Déjà attractive pour nombre d’illustrateurs, Strasbourg serait-elle aussi une ville d’artisans ? Il semblerait bien. En tout cas, chez Pokaa, on s’en réjouit. Pour preuve, on part aujourd’hui à la rencontre d’une jeune tisserande de 27 ans, venue poser son métier à tisser par chez-nous : Prune Thibeaut. Une talentueuse artisane dont l’univers graphique et les créations colorées ont piqué notre curiosité. Venue de loin, prête à en découdre, elle n’est pas là pour faire tapisserie. …Quoique, peut-être bien que si.


Piquée par le métier

Avec une mère très bonne couturière, et un « profil artistique », Prune Thibeaut a très vite peint et dessiné. Elle a appris le fusain, le crayon et la peinture à l’huile, jusqu’à aller se former au design visuel à l’École Supérieure d’Art et Design d’Orléans, une ville où elle passera 8 ans.

© Prune Thibeaut


C’est là-bas, et assez naturellement qu’elle se lance fin 2016 comme graphiste indépendante. Sa passion pour le tissage naît, elle, un peu par hasard, après que son compagnon de l’époque lui fabrique un cadre à tisser. Rapidement piquée par ce nouvel outil, elle décide de filer se former en 2019 au tissage sur métier à tisser auprès de Betty Briand. Une artisane qu’elle estime, et dont l’atelier se trouve là où elle a grandi, à Chinon, « un joli village pas très loin de Tours ».

En août 2019, Prune Thibeaut s’installe à Strasbourg après « un coup de foudre pour cette ville » et parce qu’elle « la trouvai[t] chaleureuse et riche en artisanat », rejoignant ainsi sa sœur, déjà Strasbourgeoise d’adoption.

Et puis un métier en remplaçant l’autre : en janvier 2020, elle quitte définitivement la communication visuelle pour se consacrer à son métier à tisser.


Du coup de crayon au coup de fil

Elle note cependant qu’elle n’a pas « l’impression d’avoir abandonné le graphisme en réalité ». Rajoutant : « quand je tisse, quand je prépare mes motifs, quand je fais mes photos… Le graphisme est bien présent ».Et en découvrant ses créations, on ne peut le nier.


On le remarque rapidement à son univers doux, coloré et ultra tendance. Coussins, tableaux, tapis, pochettes, sacs, objets déco… Beaucoup de sur-mesure, des pièces uniques, et un savoir-faire pointu, dont elle filme parfois les coulisses, pour son Instagram où elle est très présente. Comme elle l’écrit sur son site : « Playful, graphique et colorée, chaque pièce est unique et faite avec soin et amour ! ».

Bien que toutes différentes, on retrouve dans ses créations « des formats récurrents ». Elle développe : « les petits coussins rectangles que je fais régulièrement. [Leur] motif est aléatoire, je ne le dessine pas à l’avance, je le tisse progressivement et je laisse le motif se faire tout seul. Je choisis seulement les couleurs. Idem pour les tissages muraux. »

© Prune Thibeaut


Elle créé également des petites séries, selon ses envies. Elle conçoit parfois des motifs à l’avance « quand il s’agit de formes : bosses, corail, vagues… », les dessinant puis les découpant « dans un papier épais et les report[ant] sur [s]on fil de chaîne au fur et à mesure de [s]on avancée dans le tissage ». Mais lorsqu’il s’agit de sur-mesure, c’est le client qui choisit parmi ses propositions de motifs et d’associations de couleurs.

© Prune Thibeaut

Cette dernière partie étant ce qu’elle préfère : jouer avec les couleurs. « Mon téléphone est rempli de photos de combinaisons de couleurs qui me semblent cool ! », ajoute-t-elle. Côté matières, elle apprécie les contrastes, mélangeant fils épais, fins, à bouclettes ou lisses : « Souvent, j’aime que ce ne soit pas lisse au toucher, qu’il y ait du relief. »Et rajoute : « Tisser me permet de dessiner avec des fils, puis d’en faire un coussin et de lui faire un câlin, c’est trop cool ! ».


Le choix de l’artisanat et du made in Alsace

Prune avoue qu’il est difficile d’estimer le temps de travail passé sur chacune de ses pièces. Mais cela varie entre plusieurs heures à plusieurs jours pour certaines. Un travail d’orfèvre, de patience. Choisir l’artisanat, c’est privilégier le savoir-faire, la pièce unique, la relation privilégiée avec l’artisan, et adopter un mode de vie plus « lent ». Pas étonnant donc de la retrouver sur des plate-formes telles que le concept-store Cureor qui prône le « slow-life » et pour lequel elle a fait une mini-série de tapis.


À côté, fin 2020, elle a créé avec d’autres créatrices, Le Marché des Alsaciennes « pour pallier à l’absence de marchés de noël ». Une initiative qui leur a permis de se faire davantage connaître, et qu’elles souhaitent développer courant 2021. Avec l’espoir de partager, ensemble, un lieu où vendre leurs créations ; organiser des événements, ainsi qu’animer des ateliers autour du tissage.

En parallèle, elle a commencé il y a peu, à publier des vidéos sur Instagram autour de sa pratique, donnant quelques ficelles du métier aux débutants curieux.

Séduits ? Histoire de ne pas perdre le fil et suivre son actu : on file sur ses réseaux.

© Prune Thibeaut

Pour retrouver les créations de Prune Thibeaut
Site
Instagram
Facebook
Etsy
Kreamondo
Cureor


Fanny Soriano

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