Adversaire du Racing Club de Strasbourg ce 9 avril (21h) en quart de finale de Ligue Conférence, Mayence effectue sa 17e saison consécutive en Bundesliga. Pas une mince affaire pour un club qui a su compenser ses moyens limités par sa formation, ses entraîneurs et sa culture. Une sorte de « club différent », pas si éloigné de l’ancien Racing avant l’arrivée de BlueCo. Présentation.
À l’échelle de la coupe d’Europe, c’est presque un derby qui va se jouer les 9 et 16 avril prochains. Le quart de finale de Ligue Conférence opposant Strasbourg au FSV Mayence 05 est une rencontre entre deux équipes séparées d’à peine 2h30 de route. Pour celles et ceux qui souhaiteraient faire un peu de tourisme à Mayence, on y avait été pour découvrir la ville de près de 225 000 habitant(e)s, construite au bord du Rhin.
Évasion au bord du Rhin : une journée à Mayence, à moins de 2h de Strasbourg
D’un point de vue sportif, la tâche ne sera pas aisée pour les Bleus et Blancs, alors que le club allemand reste sur 2 défaites en 19 matchs, pour 9 victoires et 6 nuls. Une bonne série qui a fait remonter Mayence des tréfonds de la Bundesliga à une 9e place qui lui assure presque le maintien. Une double confrontation qui ne sera pas aisée pour le Racing.
Mais surtout, la rencontre opposera Strasbourg à un club qui lui ressemblait étrangement, avant l’arrivée de BlueCo. S’ils ont partagé quelques joueurs [notamment Ludovic Ajorque et Anthony Caci, lui toujours au club, ndlr] et que les clubs ont un an d’écart en termes d’histoire [Mayence a été créé en 1905, contre 1906 pour le Racing, ndlr] le club allemand est surtout une sorte de petite structure familiale. Une structure qui a su se maintenir en Bundesliga depuis 17 saisons consécutives, grâce à sa formation, ses idées, sa culture et le développement de ses joueurs.
Un club qui a longtemps végété dans les divisions inférieures
Si le FSV Mayence 05 a désormais 121 ans, sa première incursion en Bundesliga, la 1e division allemande, date de 2004. En tout : 99 années de disette pour les supporters/rices d’un club qui a longtemps végété dans le monde amateur, notamment entre les années 70 et 90. Un club sans réel palmarès, puisque ses seuls trophées ont été obtenus en Oberliga Südwest [3e division, ndlr] en 1988 et 1990.
Définitivement de retour en 2e division et donc dans le monde professionnel en 1990, Mayence manque l’accession en Bundesliga, terminant 4e à trois reprises avant de décrocher le Graal en 2004 sous la direction d’un certain Jürgen Klopp. La montée fut relativement courte, puisque le club redescend trois saisons plus tard, avant de remonter en 2009, un an après le départ du tacticien allemand pour Dortmund.
Cette remontée sera définitive, puisque 17 ans plus tard, Mayence est toujours en Bundesliga. Son meilleur résultat est une 5e place acquise en 2010/2011 sous un autre tacticien allemand bien connu : Thomas Tuchel. Mais c’est bien la 6e place récoltée la saison dernière qui a réellement ouvert les portes de l’Europe à un club plus connu pour son grand carnaval que pour ses résultats sportifs.
Héritage, culture, formation et temps long
Si le club n’a pas (encore) de trophées, jouer l’Europe et se maintenir pendant 17 saisons consécutives représentent déjà une grande réussite en soi. Une réussite forgée par « du travail et des idées », comme le résume le journal suisse Le Temps, dans un portrait datant d’il y a 7 ans. Mayence a en effet toujours été un club qui a laissé le temps aux compétences internes et à leurs idées de se développer.
C’est pourquoi Jürgen Klopp et Thomas Tuchel ont notamment pu rester si longtemps [respectivement 8 et 6 saisons, ndlr], avant de s’envoler vers d’autres cieux plus huppés [Dortmund et Liverpool pour le premier, Dortmund, PSG, Chelsea puis l’équipe d’Angleterre pour l’autre, ndlr]. Les deux étaient au club avant de devenir l’entraîneur de l’équipe 1, et Mayence leur a fait confiance pour mettre en place leur vision du football et leurs idées.
Un héritage encore bien présent dans le club aujourd’hui, alors qu’il termine désormais régulièrement dans la première partie de tableau de Bundesliga [3 fois sur les quatre dernières saisons, ndlr], et une belle performance pour un club aux moyens bien inférieurs à d’autres clubs allemands… Et dont le stade a été bâti au milieu des champs et qui possède la deuxième tribune « debout » la plus grande d’Allemagne derrière le « mur jaune » de Dortmund. Si le carnaval est encore plus populaire que le football à Mayence, ce dernier a des arguments à revendre. Encore plus si, pour la première fois de son histoire, le club parvient à remporter un trophée.
Alors que le Racing s’apprête à débouler avec sa nouvelle puissance financière à la MEWA Arena, le club va se confronter à une équipe qui lui ressemblait avant l’arrivée de BlueCo. Une équipe à l’identité forte, avec des entraîneurs, joueurs et dirigeants régulièrement nés ou formés à Mayence, qui écoute ses supporters et traite bien ses joueurs. Un derby à plus d’un titre.



