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Marie Walter, la brodeuse Strasbourgeoise qui nous envoie dans le cosmos

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« Lorsque mes mains brodent cela me permet de penser librement »

Quand j’ai rencontré Marie, j’ai tout de suite compris que j’avais à faire à quelqu’un de singulier. Elle portait une broderie aux tons roses ressemblant à un papillon inversé au col de sa chemise. Elle m’a expliqué qu’on lui avait enlevé sa tyroïde pour des raisons de santé et qu’elle avait décidé de s’en recréer une neuve. J’ai tout de suite su que j’allais adorer son univers complètement perché.

Marie c’est un petit bout de femme pétillante et autodidacte qui touche à tout : la peinture, le dessin et les arts visuels mais elle est principalement connue à Strasbourg pour ses qualités de scénographe qu’elle a mis au service d’associations techno de la ville. Strasbourg a toujours été pour elle une évidence ; elle s’y sent bien, elle y évolue. Les formes, les couleurs et les personnalités qu’elle y croise l’inspirent. Cette ville c’est son terrain de jeu et son refuge ; elle me raconte comment, à une époque, elle aimait sortir la nuit pour faire de longues promenades et explorer les rues sous un aspect différent. Strasbourg sous les étoiles, comme si sa ville devenait un point d’observation pour déambuler dans les autres systèmes solaires, le nez tourné vers le ciel.

L’espace l’a toujours obsédée et c’est sans doute ce qui l’a naturellement conduit à la scénographie. Elle a débuté par quelques projets pour les Ills et a fait ses armes à la Kulture. C’est à elle qu’on doit la scéno de fou du concert d’Alkapote au Stride en novembre 2018 et le plafond de centaines de ballons multicolores qui dansaient au-dessus de nos têtes à la soirée Ordinaire du 6 septembre 2019. Dernièrement elle nous a régalés avec sa scénographie épurée au Studio Saglio dans le cadre de la soirée Ultratech Records invite Dykore.

Ultratech Records invite Dykore

Quand elle n’est pas en train de découper des kilomètres de tissus ou de coudre des centaines de petits origamis ensemble pour une scéno, elle brode. Et elle brode comme elle respire, sans cesse, machinalement, toujours un petit tambour et une aiguille en main quand elle vous parle. On éprouve un vrai plaisir à la regarder travailler, patiemment, plongée dans son monde acidulé et très pop. Elle se pose des questions sur l’espace, les galaxies, les étoiles et comme elle ne trouve pas toutes les réponses pour la satisfaire, elle a créé son propre microcosme peuplé d’aliens, de tentacules, de troisième oeils qui flânent et se rencontrent au gré des déplacements de leurs porteurs. J’aime l’idée que toutes les petites planètes rocailleuses multicolores qu’elle a fait naître recréent les mouvements de l’univers en se croisant, accrochées à des vestes et des sacs.

Je suis monté à bord de son vaisseau spatial et je me suis laissé guidé par la douceur avec laquelle elle parle de son travail, ses grands yeux rieurs souvent dans le vague.

Pourquoi et comment as-tu commencé la broderie ?

J’ai appris la broderie en autodidacte pour porter des messages qui m’inspirent. Je me suis très vite rendue compte que sa pratique est toute une philosophie : « patience et persévérance ». J’aime ce travail de minutie qui me pousse à perfectionner de jour en jour ma technique. La broderie est aussi pour moi une forme de méditation. Lorsque mes mains brodent cela me permet de penser librement.

Parle-moi un peu de ton univers. Quelles sont tes influences, tes sources d’inspirations ?

Mon univers est nourrit par l’ésotérisme, l’espace, les cultures ancestrales, le monde des rêves et la science-fiction. J’aime interpréter et reproduire des symboles ou des concepts. Le cosmos est une source d’inspiration intarissable. Si je décide de créer des planètes, elles peuvent avoir tous types de propriétés, de couleurs, de végétations ou d’habitants.

Pourquoi ce troisième œil qui apparaît de manière récurrente dans ton travail et qui semble s’y ancrer de plus en plus ? A-t-il une symbolique particulière pour toi ?

Le troisième œil est le symbole qui a le plus de sens pour moi, c’est une quête personnelle de sagesse, la volonté d’apprendre à se connaître en étant à l’écoute de son instinct et de ses rêves pour évoluer. C’est aussi une invitation à regarder le monde qui nous entoure différemment. L’œil, effigie de l’observation et de la connaissance, me fascine.
Ma première broderie était un troisième œil et cette idée a évolué avec le temps. Je l’ai ensuite abordé avec un portrait d’alien sans visage afin de garder son caractère universel. À présent je vais à l’essentiel, il se suffit à lui-même. Il est à l’origine de mon travail et n’a de cesse d’évoluer.

Tu as choisi d’orner tes planètes de petites pierres comme l’agate, le corail, le quartz et j’en passe… Selon les croyances, elles seraient toutes chargées d’énergies protectrices différentes. Pourquoi ce choix original ? Est-ce l’idée de faire de chacune de tes petites planètes une protection magique pour son porteur ?

Mes planètes sont ornées de pierres naturelles pour évoquer l’essence même de leur existence. Vulgairement une planète est un gros rocher en suspension dans l’espace. De plus, ces pierres ont de nombreuses vertus qui leurs sont propre en lithothérapie, un domaine lié aux chakras et intrinsèquement à celui du troisième œil. Selon les qualités des cristaux, le bijou devient un grigri protecteur, un allié pour s’exprimer plus librement ou encore une touche de douceur portée au cœur de son porteur.

Marie met un peu d’elle dans chacune de ses broderies, c’est sûrement ce qui les rend si poétiques. Avant de commencer son ouvrage, elle prend le temps de parler avec ses clients et essaie de décoder ce qu’ils aiment et les petites histoires qu’il y a derrière chaque commande : une molaire réalisée pour qu’une dentiste puisse mettre une petite touche joyeuse sur sa blouse blanche, des petits Moodbots pour afficher son humeur ou encore un petit patch arborant la marque d’un jeune entrepreneur local qui souhaite se démarquer.

Et en plus, elle m’a glissé en exclusivité qu’elle a envie de se tourner doucement vers une création responsable en utilisant des fils issus de cotons bios et équitables. Marie brode tout un petit monde mais un monde qu’elle veut juste meilleur.

Pour découvrir son travail, ça se passe sur son compte Instagram !

Charlie Picci-Claude /
Les photos : Copyright Marie Walter

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Commentaires (2)

  1. En charge de la promotion des métiers d’art et de création au sein de la Région Grand Est je recherche un moyen (tél, mail) pour joindre Marie Walter dont le travail en broderie est tout à fait intéressant
    Cordialement
    Christophe de LAVENNE
    Référent Métiers d’Art Région Grand Est
    DCC – ESS, Artisanat, Création Reprise
    – 10, rue Mazagran – 54000 NANCY
    +33 (0)3. 87.54.32.68 / +33 (0)6.76.35.16.81
    [email protected]

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