Bienvenue sur le site de Pokaa.fr

Votre navigateur est obsolète.

Merci de le mettre à jour pour voir le site correctement

Mettre à jour

Recherche

Lance une recherche dans les articles ou vidéos parmi l’ensemble des publications de Pokaa.

Publicité

Jardins partagés de Strasbourg : ces terrains qui nous font voir la vi(ll)e en vert

3.2k Lectures
Publicité
Publicité
Ce que j’aime le plus quand je vais rendre visite à mes parents pour manger la choucroute dominicale, c’est prendre le temps de flâner dans leur jardin. Je relève la progression des tomates, je hume à plein poumon la bonne odeur des herbes aromatiques, et je vole quelques fraises au passage. Depuis quelque temps, comme beaucoup d’entre nous, je suis de plus en plus attentive à ce que je mets dans mon assiette. Et je dois avouer que les carottes de mes parents surpassent en goût toutes celles que j’ai pu acheter. Quoi de plus sain et naturel que de manger les légumes qu’on a planté soi-même ? Je suis sûre de leur provenance et je peux aussi être fière de déguster le fruit du labeur familial.

Cet oasis de verdure qui invite à la contemplation m’a cruellement manqué pendant mon confinement en ville. J’ai donc entrepris quelques recherches pour voir s’il existait des jardins partagés pas trop loin de chez moi. Et la réponse est oui ! L’avantage en 2020, c’est qu’on peut jardiner tout en habitant en ville. Et surtout à Strasbourg ! La ville regorge de jardins de toutes sortes : familiaux (une parcelle privée juste pour toi), partagés (une parcelle gérée par une asso dans laquelle tu peux venir jardiner), composts et potagers urbains… On trouve aujourd’hui environ 5000 jardins rien qu’à Strasbourg intra-muros, soit plus de 160 hectares de terrain cultivable en ville. En somme, il y a de quoi de faire !

© Strasbourg ça pousse

Un enjeu majeur pour végétaliser l’espace urbain

Le jardin en ville ce n’est pas quelque chose de nouveau. En effet, les jardins ouvriers (aujourd’hui appelés « jardins familiaux ») sont apparus à la fin du XIX ème siècle. Les terrains étaient mis à disposition des habitants par la municipalité pour la culture potagère. Ils étaient destinés à améliorer les conditions de vie des ouvriers et à leur fournir une forme d’autonomie alimentaire. Longtemps boudés, ils sont à nouveau très populaires à Strasbourg : chaque année, c’est seulement 300 jardins familiaux qui se libèrent, avec 1800 demandes non satisfaites. Il faut compter en moyenne 5 ans pour espérer bénéficier d’une parcelle.

Depuis 2007, une nouvelle forme de jardinage, plus collaborative, s’est développée à Strasbourg. 33 jardins partagés ont poussé dans presque tous les quartiers de la ville. Les prochains verront le jour en septembre dans le quartier Montagne verte et à la Robertsau. 4 nouvelles demandes sont dores et déjà en attente pour émerger en 2021. En lien avec le plan de végétalisation de la ville, les jardins urbains ont le vent en poupe côté municipalité… Ils permettent de lutter contre les îlots de chaleur, de cultiver bio et répondent ainsi parfaitement aux enjeux sur la qualité de l’air, le réchauffement climatique et la santé des citoyens.

>> À lire ou relire : Le développement doux mais sûr de l’agriculture urbaine à Strasbourg

© Cyril Bécard

Le jardin partagé : une vocation sociale et écolo

Un jardin partagé, c’est avant tout une démarche collective qui permet de créer du lien entre les habitants d’un quartier, autour de la nature. Tout le monde peut jardiner : les novices apprennent auprès des initiés, dans un joyeux brassage intergénérationnel et culturel.Aménagés et mis à disposition par la Ville pour les associations de riverains qui en font la demande, les terrains ont pour vocation d’être créateurs de lien social. La Ville investit dans les aménagements et fournit gratuitement le jardin clé en main. En contrepartie, les associations s’engagent à l’entretenir sans pesticide ni produit chimique et sont tenues d’organiser au moins une fois par an, une animation de quartier ouverte à tous, autour du jardin.

Dans la plupart des jardins partagés, on peut choisir de cultiver ses fruits et légumes sur un terrain collectif ou individuel. L’attribution des parcelles dépend des modes de fonctionnement des assos qui les gèrent. Chaque jardin a son identité propre, son organisation, ses contraintes. À l’image de la personnalité de ses membres, les jardins partagés offrent au paysage strasbourgeois une palette de couleurs intense et éclatante. J’ai pu en explorer trois, tout près de chez moi,  tous totalement différents.

© Cyril Bécard

Pour mieux comprendre, on a fait un tour dans quelques jardins strasbourgeois

Ambiance familiale au jardin de l’ARES

Une quinzaine de personnes se rencontrent ici tous les samedis matins pour faire vivre ce lopin de terre en plein cœur des grands immeubles de l’Esplanade. Créé à l’initiative du centre socio-culturel, le jardin est un bon moyen de faire se rencontrer les habitants du quartier et d’améliorer la qualité du cadre de vie.« Pendant le confinement, le jardin est devenu ma véritable bouffée d’oxygène ! » Roselyne, qui a débuté le jardinage avec sa fille, a très vite été passionnée par cette activité, qu’elle pratique aujourd’hui quotidiennement. Cette « bulle d’air pur » dans la ville lui a donné l’opportunité de quitter son appartement sans balcon pour se ressourcer au vert, juste à côté de chez elle. 

Pas de parcelles individuelles au jardin de l’ARES : tout est collectif. Les membres décident ensemble du plan du jardin en début de saison et chacun met la main à la pâte, même sur les travaux les plus difficiles comme le bêchage ou le désherbage. La récolte et le partage des fruits et légumes se déroulent de manière collégiale, dans la bonne entente.Le jardin de l’ARES dispose également d’un site de compostage urbain collectif géré par l’association CompoStra. Pour pouvoir en bénéficier, il suffit de te rendre sur place pendant la permanence et d’adhérer à l’association en payant une cotisation annuelle de 5€. 

>> Jardin de l’ARES : 10 rue d’Ankara / Plus d’infos

Le jardin de la Grossau : la convivialité avant tout !

Créé en 2014 par le collectif des riverains de la célèbre rue du Ruisseau Bleu, le jardin de la Grossau s’est construit sur un ancien terrain vague non loin du Monoprix au Neudorf. Composée d’une cinquantaine de membres, l’association est gérée par un comité tiré au sort chaque année. On y trouve des parcelles collectives et individuelles dans lesquelles les jardiniers sont autonomes.

La particularité du jardin de la Grossau, c’est qu’on peut y adhérer, même sans jardiner. Maryline a choisi cette formule pour le côté festif et social et ainsi pouvoir participer aux événements. Comme les autres membres non jardiniers, elle peut disposer des espaces communs ou profiter du barbecue et des jeux de plein air.Chaque année, le collectif propose de nombreuses animations comme une chasse aux œufs de Pâques, une Garden Reggae Party ou une fête de la musique, pour renforcer la bonne entente entre voisins.

>> Jardin de la Grossau : 18 rue Baldner / Plus d’info

Lombric Hardi : le jardin sauvage

Situé dans le quartier du Neudorf, entre la place du Schluthfeld et la place de l’Étoile, ce grand jardin d’environ 1500 m2 a des allures de mini forêt. Ses parcelles individuelles et collectives toutes biscornues, ainsi que la diversité de ses cultures lui donnent un côté plus spontané et vivant, à l’image de la nature.Ouvert à tous, on peut pousser le portail et disposer des espaces communs dans ce havre de verdure en ville, se reposer à l’ombre du grand sapin centenaire, ou disposer des bacs de compost moyennant une adhésion à prix libre. 

Il règne au Lombric Hardi une forte émulation autour du développement durable et de la biodiversité. Le jardin rassemble environ 80 membres qui partagent des valeurs communes, et qui sont engagés par ailleurs dans de nombreuses associations locales.  « Je l’ai découvert en passant devant ! » Comme beaucoup, Célia ne savait pas jardiner avant de rejoindre le Lombric Hardi. Elle a pu bénéficier d’une parcelle individuelle et expérimenter ses propres modes de culture. Elle voit le jardinage comme une pratique dans laquelle elle lâche ses pensées pour se concentrer sur une activité utile et concrète. Elle n’a pas vocation à être autonome dans son alimentation, en tout cas pas tout de suite. Elle apprend ici en expérimentant par elle-même, et avec les conseils des autres membres de l’asso pour être capable de cultiver un jour son propre jardin.

>> Lombric Hardi : 1 allée du Schluthfeld // Plus d’info

Moi aussi je veux jardiner à Strasbourg ! Comment ça marche ?

Que tu sois jardinier aguerri ou novice, si toi aussi tu veux jardiner à Strasbourg ou même créer ton propre jardin partagé, il suffit de te rendre sur le site strasbourgcapousse.eu. Tu pourras trouver le jardin le plus proche de chez-toi, en utilisant les filtres de la carte interactive. Toutes les infos sur les différentes asso qui gèrent les jardins y sont répertoriées. Il te faudra ensuite prendre contact directement avec celle que tu as choisi pour connaître les conditions d’adhésion.

La déferlante verte aux dernières élections municipales montre bien que l’écologie fait maintenant partie des préoccupations majeures des citoyens. Les jardins partagés, c’est branché, mais pas seulement ! Ils permettent de manger bio et local, de favoriser les espaces verts en ville, mais aussi de rencontrer les gens de son quartier et d’apprendre à leur contact une activité noble et sereine. Plus besoin d’aller manger tous les dimanches chez les parents pour avoir le droit de repartir avec mon panier de légumes, désormais je compte bien les récolter moi-même !

© Cyril Bécard

>Caroline Henrion

Ça pourrait vous intéresser

+ d'articles "Strasbourg"

À la une

Jardins partagés de Strasbourg : ces terrains qui nous font voir la vi(ll)e en vert

Aucun commentaire pour l'instant!

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Répondre

En réponse à :

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Illustrations prolonger la lecture

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

Tous les articles “Strasbourg”
Contactez-nous

Contactez-nous

C’est par ici !