En ce moment, tous les voyants sont au vert pour le Racing. Quatre victoires et un nul sur les sept derniers matchs. Une septième place de Ligue 1. La deuxième attaque du championnat. Le tout, en écrabouillant ses adversaires dans une Meinau en fusion. Alors que le club se déplace à Nantes ce dimanche, faisons un petit bilan d’automne. Pour comprendre pourquoi le Racing cartonne. Mais également pourquoi, en tant que supporters, on se prendrait presque à rêver de places plus élevées.

Après la très belle victoire face à Lorient, repoussé dans le Morbihan avec quatre buts au fond des caisses, l’heure était à la célébration du côté de la Meinau. Une quatrième victoire à domicile, avec du beau jeu et des buts. Devant plus de 24 000 spectateurs, dans une belle après-midi d’automne. Et, surtout, une tête tournée vers le haut. Après cette douzième journée de Ligue 1, le Racing pointe en effet à la 7ème place du championnat. À seulement deux points des places européennes, mais surtout à 8 points de la relégation. Alors, en tant que supporter, on peut commencer à se mettre à rêver. Et en tant que journaliste, on peut tenter d’expliquer pourquoi.

stade de la meinau
© Nicolas Kaspar/Pokaa


La patte Stéphan

Le 28 mai dernier, le Racing changeait d’entraîneur. Après cinq ans de bons et loyaux services, couronnés d’une Coupe de la Ligue et d’un titre de champion de Ligue 2, Thierry Laurey s’en allait. Un départ marquant la fin d’un cycle, qu’on sentait inéluctable du côté de la Meinau. Arrivait alors Julien Stéphan, libre après sa démission du Stade Rennais. Un choix surprenant par son ambition, qui confirmait que Marc Keller visait haut pour le club. Le technicien breton a alors rapidement instauré son système de jeu : une défense à 5, trois milieux et deux attaquants. Un système que connaissait bien le Racing, mais qui a mis du temps à se mettre en marche. Principalement à cause d’un recrutement qui a tardé en défense, résultant en du bricolage intempestif. Résultat ? Un Racing n’émargeant qu’à 4 petits points à la mi-septembre, avec déjà trois matchs à domicile.

Néanmoins, depuis, le Racing joue bien mieux. Et la patte Stéphan se fait désormais palpable. Des latéraux qui participent dans le cœur du jeu, avec Guilbert et Caci qui n’hésitent pas à aider leurs coéquipiers au milieu. Des dédoublements de passe entre les attaquants, les milieux et les défenseurs, qui combinent dans les petits espaces. Et surtout, des échauffements bien plus techniques que sous Thierry Laurey. Les attaquants travaillent en binôme, voire à trois lors d’ateliers de centre. Les combinaisons sont ainsi mieux travaillées à l’entraînement. Et ce n’est donc pas une surprise de voir un Racing plus technique et plus efficace devant le but.

© Racing Club de Strasbourg Alsace


Une attaque de feu

Et ce n’est pas peu dire que nos Bleus et Blancs mettent le feu aux défenses adverses. Le Racing est en effet la deuxième meilleure attaque du championnat avec 22 buts, à égalité avec Nice. Dans l’exercice, seul le PSG fait mieux. À la Meinau, on est même la meilleure attaque, avec 17 buts ! Le résultat de plusieurs facteurs, mais surtout celui d’une incroyable efficacité devant les cages adverses. Avec 22 buts pour 43 tirs cadrés, le Racing marque plus d’une fois sur deux lorsqu’il cadre ses frappes. À la Meinau, c’est encore plus fort, avec 17 buts pour 31 tirs cadrés.

Il faut dire que, pour un club du standing actuel du Racing, on se retrouve avec du caviar en attaque. Gameiro, Diallo et Ajorque, c’est du pain béni pour les supporters et Julien Stéphan. Si l’on pouvait penser que Kévin Gameiro, arrivé en juillet dernier, allait se mettre le plus en valeur, c’est surtout Ajorque et Diallo qui font trembler les défenses. Le premier est toujours aussi indispensable au Racing, avec 5 buts, 3 passes décisives et une influence dans le jeu aussi grande que le bonhomme. Le second retrouve son efficacité chirurgicale de l’automne 2020, avec 6 buts en seulement 11 tirs à cadrés. À la Meinau, c’est même 6 tirs cadrés, 5 buts. Et si on rajoute Gameiro et Thomasson avec 3 buts chacun, l’attaque du Racing fait lever les foules.

Ludovic Ajorque.
© Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons


Une défense (re)trouvée

Mais si l’attaque fonctionne aussi bien, sans défense, le Racing ne pourrait pas aussi bien figurer dans le championnat. Au début de saison, un mercato retardé a donné lieu à une défense faite de bric et de broc. Sissoko a dû dépanner en défense centrale et Liénard latéral gauche, ce qui a ainsi créé un trou au milieu, qu’il a fallu compenser. De leur côté, Fila se révélait encore un peu tendre en latéral droit et Lucas Perrin pas encore à l’aise en défense centrale. Résultats des courses ? 11 buts encaissés en 5 matchs, malgré un, déjà, immense Matz Sels.

Depuis, le Racing a largement resserré les rangs. Le club a ainsi recruté plusieurs joueurs, qui lui ont permis de bénéficier de qualité et profondeur à chaque poste. En défense, Nyamsi s’est révélé comme un patron, Le Marchand amène toute son expérience et Guilbert sa grinta, ses centres et désormais ses touches. Dans le même temps, Djiku continue d’évoluer à un niveau élevé, tandis que Caci a fini par digérer ses Jeux olympiques, redevenant le joueur solide, efficace et dangereux offensivement qu’il était en 2019. Dès lors, le Racing se révèle tellement solide sur ses arrières que, sur les sept derniers matchs, l’équipe a seulement encaissé 5 buts.

Mais comment parler de la défense sans mentionner son premier gardien – littéralement ? On peut presque parler de Matz Sels comme une recrue, tellement il nous avait manqué l’année dernière. Depuis le début de saison, le gardien international belge multiplie les parades. Maintenant ainsi le Racing dans des matchs qui auraient pu tourner très différemment. Avec 35 arrêts effectués depuis le début de saison, il se classe d’ailleurs 5ème des gardiens dans cet exercice. Lorsque l’on possède une telle muraille, c’est toute la défense qui prend confiance. Et mécaniquement, tout le Racing dégage alors une sensation de sérénité, qui fait plaisir à voir.

Anthony Caci au stade de la Meinau
© Nicolas Kaspar/Pokaa


Un effectif complet

Le Racing tourne extrêmement bien depuis quelque temps. Une attaque en feu, une défense solide, mais c’est surtout le résultat d’un effectif très fourni à tous les postes. Une composante extrêmement importante, alors que la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) arrive à grands pas. À Strasbourg, on sera sans doute moins touchés que d’autres clubs, comme Saint-Étienne ou Metz. Néanmoins, avec les départs probables de Diallo, Djiku, Nyamsi et Waris pour le Cameroun, le Racing sera privé de belles forces vives pendant trois ou quatre matchs de championnat.

Depuis la fin du mercato toutefois, le Racing peut pallier aux blessures, aux suspensions et absences, grâce à une profondeur de banc qui pourrait même faire la différence en fin de saison. Si Djiku ou Le Marchand ne sont pas là, Lucas Perrin prend, bien, la relève. Si Gameiro se blesse, comme ça a été le cas face à Rennes, c’est Diallo qui plante les buts. Et au milieu, face à Lorient, Julien Stéphan a remplacé Prcić, Sissoko et Thomasson par Liénard, Bellegarde et Aholou. Une rotation amplifiée par les cinq remplacements ainsi que par les jeunes pousses comme Kandil, Diarra ou Sahi, qui permettent de garder tout le monde concerné. Et qui donneront sans aucun doute à Stéphan des possibilités de naviguer cette période de janvier/février assez délicate.

Le stade de la Meinau
© V.K


L’effet Meinau

Mais au-delà des composantes technico-tactiques qui font que le Racing brille, nos Bleus et Blancs brillent parce qu’ils ont retrouvé leur plus grand soutien : le public. Privé de son douzième homme presque toute l’année dernière, Strasbourg avait peiné à s’imposer dans son château, qui sonnait bien creux. Désormais, avec le retour de la ferveur du mur bleu, les joueurs se sentent à nouveau pousser des ailes de cigogne. Regardez chaque conférence de presse d’après-match à la Meinau, tous les joueurs le diront : le public est essentiel à la forme du Racing.

Meilleure attaque, septième défense, des 3/0, 4/0, 3/1 et 5/1 distribués à la pelle face à des adversaires impuissants… Le Racing profite à fond d’un public qui ne souhaite que de les pousser. Contre Lille, et ce malgré la défaite 2/1, la Meinau a grondé tellement fort que les Strasbourgeois sont revenus dans le match, tandis que les Lillois ont commencé à trembler. Définitivement, en tant que supporter ou joueur du Racing, il n’a jamais été aussi bon de retourner dans sa maison.

Devant tant de points positifs, difficile de ne pas se mettre à rêver de possibilités de lendemains européens. Surtout alors que le calendrier présente à nos Strasbourgeois pour les quatre prochaines rencontres Nantes, Reims, puis Monaco et Bordeaux. La possibilité de prendre au moins sept points et de commencer à jouer les trouble-fête des places européennes semble possible. Alors finalement, pourquoi ne pas rêver un peu, aux côtés d’une équipe joueuse, offensive et généreuse ? Profitons de ces moments, en encourageant nos Bleus et Blancs, pour qu’ils aillent le plus haut possible. Première étape : Nantes, ce dimanche. Parce que cette année, encore plus que les autres, ils ne seront jamais seuls. Mais bien des milliers.

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