Ils se pavanent dans les rues du centre-ville, guettent à nos fenêtres, squattent les cours intérieures et glissent sur les toits, les pigeons sont omniprésents à Strasbourg. Pour beaucoup d’habitantes et d’habitants, ils font office de colocs malpropres et bruyants. Mais bonne nouvelle : la gestion de cette importante population fera partie des priorités de la Ville parmi les sujets liés à la cause animale et ce, dès la rentrée prochaine.



Les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois l’auront remarqué, ces dernières années, la population de pigeons a grandement augmenté. Et pour cause, plus aucun moyen n’est mis en œuvre pour lutter contre leur prolifération. Jusqu’en 2016, les anciennes municipalités prévoyaient des captures afin de les gazer au gaz carbonique. Mais ce moyen de régulation ayant été arrêté il y a cinq ans, Strasbourg fait aujourd’hui face à une surpopulation.

© Florian Crouvezier / Pokaa


Les pigeonniers contraceptifs : une méthode naturelle

Alors pour réguler la population de pigeons, sans pour autant revenir à des méthodes impliquant la souffrance de l’animal, la Ville prévoit d’installer dès l’année prochaine des pigeonniers contraceptifs. Plusieurs villes françaises comme Marseille, Clermont-Ferrand, ou encore Grenoble ont déjà expérimenté de tels dispositifs ces dernières années. Le tout premier pigeonnier contraceptif a même été installé dans la capitale en 2003. Mais pour placer l’équipement aux endroits les plus adaptés, il faudra d’abord identifier les lieux où le besoin se fait le plus urgent. Et la municipalité a déjà retenu une douzaine de zones comme le quartier de l’esplanade par exemple. 

Concernant le fonctionnement du dispositif, “le principe est simple” assure Marie-Françoise Hamard, adjointe en charge des animaux dans la Ville. Il s’agit d’une petite maisonnette avec plusieurs alvéoles pour accueillir plusieurs couples dans le pigeonnier. On les laisse pondre une première fois sans agir, mais dès la deuxième ponte, on secoue les œufs lorsque les oiseaux ne sont pas là et les petits meurent même si les femelles continuent à les couver.C’est donc une méthode complètement naturelle et sans agents chimiques que la Ville souhaite privilégier. Selon l’adjointe, un pigeonnier dispose d’un rayon d’action entre 200 à 300 mètres et permettrait d’obtenir rapidement des résultats.

© Pixabay / Planet_fox


Un projet qui pourrait aboutir en 2024

Si certaines villes ont tenté de laisser la gestion de telles installations aux habitants et aux associations, à Strasbourg, la municipalité compte assurer le suivi de cette opération.Il faut vraiment qu’il y ait des nourrisseurs qui sachent fidéliser les oiseaux. Il faut vraiment gérer consciencieusement ces pigeonniers. explique Marie-Françoise Hamard. En effet, mieux vaut que les maisonnettes aient du succès auprès des volatiles, car ce type d’installations représente une coquette somme :La construction et l’installation d’un pigeonnier tout prêt clef en main, c’est 15 à 17 000 euros.” 

© Pixabay / Zoosnow

Mais pour tenter de réduire les coûts, l’adjointe en charge des animaux en ville envisage d’imaginer un prototype et de les construire localement. Et pourquoi pas de proposer le projet à des ateliers strasbourgeois. J’ai des contacts spécialisés dans les pigeonniers en France, mais ce qui me plairait au niveau local, c’est de faire travailler les Compagnons du Devoir ou des ateliers pour construire un prototype qui s’intégrerait bien dans le paysage. Ce sont souvent de belles structures qu’on peut construire selon les régions presque toujours en bois et toujours en hauteur, ou bien posées au sol sur des montants.” Niveau calendrier, l’élue espère une mise en place sous deux à trois ans et que d’ici 2024, l’ensemble des premiers pigeonniers soient installés.

5 COMMENTAIRES

  1. En attendant on fait quoi ? Il y a une vingtaine de pigeons qui squattent la petite cours . Toute recouverte de déjections. J’ai contacté la mairie par mail mais aucune réponse depuis plus d’un mois…

    • Depuis plusieurs années des pigeons déposaient leurs fientes sur mes rebords de fenêtres et pondaient leurs oeufs dans les recoins ,
      J’ai trouvé cette astuce sur le web : j’ai vaporisé du WD-40 aux endroits concernés,
      Ils ne sont pas revenus depuis.
      Et c’est valable pour tous les nuisibles, fourmis, cafards, etc…..
      A vaporiser sur tous les endroits de passage, et ça ne coûte que 3-4€ dans les magasins de bricolage….

  2. Hum, je ne voudrais pas mélanger les genres, mais il semble qu’il soit nettement plus simple à la ville de mettre en œuvre des mesures anti-voitures que des mesures anti-pigeons.
    En tout cas, merci Jane Doe pour l’astuce du WD-40. Elle comporte une forme d’ironie qui ne devrait pas me réjouir : elle est tout sauf écologique.

      • Oui, c’est vrai.
        Mais je ne suis pas sûr de suivre jusqu’au bout : bien que j’abhorre les pigeons, leurs déjections, et eux-mêmes d’ailleurs, comme faisant partie intégrante de la nature, ne me semblent pas pourvoir être vus comme « inécologiques » !?

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