Tandis que se tiendra ce week-end le Festival des Arts de la Rue (FARSe), les bénévoles de l’association Art Puissance Art terminent de préparer la cour Pasteur, rue des Veaux. Mise en scène, installation du bar ou encore de la scène pour FARSe des Minis, les membres de l’association finalisent un travail de plusieurs mois avec un secret : l’esprit de groupe.

Du 7 au 9 août, une trentaine de compagnies d’art de rue animeront les places de la ville de Strasbourg. Pour rendre possible cet événement de grande ampleur et intégralement gratuit, de nombreuses petites mains, souvent bénévoles, s’affairent depuis plusieurs jours déjà. Parmi eux, on retrouve les membres d’une association, Art Puissance Art, qui s’activent dans la cour Pasteur, rue des Veaux. L’association strasbourgeoise, dont le but est de soutenir la création artistique sous toutes ses formes, est chargée de la scénographie de cet espace, mais aussi de la tenue de son bar et de la réalisation des totems dispersés dans la ville.

© Mathilde Piaud pour Pokaa

« Cette cour, c’est le nœud, le poumon du festival. Les gens s’y arrêtent sur leur parcours, entre une scène et une autre. C’est un lieu dont on peut repartir une fois apaisé mais aussi un lieu festif avec son bar et les spectacles du FARSe des Minis », explique Nathalie l’une des bénévoles de l’association présente ce jour là.

La Strasbourgeoise a posé plusieurs jours de congés pour s’investir totalement dans la préparation de l’événement. Et l’engagement, c’est en famille qu’il se fait : « C’est à vous de trouver la solution par vous-mêmes », lance-t-elle à Clara 14 ans et Maëlle 11 ans, ses deux filles qui tentent désespérément de démêler un câble.

© Mathilde Piaud pour Pokaa

« Faire ensemble »

« Elles aident tous les étés, précise Nathalie. Elles font à leur niveau avec leurs compétences. Ce qui compte pour moi, c’est de leur apprendre à faire avec les autres. Aujourd’hui on n’est plus avec les autres mais à côté. Se soucier de l’autre, vérifier que tout va bien, ça prend tout son sens alors qu’on sort de deux mois de confinement chacun derrière son écran. Je suis contente de voir qu’elle ne sont pas des consommatrices. Le FARSe c’est ça, c’est la rencontre».

Si Nathalie passe plus de neuf heures par jour ici depuis la semaine dernière, son bénévolat l’occupe toute l’année : « Je fais plutôt de l’administratif, porter les projets, demander les subventions, communiquer ou dans ce cas faire le lien avec le service événements de la ville. Mais je suis un couteau suisse, s’il faut peindre, visser j’apprends à le faire. »

© Mathilde Piaud pour Pokaa

La maman, ancienne sportive, s’est engagée à la suite d’une blessure : « je ne pouvais pas rester à rien faire », souligne-t-elle quelques instants avant de ranger les bouteilles d’eau qui fourniront le bar ce week-end. « C’est une structure familiale et ça me correspond. Vous rentrez dans une équipe qui a un sens du travail et du collectif, c’est le faire ensemble, l’esprit de groupe qui est important. Si ce n’était pas pour faire avec les autres je ne le ferais pas. »

Carte blanche

Faire partie d’un tout, voilà ce qui a du sens aussi pour Jean-David, qui s’active dans les arbres de la cour d’école, fixant ici ou là un projecteur. Ingénieur son et lumière de profession, il vient chaque année bénévolement pour mettre en scène la cour Pasteur et partager ses compétences. Mais il reconnaît : « Pendant le festival je vais beaucoup changer de casquette, s’il faut laver les tables je le ferai. Toute l’année je participe aussi à la fabrication des décors, ça vaut le coup de participer à un projet plus global. On est tous ensemble, une famille complète. Au-delà de l’association, on fait partie de quelque chose de plus gros. Ce festival c’est comme si on bâtissait tous en ensemble un mur et que chacun y mettait sa petite pierre. »

© Mathilde Piaud pour Pokaa

Et le truc de Jean-David c’est la créativité. « J’ai beaucoup de liberté, je peux créer l’ambiance que je veux, comme je veux, sans devoir justifier chaque projecteur. C’est l’occasion pour moi de tester des choses, de faire différemment, je ne boude pas mon plaisir ! La Ville nous fait confiance», se réjouit le bénévole. « Ce qui m’intéresse c’est de pouvoir proposer à chaque fois un univers différent. J’aimerais que quand les gens entrent ce soit Disneyland, qu’ils aient les yeux grands ouverts et se disent que c’est beau ! Ça fait plaisir d’apporter ce côté magique aux gens. »

© Mathilde Piaud pour Pokaa

Héros du quotidien

Pour créer la magie, l’association Art puissance Art a entièrement transformé la cour. D’immenses personnages hauts en couleurs ont pris place sur les murs, au milieu de l’espace de jeu ou même en arrière-plan de la scène montée pour l’occasion. Un peu partout, des bulles de bandes dessinées, abritent des onomatopées multicolores. Ce décor à l’influence résolument pop et cartoon, c’est Julie-Anne, qui l’a imaginé, même si là encore, c’est sur le groupe que la timide directrice artistique fait reposer les mérites : « On s’est réunis puis j’ai imaginé les visuels, je les ai dessinés et on les a peints à plusieurs. On est une dizaine à faire un roulement pour tout préparer». Des totems arborant ces mêmes personnages, peints à la main, toujours, sont répartis dans la ville pour indiquer les places qui accueilleront des spectacles ce week-end.

© Mathilde Piaud pour Pokaa

Des personnages en adéquation avec le thème de cette édition qui semble tomber à pique : les héros du quotidien. Des pompiers, professeurs des écoles, ménagères, hôtesses de caisse, vêtus de leur cape. «  Le thème avait été choisi avant le confinement mais ça tombe bien dans le contexte. On est encore plus contents de ce thème car on va pouvoir dire merci à pleins de gens ! », sourit Julie-Anne.

Une édition chamboulée

Car bien évidement, la crise sanitaire reste dans tous les esprits et a largement affecté cette édition du FARSe, réduisant notamment le nombre de places animées. Dans la cour Pasteur aussi tout est chamboulé : «  On a dû adapter le mobilier qu’on créait. Cette année on ne peut pas faire de transats ou de canapés par exemple », détaille Julie-Anne.

© Mathilde Piaud pour Pokaa

Le nombre de bénévoles aussi a été considérablement réduit : «  Les gens ne savaient pas si le festival aurait lieu et ont réservé leurs vacances, d’autres sont fragiles et ne doivent pas venir. Enfin cette édition va demander encore plus d’organisation : chaque bénévole devra changer quatre à cinq fois de masque pendant la journée, donc il vaut mieux que l’on soit moins mais que l’on maîtrise parfaitement le processus », explique Nathalie.

Malgré les nombreuses contraintes sanitaires, tous sont ravis de voir l’édition maintenue : « C’est un événement à part à Strasbourg. Les strasbourgeois et les autres peuvent découvrir la ville différemment, ça me fait plaisir de participer à ça, c’est beaucoup d’amour », résume Julie-Anne, avant de s’éclipser et reprendre le montage dans la cour.


FARSe version 2020

Les 7, 8 et 9 août

Site internet /Page Facebook

La programation complète !


© Mathilde Piaud pour Pokaa
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