yvan Algabé et José Muñoz) et par cinq illustrateurs strasbourgeois lors des « 24h de l’illustration », organisées l’été dernier.

Édition du journal « Borders » © Marco Quadri
Dialogue de dessins © Samuel Bas



Sans oublier le Salon des Indépendants, le week-end du 26 et 27 mars. Il réunit des assos, des collectifs de micro ou d’auto-édition et des petites maisons d’édition, et permet de découvrir la variété qu’offre l’édition indépendante des arts graphiques. Affiches sérigraphiées pour refaire son salon, fanzines BD, publications, albums jeunesse…

Y en aura pour tous les goûts, toutes les bourses, et on peut bien sûr venir juste pour le plaisir des yeux, et feuilleter un peu. Sur ce même week-end, tu pourras t’arrêter à l’un des nombreux ateliers mis en place : de la guirlande collective aux tattoos éphémères, ou de la typo avec Papier Gâchette… Y aura de quoi s’occuper. En bonus, on retrouve des concours et des tables rondes.

Le Salon des indépendants © Central Vapeur


Expos d’artistes locaux dans tout Strasbourg

Si les Rencontres de l’illustration réservaient déjà leur lot d’expos… Celles de Central Vapeur vont finir de remplir ton agenda. On en décompte encore une bonne poignée, réparties dans plusieurs lieux strasbourgeois : Baptiste Filippi et son « Observation sur les mites » à L’Orée 85, « Ce qui se passe dans la nuit des Vosges » par Lisa Blumen (à Avila), l’univers sci-fi de Quentin Hell à la Baraka Jeux, etc. Tout autant de jeunes artistes locaux à découvrir. On voit même quelques accrochages programmés jusqu’à Chaumont, Bâle ou Metz.




Conclusion ? Encore une fois, Strasbourg le prouve : il y a mille et une manières de vivre l’illustration. …Il n’y a vraiment plus qu’à aller à sa Rencontre(s).


Rencontres de l’illustration #7

Du jeudi 17 au jeudi 31 mars
Dans plus de 30 lieux, à Strasbourg
L’événement Facebook
Le Programme complet

Central Vapeur #12

Du jeudi 17 au jeudi 31 mars
L’événement Facebook
Site du festival


© Rencontres de l’Illustration

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here