Depuis le début de la semaine dernière, ce sont près de 100 000 membres des forces de l’ordre qui ont été déployés sur tout le territoire français. Les agents s’appliquent à faire respecter les mesures de confinement annoncées par le gouvernement et contrôlent les personnes qui circulent dans les rues. Sur la zone police du Bas-Rhin, près de 1587 amendes ont été dressées depuis le début du confinement. Et près de soixante patrouilles sont mobilisées 24h/24 tous les jours.

À Strasbourg, les forces de police ont d’abord basé leur intervention sur la sensibilisation et la pédagogie. La cheffe de l’État Major Sandra Friedrich, précise que cela s’est relativement bien passé : Il y a eu très peu de commerces ouverts dès le lundi. Une compréhension qui n’a pas trop posé de difficulté.

Et depuis le jeudi 19 mars, les agents sont passé de la sensibilisation à la verbalisation : On a un peu durci le ton, tout en expliquant notre démarche. Actuellement, on procède à des contrôles tous les jours, H24, sur l’ensemble des 7 communes de Strasbourg.” (La zone Police de Strasbourg couvre 7 communes parmi lesquelles Strasbourg, Schiltigheim, Bischheim, Hœnheim, Ostwald, Lingolsheim, Illkirch-Graffenstaden.) Ce sont près de soixante patrouilles qui sont mobilisées et dédiées aux contrôles de personnes (sur la route ou bien à pied) et des commerces, hormis ceux dont l’ouverture est autorisée par le gouvernement.


Les Strasbourgeois.ses plutôt bons élèves

Depuis le jeudi dernier, en tout, 1587 amendes ont été dressées sur la zone police du Bas-Rhin. Soit parce que les personnes n’avaient pas de formulaire sur elles, soit parce qu’elles ne respectent pas les règles. Mais “Globalement, les Strasbourgeois sont disciplinés. Il n’y a pas trop de tensions. Il y a eu quelques petites incompréhensions notamment quand il a fait très beau la semaine dernière. Les gens avaient envie d’être dehors.explique Sandra Friedrich. Par ailleurs les personnels hospitaliers, ou bien les transporteurs ne sont, bien sûr, pas verbalisés.

Grâce à la surveillance vidéo qui est accessible à leur demande, les policiers du Bas-Rhin s’appuient également les écrans des caméras qui sont installées à Strasbourg. Visionnées plusieurs fois par jour, ces images permettent de repérer les attroupements et d’orienter les patrouilles si besoin. Mais encore une fois, la cheffe de l’État Major assure que les règles sont majoritairement respectées : Il n’y a pas grand monde dans les rues. Même la nuit, il n’y a que très peu de personnes. Et puis dès qu’on constate ou qu’on nous signale quelque chose, on envoie une patrouille directement.

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Ces derniers jours, plusieurs médias ont signalé la verbalisation de SDF notamment à Paris, Lyon ou encore Bayonne. Une information largement démentie par les préfectures en question. La position de la police du Bas-Rhin est claire à ce sujet : les sans-abris qui ne peuvent évidemment pas respecter ces mesures de confinement ne sont pas verbalisés :On sensibilise sur le fait de ne pas se regrouper, de ne pas être à dix sur la place Kléber par exemple, mais la plupart de ces personnes sont sans ressources, on ne va pas s’amuser à les verbaliser. S’il y a de l’outrage, c’est autre chose, mais on sensibilise surtout.


Le numéro d’urgence 17 s’ajuste aux besoins des Strasbourgeois

Les autorités ont notamment reçu un grand nombre de signalements via le 17. C’est plus du double d’appel si on compare au même jour de la semaine précédente. Il s’agit de dénonciations pour prévenir les policiers du non-respect des mesures de confinement : Les gens ne comprennent pas que certains prennent les mesures par-dessus la jambe alors que eux, respectent les règles. Et dès qu’il y a une dénonciation, c’est pris en compte et on envoie une patrouille.

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Pour beaucoup, le 17 est aussi l’occasion d’obtenir des informations précises selon sa situation et des réponses à ses questions. Un besoin d’information, qui a rapidement été pris en compte par les agents de police : “Notre mot d’ordre, c’est de répondre à tous les appels sur le 17. On renseigne ceux qui en ont besoin.Malgré ce changement d’utilisation du numéro, Sandra Friedrich affirme que ces appels ne perturberont pas la prise en compte des urgences, car depuis une semaine : On a beaucoup, beaucoup moins de délinquance, donc moins d’appels d’urgence. 95% des appels sont dédiés aux mesures de confinement, donc on s’est réorientés vers une nouvelle prise en charge de ces appels et les policiers ont été formés.


Les attestations sur mobiles ne sont pas acceptées

Attention, malgré de nombreuses publications sur certains médias et les réseaux sociaux, la cheffe de l’État Major confirme que les attestations sur mobiles ne sont pas acceptées. Et pour cause, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, affirmait la semaine dernière que les supports papier sont plus protecteurs. À la fois pour les données, mais aussi pour la santé de ceux qui les manipulent. Mais ils ont aussi l’avantage d’être plus contraignants. La CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) met aussi en garde les internautes et conseille d’éviter les sites qui proposent de pré-remplir son formulaire. De nombreux sites non-officiels cherchent à collecter les données personnelles de ceux qui utilisent ces attestations.


De nouvelles mesures, plus strictes, à respecter

La cellule de crise de la Ville de Strasbourg a annoncé ce lundi plusieurs nouvelles mesures, dont la limitation de l’usage des bus et trams aux déplacement professionnels et à des raisons de santé ou familiales impérieuses. Si le contrôle des titres de transport est lui suspendus, des contrôles de police des usagers sont possibles.

[ Cellule de crise de la ville #Strasbourg #COVID19 à J+7 ] Nouveau point quotidien de décisions après 1…

Gepostet von Alain Fontanel am Dienstag, 24. März 2020


Selon le durcissement des mesures annoncé ce lundi 23 mars, par le Premier ministre Edouard Philippe, chacun doit maintenant préciser l’horaire de son déplacement sur son attestation. Une nouvelle fois, c’est d’abord une démarche de sensibilisation que les forces de police strasbourgeoises mènent en informant les personnes contrôlées de cette nouvelle obligation, avant de passer à la verbalisation. La nouvelle attestation comprenant ce critère être déjà disponible sur le site du gouvernement. Selon Sandra Friedrich : “Il faut faire preuve de discernement. Le but, ce n’est pas le plaisir de verbaliser, mais bien de faire respecter le confinement. Il faut réussir à faire comprendre que si on ne veut pas rester confinés trop longtemps, il fait respecter les règles.

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