L’heure n’est plus à la fête mais au travail à La Kulture. Le bar de nuit se transforme en espace de travail partagé jusqu’à ce que l’établissement puisse rebrancher la sono. Alors fini le télétravail : on prend une douche, on abandonne son vieux jogging et on sort de sa tanière pour aider un commerçant à maintenir le cap.

Les restaurants, bars et établissements de nuit pourraient ne pas rouvrir avant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Alors pour survivre, certains patrons font preuve d’imagination et se réinventent. C’est le cas de La Kulture, célèbre établissement de la Krutenau. Au mois de décembre déjà, le bar de nuit avait accueilli une boutique éphémère pour les créateurs locaux, organisée par l’association Créative Vintage.

Cette fois pas de bijoux, ni de céramiques mais de grandes tables pour accueillir qui voudra venir y travailler : indépendant(e)s, téletravailleur(euse)s, entrepreneur(euse)s, demandeur(euse) d’emploi, étudiant(e)s, professeurs ou profils atypiques. « Il s’agit d’un espace de travail solidaire dans lequel chacun peut venir trouver une alternative au travail à domicile », précise Antoine, le gérant.

© Hunay Saday / Doc remis


Un système de crédits-temps

Concrètement, l’espace de 180 m² pourra accueillir dix personnes à la fois. Pour en bénéficier, La Kulture a choisi un système de crédits-temps. 1 crédit = 1h. Les 64 crédits sont vendus 99 €, soit 1,55 € l’heure à répartir à votre guise ! « Vous pouvez par exemple utiliser tous vos crédits dans le mois, ou utiliser un crédit par mois pendant cinq ans… », détaille Antoine. Et comme on espère bien revoir La Kulture revêtir des habits de lumière rapidement, ce dernier précise : « Si la crise s’arrête entretemps, on vous propose de transformer vos crédits restants en consommation au bar » . Comme ça, pas de pertes !

Cette idée, Antoine l’a eue il y a trois semaines. « En me rappelant mes belles années au Panoroma Co-working, initié par Guillaume Zaegel, que je salue au passage et qui avait réussi à créer une ambiance de travail saine et décontractée. C’est exactement ce dont j’ai besoin en ce moment. », explique le gérant. Pour lui c’est aussi et avant tout un moyen de garder la tête hors de l’eau après de longs mois de fermetures.

© Hunay Saday / Doc remis


Soutenir un commerçant

Participer au projet c’est « soutenir la démarche d’un commerçant qui cherche des solutions pour s’en sortir, je rappelle que les discothèques sont fermées depuis mars de l’année dernière ». Plutôt que d’attendre une embellie dans cette tempête, le gérant se démène comme il le peut : « Chaque initiative qui nous permet d’avoir un loyer de moins à rembourser avant la fin de la crise est bonne à prendre ». Cet amoureux de la Krutenau espère maintenant fédérer : « On est en train de mettre en place des offres solidaires pour les coworkeurs avec les commerçants du quartiers qui en ont l’envie ».

Pour pouvoir se poser bien au chaud derrière les grandes vitres de La Kulture, avec à disposition Internet, une imprimante-scanner et même un frigo et une bouilloire (ça déconne pas), il est possible de se préinscrire à l’adresse [email protected] . Si la commercialisation ne fait que débuter, Antoine est optimiste : « Nous espérons trouver une vitesse de croisière à la fin du mois. Ce qui nous réchauffe le cœur c’est la multitude de retours positifs de nos sympathisants ».


La Kulture
9 Rue des Bateliers
67000 Strasbourg

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