Du mardi 19 mars au vendredi 5 avril, la scène de danse Pôle-Sud organise, avec le soutien de quatre lieux culturels strasbourgeois, son festival annuel Extradanse (le nom du festival trentenaire Nouvelles depuis 2015). Pendant une quinzaine de jours, onze représentations, suivies de rencontres, de débats et d’ateliers, invitent les strasbourgeois à découvrir autant de jeunes chorégraphes auxquels cette cinquième édition est consacrée. Pouvoir, économie et conditions de vie, virilité, rapport au corps et à l’autre et même vie en ligne et marketing de l’attention… La programmation, éminemment actuelle, est accessible à tous, nouveaux spectateurs compris ! L’occasion toute trouvée pour découvrir un art et une salle engagés.

« La danse à deux pas de chez vous » : telle est la devise de Pôle-Sud, le centre chorégraphique qui amène les spectacles de danse, soit-elle contemporaine, urbaine, africaine ou jazz, aux pieds des immeubles de la Meinau. Depuis trente ans, le lieu, situé à dix minutes à pied de l’arrêt de tram Émile Mathis, anime ce quartier sud strasbourgeois, en soutenant la diffusion et la création de pièces de même qu’en encourageant les pratiques amateures. Car ici, la danse est envisagée comme un outil d’émancipation, et le goût de la liberté se partage… Et quoi de mieux, pour ce faire, que le cadre convivial d’un festival ?

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Depuis 1990 Pôle-Sud organise le festival Nouvelles, « un panorama de la danse contemporaine à un instant T » dixit la directrice artistique Joëlle Smadja ; le festival Extradanse en est l’héritier à la temporalité « moins ramassée » : « Pendant vingt-cinq ans, on a proposé cet événement très intense, qui était foisonnant mais laissait peu de temps aux artistes pour s’installer – et au public pour l’apprécier. On ne voulait plus faire courir le public. Depuis 2015, les spectacles sont joués deux fois, et répondent à un thème. On a essayé de construire une espèce de parcours, de chemin pour faire un petit voyage à l’intérieur du sujet choisi. »

Après les pays d’Afrique et du Moyen-Orient l’année dernière, le festival s’intéresse cette année aux nouveaux chorégraphes européens – la plupart, invités pour la première fois à Strasbourg. Originaires du Portugal, d’Espagne, d’Italie, de Suisse, de Belgique, mais encore des Pays-Bas, chacun d’entre eux développe de nouvelles manières d’être sur scène, et expérimente des modes d’écriture originaux. Une nouvelle garde unie dans la diversité, qu’avait à cœur de représenter Joëlle Smadja : « Ce qui est intéressant cette année, c’est de bien identifier que lorsqu’on dit le mot danse, ça prend des directions extrêmement variées. »

« On ne peut pas dire que la danse contemporaine est une seule chose, ces jeunes chorégraphes empruntent beaucoup à d’autres disciplines, tout est mélangé. Cette 5e édition est une façon de mettre encore plus cette réalité sur les plateaux. »

« Singulière beauté que la danse urbaine selon Marco da Silva Ferreira avec son côté tribal et ses accents grotesques. Sonorités dites primitives et musique électro, voici BROTHER. »

Économie du spectacle vivant et conditions de vie des danseurs, post-capitalisme et dissolution de l’attention mais encore virilité et transmédialité, la programmation de l’année rassemble tous les grands enjeux de société qui ont fait l’actualité ces derniers mois, voire ces derniers jours… Un ancrage inévitable selon la directrice artistique : « Même si je n’avais pas voulu la dimension du politique je l’aurais eu, parce que c’est sur les plateaux, ce sont les sujets dont s’empare cette génération de chorégraphes européens. Les plus âgés parmi les programmés ont quarante ans ! » Un questionnement actuel, humain, qui saura dépasser la possible barrière de la danse.

De mardi prochain au vendredi 5 avril, ce sont onze représentations qui seront données à Pôle-Sud, mais aussi au Point d’eau à Ostwald, au théâtre de Hautepierre – jadis utilisé par le Maillon, et au TJP, accompagnées de quatre rencontres, deux masterclasses et deux workshops. Malgré ces dernières appellations, tous les événements s’adressent au grand public. « On ne va pas faire des danseurs en deux heures. L’idée c’est de rencontrer des artistes d’une autre manière, par le corps du travail artistique. Ça s’adresse à ceux qui veulent aller plus loin que ce qui est vu en plateau. » Des formules tarifaires ont été imaginées, pour des prix entre 6 et 21€.

« Faire dialoguer les danses et musiques du Maroc qui ont bercé son enfance avec le vocabulaire hip-hop et sa propre écriture, tel est l’enjeu que s’est donné Fouad Boussouf pour créer NÄSS. »

Pour découvrir la danse ou élargir ses connaissances, on donne sa chance au festival Extradanse, « moment de culture où l’on va pouvoir confronter, échanger, partager, étudier, mettre ensemble après un spectacle » ou autour d’un repas fourni par l’un des foodtrucks qui accompagneront la manifestation. Car « quand on dit festival, il faut dire convivialité », une valeur qui anime Pôle-Sud depuis trente ans.

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Festival Extradanse
Du mardi 19 mars au 4 avril à Pôle-Sud,
Mais aussi au Point d’eau, au Théâtre de Hautepierre et au TJP
Programme complet et grille tarifaire à consulter ici

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