2020 et le Covid ne prennent décidément jamais de pause. Alors que la semaine dernière a vu passer Strasbourg et le Bas-Rhin en mode couvre-feu, que le marché de Noël se tiendra sans chalet et que généralement, la vie est un peu nulle, ce lundi 26 octobre rajoute une nouvelle pierre à l’édifice. À l’issue d’une conférence de presse, menée conjointement avec l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) du Bas-Rhin, la préfète de notre département a annoncé de nouvelles restrictions pour les bars et les restaurants strasbourgeois. On vous fait le point de ce qui a été annoncé au sein de cette journée plus que mouvementée.

Le petit point recap

Si lire tout un article racontant que la vie dans cet automne version 2020 est bien nulle vous fatigue d’entrée, voici ce qu’il faut retenir de toutes les nouvelles de ce lundi 26 octobre :

  • Les bars-restaurants et les restaurants, c’est-à-dire ceux qui servent de vrais repas, avec une carte dédiée, ouvriront désormais de 11h à 15h le midi et de 18h à 20h30 le soir.
  • Les bars avec activité annexe comme jeux, tabac… peuvent ouvrir sur leur activité annexe. Ils peuvent distribuer des jeux ou du tabac mais ne peuvent pas servir de boissons ou autre chose.
  • Les boulangeries, pâtisseries et salons de thé restent ouverts toute la journée.
  • Les hôpitaux du Grand Est ont déclenché le plan blanc dans les hôpitaux de la région, afin de permettre une meilleure réactivité face à la résurgence de l’épidémie.
  • À ce sujet, le président de la Région Grand Est Jean Rottner (Les Républicains) a évoqué dimanche 25 octobre sur les réseaux sociaux la certitude que « nous allons vers un reconfinement« .
  • Dans le même temps, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, a évoqué sur RTL ce lundi 26 octobre « la possibilité d’aller vers un couvre-feu plus massif, à la fois dans ses horaires, dans son étendue, et qu’il puisse être mis en place le week-end« .

De nouvelles restrictions sur l’ouverture des restaurants strasbourgeois

Le principal sujet de la conférence de presse organisée par Josiane Chevalier, préfète du Bas-Rhin, portait sur les nouvelles restrictions sur l’ouverture de nos restaurants strasbourgeois, « pour préciser un point qui n’a pas été bien compris et bien respecté ce week-end. » Afin de clarifier tout cela et d’édicter une règle claire et précise, la préfecture, en consultation avec l’UMIH et les forces de l’ordre, a décidé de mettre en place deux plages horaires d’ouverture : de 11h à 15h le midi et de 18h à 20h30 le soir.

Ces horaires de service sont là pour rendre les choses plus simples à comprendre pour tout le monde. Comme le précise le président de l’UMIH : « L’activité débit de boissons est stoppée, il n’y a plus que de la restauration. Le débit de boissons en tant que tel n’existe plus pendant cette période. » Derrière cette précision, le même crédo a été répété encore et encore durant cette conférence de presse : « limiter le plus possible les contacts sociaux. »

Sauf que, dans le même temps, il existe un certain flou quant à la situation des boulangeries, des pâtisseries et les salons de thé. Pour l’instant ouverts toute la journée, elles ne sont pas concernées par les nouveaux horaires. Néanmoins, la préfète a annoncé qu’ils avaient fait remonter cette situation de flou au niveau national, pour « éviter que l’on s’entasse sur les terrasses. » On voit tout de même que la situation n’est pas claire et que les distinctions entre les différents établissements est source de questionnements de toute part. Affaire à suivre donc.

Restaurant l’Abyssinia © Bastien Pietronave

Le retour du reconfinement ?

Pour finir cette journée du lundi 26 octobre en beauté, parlons quelque peu de la possibilité du reconfinement. Évoquée dès hier soir 25 octobre par Jean Rottner, sur les réseaux sociaux, cette possibilité a été développée par le président de la région Grand Est ce matin sur France Info. Le médecin de formation préconise un reconfinement adapté « quand dans certaines régions de notre territoire national, on a plus de 1 000 cas positifs pour 100 000 habitants« . Il estime également que l’on a « un ou deux trains de retard et il nous faut aujourd’hui prendre les bonnes décisions. »

Une posture partagée par Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique ce matin sur RTL. Il préconise soit un reconfinement « moins dur que celui de mars dernier » ou encore « la possibilité d’aller vers un couvre-feu plus massif à la fois dans ses horaires, dans son étendue, et qu’il puisse être mis en place le week-end ». Un peu comme ce qui se fait en Guyane où jusqu’à fin juin, le couvre-feu était instauré de 17 h à 5 h du matin en semaine et dès 13 h le samedi, jusqu’au lundi matin. Un couvre-feu désormais assoupli dans certaines zones guyanaises, parce qu’il a fait ses preuves, mais qui montre peut-être un exemple de là où l’on va aller.

Le plan blanc déclenché dans les hôpitaux du Grand Est pour anticiper la deuxième vague

Si l’on en vient à de plus en plus parler de reconfinement ou de couvre-feu durci, c’est parce que l’épidémie de coronavirus touche de plein fouet les hôpitaux français. Le problème, c’est qu’elle les touche dans leur globalité, contrairement à la première vague où le Grand Est et la région parisienne étaient les principales victimes. Pour anticiper l’arrivée de personnes en réanimation, le Grand Est déclenche ce lundi 26 octobre le plan blanc. Comme le rappelle l’ARS Grand Est, ce plan blanc est un plan « qui lui permet de mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont il dispose en cas d’afflux de patients ou de victimes ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle ». À ce sujet, Laure Pain, docteur et conseiller de l’ARS Grand Est, a déclaré qu’il serait possible d’augmenter la capacité des lits pour le Covid, parce que la résurgence de l’épidémie est « sérieuse » et il faut « anticiper et organiser. » Un plan de réarmement est prévu dès demain.

Il faut dire que la situation s’aggrave rapidement dans notre région, dans notre département et dans notre ville. Selon les derniers chiffres en date publiés par Santé Publique France, le taux d’incidence dans le Grand Est, pour la semaine du 16 au 22 octobre, s’établit à 262,3 cas positifs pour 100 000 habitants. Le Bas-Rhin est largement au-dessus, avec 357,5, et Strasbourg rafle la mise avec 465,9. Des chiffres préoccupants et qui galopent de façon exponentielle depuis quelques jours. Dans la même période, Strasbourg et son Eurométropole ont un taux d’incidence de 222 cas positifs pour 100 000 habitants pour les personnes âgées de plus de 65 ans.

© Nicolas Kaspar/Pokaa

Forcément, cette hausse impressionnante des cas, reliée avec un taux de positivité qui atteint désormais les 12,2% dans le Bas-Rhin, se ressent de plus en plus dans les hôpitaux. Au 25 octobre il y avait 21 personnes en réanimation dans le Bas-Rhin. Certes, cela ne fait que 17% de taux d’occupation, encore en-dessous du seuil de 30 % fixé pour les zones de couvre-feu. Mais, en point de comparaison, il y avait 11 personnes en réanimation dans le Bas-Rhin le 21 octobre dernier. Une croissance en flèche…

On a cru quelques temps que Strasbourg et plus généralement notre région feraient figure d’exception dans la deuxième vague du coronavirus. malheureusement, ce n’est pas le cas et il va falloir s’armer de courage pour supporter et endiguer cette deuxième vague qui arrive. Néanmoins, on peut toujours se serrer les coudes, être solidaires et s’adapter pour proposer de nouvelles choses. C’est notre grande force et, même si c’est dur pour tout le monde en ce moment, il y a toujours du bon dans ce monde. Alors courage, vraiment, prenez soin des autres et de vous-mêmes, et on va y arriver <3

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