On a pas mal de punks à Strasbourg. Et souvent, en évoquant le mouvement punk, le grand public peut s’imaginer d’alcooliques militants d’extrême gauche, jmenfoutistes irrévérencieux qui font du bruit dans des salles autogérées. Déjà, ils vous emmerdent Si ce cliché grossier doit disparaître de vos esprits, il est indéniable que des tendances autodestructrices et d’abus de substances ont fait partie de l’émergence du punk des années 80. Aux USA, l’alcool étant interdit pour les personnes en dessous de 21 ans, on affublait les mineurs voulant assister aux concerts d’une croix « X » noire pour leur proscrire un service au bar. Symbolique importante puisqu’en opposition à l’autodestruction spécifique du mouvement, des groupes de musique se revendiquant « Straight-Edge » sortent du tourbillon de nihilisme de l’époque et reprennent cette croix comme symbole d’une branche du punk qu’ils développent.

Être Straight Edge (dites sXe ou SxE ou XXX ou X) c’est quoi ? Dans le milieu punk hardcore, ça veut dire être clean et le revendiquer. Pas d’alcool ou de quelqu’autre drogue pour pouvoir mener à bien sa « lutte sociale » et sa vie sereinement en se libérant (ou en évitant) de l’emprise des addictions. Rassurez-vous, les concerts des groupes sXe sont tout aussi violents que les concerts de punk classique, sauf que ça ne vient pas des stupéfiants, mais uniquement d’une joyeuse volonté de se foutre sur la tronche entre adultes consentants.

Punk is dead ? Pas si sûr, et pareil pour les Straight Edge

Depuis les années 80, le mouvement punk a bien évolué. Les Straights Edge aussi. A la sobriété, on peut rajouter aujourd’hui anti-spécisme (et de fait, veganisme), l’abandon des relations sexuelles sans sentiments, ou encore l’abandon de toute substance altérant de manière conséquente l’organisme, allant de la caféine jusqu’aux opioïdes médicaux (actuellement au cœur d’une véritable épidémie aux USA). Strasbourg est repaire de troublions punks avec une belle scène musicale du genre (merci le CAJ Molodoï, les studios Kawati etc). La ville héberge donc forcément quelques Straight Edge. On a pu discuter avec quelques-uns pour savoir ce ça signifiait pour eux en 2019.

Françis (nb: nom changé)

27 ans, ancien Straight Edge strasbourgeois entre ses 20 et 25 ans.

J’ai joué dans plusieurs groupes dans la scène punkrock et punk hardcore sur Strasbourg. C’est à travers eux que je suis devenu Straight Edge de 2011 à 2016.

Je fumais et je buvais étant ado. Ça m’a saoulé. Je n’aimais pas me mettre minable en fait. Plein de potes allaient de plus en plus loin. Du coup, j’ai arrêté. De fil en aiguille, rentrant dans le milieu punk hardcore, on m’a demandé si j’étais Straight Edge. Je ne savais pas ce que ça voulait dire. Évoluant dans la scène, j’ai compris que je l’étais sans le savoir. A partir de là, j’ai découvert des groupes et la culture derrière.

Au départ, ça me faisait chier de me mettre une étiquette sur la tête, surtout pour une démarche aussi personnelle. On se le disait entre potes pour déconner en mode « ah ouais t’es straight-edge toi ». Aux US, il y avait un côté hyper viriliste des mecs qui le clamaient haut et fort avec les grosses vestes flockées Straight-Edge et tout le délire.

En rencontrant des gens sXe en Allemagne et dans le circuit punk hardcore qu’on jugeait beaucoup plus crédibles politiquement, on commençait à se dire que ce n’était peut-être pas aussi stupide que ça de se revendiquer Straight Edge.

Pour mes potes et moi, c’était essentiellement lié à la scène punk-hardcore qu’on écoutait beaucoup. La musique et la démarche, ça allait de pair. Et c’est quelque chose de très politique comme démarche. Pour agir et penser, il ne fallait pas que l’esprit et le corps soient obstrués par des drogues etc. Beaucoup de mouvements sociaux ont été brisés à cause de ça. Etre Straight-Edge permettait d’être le plus lucide possible et totalement maître de ses actes et de ses pensées. Etre au maximum de ses capacités au lieu de se pointer en manif’ bière à la main.

Il y a un bouquin, « Sober Living for the Revolution » (Une vie sobre pour la révolution), qui décrit comment la démarche Straight Edge peut être mise au service des idéaux politiques. L’idée pour nous, ce n’était pas un délire « healthy », pour la santé, pour être en meilleure forme que les autres etc. Il y a une part de la démarche contre l’autodestruction bien sûr, mais ce n’était pas central. C’est plus une question de responsabilité individuelle, d’être maître de ses mots, ses actes, ses pensées etc, mêlé à la scène punk hardcore et le militantisme. Et puis… si je suis défoncé toute la journée, je ne peux pas écrire de fanzine, je ne peux pas organiser de concert etc.

Je suis végétarien depuis 5 ans aussi. Je ne le mets pas sur le même plan. 

 Refuser une bière ou un verre de crémant, ce n’est pas anodin, ça veut dire quelque chose. Il faut souvent s’expliquer. Ça devient plus problématique quand on sort des cercles habituels. Surtout que l’alcool est vraiment partout, ça créé du lien social, quoi qu’on en pense.

Je buvais des Kronenbourg alors que j’ai toujours trouvé ça ignoble. Mais tout le monde en boit quand t’as 16 ans. Ce côté pression social est d’autant plus important à la campagne d’où je viens. La culture de l’alcool est hyper présente. En ville, tu dis que t’es Straight Edge dans un concert de punk hardcore tout le monde sait ce que ça veut dire et on vient pas t’embêter.

C’est un mode de vie ultra-politisé et moi je suis venu pour ça. Etre Straight-Edge m’a apporté une connaissance plus pointue du milieu punk, de la culture DoItYourself… J’ai lu, je me suis documenté… Ça prenait une grande place dans mon parcours.

Quand tu déclares être SxE aux autres, souvent ça les met en face de quelque chose qu’ils n’aiment pas trop. Direct, on me met dans une position moralisatrice. C’est la même pour le végétarisme/véganisme. Quelqu’un qui mange de la viande risque de se braquer en apprenant que tu es vegan, même si tu ne lui as rien demandé ! Ça les met en contradiction ou je ne sais pas…  Je n’avais plus envie de ça. Je ne voulais pas défendre en permanence quelque chose que j’estime éminemment personnel quoi.

Je suis sorti du sXe en écoutant beaucoup moins de punk hardcore. Aujourd’hui je rebois un peu, mais pour le goût et pas excessivement. A la fin, ça me saoulait de me dire Straight Edge, parce que j’avais l’impression de défendre une idéologie que je n’avais pas envie de propager.

Quand RATM reprend un classique du Straight Edge

Clément (nb nom changé)

strasbourgeois, animateur pour la Ville, vegan et SxE depuis 4 ans

Je faisais pas mal de soirées, avec une consommation d’alcool dans la norme disons. J’ai entamé une réflexion sur « pourquoi je suis en train de boire ? » au vu de mes potes qui m’invitent à le faire de manière systématique. A partir de là,  je me suis beaucoup renseigné sur la « culture de l’intoxication » et sur ce que représente le fait de boire de l’alcool en société, indépendamment du mouvement Straight-Edge. Certains théorisent même l’impact de l’import d’alcool sur les peuples colonisés ! L’alcool favorise vachement les oppressions systémiques en fait.

En tant que vegan je faisais déjà attention aux boissons que je prenais avant. Pas mal de boissons utilisent des éléments animaux dans leur processus de fabrication (colle de poisson pour la bière par exemple).

Tout ça mis bout à bout, en fouillant, je suis retombé sur ce mouvement Straight-Edge. Mouvement que je connaissais via une connaissance SxE qui faisait du Grindcore au lycée, il m’avait déjà fait écouter des trucs comme Good Clean Fun. A Strasbourg, il y a Punkroutine qui fait aussi des trucs sympa, quelques membres sont Straight Edge il me semble.

Ma réflexion politique sXe elle s’est cristallisée lors d’une discussion de soirée avec un type sous acide. Un peu pompette, je lui disais que j’allais arrêter l’alcool, sauf que contrairement à d’autres… et bien je m’y suis tenu, du jour au lendemain ou presque. J’ai arrêté de fumer en même temps, je ne prenais pas de drogue. Etant vegan, je savais déjà comment arrêter un produit socialement obligatoire (la viande en l’occurrence). Je fais du sport aussi maintenant, mais ce n’est pas la culture SxE qui m’y a amené ; plus par la culture antifaciste…

Pour moi la question individuelle est bien moins importante que la collective dans ma démarche.  Par exemple, je pense que c’est important d’avoir des événements sans présence d’alcool, où il y a une réflexion aussi autour des produits consommés et des agissements qui peuvent s’en suivre. On y pense et on essaye de l’appliquer dans nos événements.

On essaye de faire en sorte qu’il y ait: soit zéro proposition d’alcool, soit une proposition forte de softs et surtout pas au même prix que la bière quoi. Le Straight Edge doit être social et que les problématiques liées à cette démarche soit mise en avant.  C’est bien d’avoir une proposition culturelle qui n’est centrée autour de la consommation d’alcool, souvent liée à du sexisme, d’une mise en avant du virilisme…

Au début, on est un peu obligé de se revendiquer SxE ! Sinon on nous propose tout le temps de boire etc, ça devient vite relou. Les sorties changent. Il y a 7 ans, j’avais plus l’habitude des bars. Aujourd’hui, c’est plus jeu de rôle, jeu de société… Je vais toujours en concert, mais souvent, comme au Molo, c’est vraiment lourd d’être dans cet environnement de soirée où tout le monde se met une mine. Je vais voir des groupes qui m’intéressent ou des événements dans un cadre un peu plus sobre du genre Giboul’Off ou Fanfarodoï. Je vis toujours beaucoup la nuit, mais c’est clair que je sors moins par contre.

Veganisme et Straight Edge, c’est dans la même logique de regarder ses privilèges en face et de tenter de les réduire. Typiquement, je suis un mec blanc, j’ai des privilèges liés à ça, vis-à-vis de tout le monde, même des animaux. Pour l’alcool, entre un mec blanc et une nana ou une personne racisée, le rapport n’est pas du tout le même. Nous, les hommes blancs, on a le privilège de pouvoir boire et d’être tranquille. Les meufs peuvent avoir des emmerdes, les personnes racisées se font contrôler plus facilement par la police etc… bref, en tant qu’homme blanc on a moins de pression et une liberté bien plus large par rapport aux autres quand on sort et qu’on a bu quelques verres de trop.

En 4 ans de sXe, mes rapports sociaux ont bien changé et pour le mieux. J’ai plus conscience de certains aspects de ma relation aux autres. Je suis plus alerte sur ce que j’apporte, sur qui je suis vis-à-vis des autres. Ca me donne aussi plus confiance en moi. Je suis plus radical et affirmé dans mes idées qu’avant. Je me sens mieux. Facile quand tu stop la clope… mais ça ne m’a pas donné de superpouvoir non plus.

Niveau relationnel, j’ai aussi eu une réflexion sur l’intérêt d’avoir des rapports sexuels avec des personnes que je ne connais pas du tout. Quand on est alcoolisé, la notion de consentement est souvent plus floue. On peut se réveiller dans le lit d’un.e autre et se demander ce qui s’est passé la veille. Du coup, être sobre, c’est aussi se contrôler et ne pas avoir de regrets là-dessus.

Laurent, 32 ans

strasbourgeois musicien, photographe, vidéaste et surtout Straight Edge depuis ses 15 ans

Etre sXe, c’est un choix perso, une philosophie de vie, sans contrainte. Ce n’est pas une religion ou une secte, y’a pas de dogmes ou de codes imposés, t’as pas à être jugé. T’as plusieurs variantes de straight-edge bien sûr. Chacun est impliqué à son niveau. Ce qui rassemble, et qui est à l’origine du mouvement, c’est avant tout la musique.

Cette croix, c’est aussi un symbole du hardcore, les 3 « X » (xxx) sont un symbole du mouvement straight edge. C’était une déclaration : tu peux aimer de la musique violente, punk ou hardcore, sans consommer d’alcool. Et après les gens ont étendu ça à la fumette et la drogue. Plus tard, dans les 90s, l’aspect végétarisme, veganisme, s’est greffé dessus. Certains ont aussi étendu ça à l’amour en décidant d’avoir des relations sexuelles qu’avec des personnes dont elles sont amoureuses et de ne pas « enchaîner les conquêtes ».

Chaos Is @ Hell’ass photo doc remis par un membre du groupe

Quand j’avais 14 ans, j’étais dans mon premier groupe de musique. J’ai rencontré beaucoup de gens dans la culture punk/hardcore. J’ai découvert plein de groupes vraiment violents, ultra-dynamiques… et les gens étaient dans des états normaux lors des concerts. Pas drogués ou quoi, et ça me plaisait. Musicalement ça déchire. Du coup, j’ai monté un groupe dans ce style-là. En partant en tournée, tu rencontres plein de gens de cette culture, dont des straight-edges vraiment impliqués.

Dans un des plus grands festivals du genre, le Fluff fest en République-Tchèque, quand tu allais boire un verre au bar, t’avais le stand bière et le stand soft bien séparés… et personne n’était au stand bière, du jamais vu ailleurs ! La file d’attente était bien plus conséquente pour les softs ! Mais on n’est pas là pour pointer du doigt. Bois ta bière sans soucis, tant que tu ne fais pas chier quoi.

Quand j’étais ado, j’étais à fond dans le sport. Aujourd’hui encore, je fais beaucoup de volleyball. Je n’ai jamais été attiré par fumer, boire ou me droguer « pour faire comme les autres ». J’ai toujours voulu une bonne hygiène de vie, et puis je n’avais pas le temps, j’en voyais pas l’intérêt avec toutes mes activités à côté.

Même jeune adulte, on te force toujours à boire ! Encore aujourd’hui, il y a pas longtemps, j’étais dans un bar en happy hour avant d’aller au sport, tout le monde commande une bière, moi je prends un jus d’orange. Le barman me fait une réflexion complètement déplacée sur mon choix de boisson. C’est super triste. Pour se sociabiliser, t’es obligé de consommer de l’alcool ? Tu peux être ouvert d’esprit et passer une super soirée sans ! Pourquoi être obligé de se mettre dans des états seconds pour être plus social ? C’est hallucinant quand même.

La culture punk, fondation du Straight Edge

Si tu n’aimes pas la musique punk et sa culture, je ne suis pas sûr que tu puisses te déclarer straight-edge… c’est quand même la base du truc.  Je suis militant à travers ce choix d’être straight-edge, ça implique aussi une conscience écologique. Un mode de vie sain, tendre vers le veganisme… c’est écolo. Et puis je suis invité et impliqué niveau associatif, je fais des expositions là-dessus, je fais et j’assiste à des concerts dans la veine de la culture punk… Bref, je me sens acteur du mouvement. Quand j’étais plus jeune, j’avais du temps pour écrire des fanzines aussi. Le fait de faire des disques en DIY etc… tout ça ça rentre dans cet état d’esprit.

Quand on me demande si je suis sXe, je réponds, mais ce n’est pas quelque chose que je revendique ostentatoirement non plus. Les gens pensent ce qu’ils veulent, ce n’est pas ça qui changera mon état d’esprit. Il y a souvent des gens qui me disent « oh lalala moi je ne pourrais pas ». En fait. On. s’en. fou. complètement. C’est ma vie, pas la tienne.

L’élément central c’est vraiment la musique. Il y a plein de gens qui ne fument pas, ne boivent pas, ne se droguent pas… mais qui ne sont pas straight-edge quoi, ils ne font pas partie de la culture punk. Perso j’ai grandi dedans, je me la suis approprié, c’est la mienne, mes valeurs, mon inspiration, une grande part de moi.

La musique, ce vecteur de catharsis

Ce qui m’a toujours rendu ouf, c’est de voir des concerts ultraviolents comme ça, mais avec des artistes et un public complètement sobre. Quand tu joues les premières notes de ton morceau sur scène, ça a tellement d’énergie, de folie… t’as plus de limites dans ta tête, tu te lâches complètement dans un état de transe, mais c’est quelque chose de maitrisé. A travers la musique, pendant 30 minutes, je peux me donner à fond et à ne penser à rien d’autre que de me défouler complètement. C’est à ce moment-là que tu dégages la part de violence en toi, et ça redescend après le concert. Sans alcool etc, j’arrive à sortir cette part de violence quand je le décide. La scène m’a permis d’évoluer personnellement et d’avoir beaucoup plus confiance en moi. Les voyages et les concerts m’ont vraiment libéré.  C’est comme le sport, c’est aussi cathartique. Quand tu fais un match vraiment important, t’as la rage de vaincre. Ça libère plein de trucs.

Forcément t’as pas mal de SxE tatoués, avec la philosophie engagée de la musique punk, très anticapitaliste, DIY, antifasciste, contre la finance etc… A l’époque, je portais quelques T-shirts SxE aussi… Mais bon, c’était quand j’avais 16 ans, aujourd’hui je ne sens pas le besoin de l’afficher au monde entier. C’est mes convictions et elles passent par la musique, c’est personnel et fort. Je traine ça depuis mes 15 ans ! Là on va relancer un groupe Chaos Is avec les anciens potes straight edge, rien n’a changé.

Pierre (nb : nom changé)

22 ans, étudiant et straight edge depuis juin 2016

J’ai eu des expériences reloues avec l’alcool. Je suis militant à gauche dans les luttes sociales. Pour moi, c’est important d’avoir des présences sobres dans les milieux militants. En manif, c’est quand même mieux avec un maximum de gens sobres… Il faut avoir l’esprit clair pour gérer tout le temps. Après, je ne l’exige pas de tout le monde. Par contre, personnellement, je veux pouvoir être réactif s’il se passe quelque chose d’important. D’un point de vue individuel, je me porte mieux depuis que je suis straight edge : plus de gueule de bois, je ne fais plus de la merde en soirée etc

J’ai rencontré des gens qui l’étaient dans un concert de métal. Ça m’a intéressé parce que je me posais déjà des questions sur mon rapport à l’alcool. Ça m’a travaillé un temps, puis j’ai rencontré un autre groupe de gens dans le mouvement social contre la Loi Travail, dont plusieurs Straight Edge. On a tapé soirée, et puis bah sans alcool, c’est aussi marrant en fait. Voire plus, puisqu’il n’y a pas les défauts qui suivent.

Dans ce groupe d’amis, aucune pression sociale par rapport à l’alcool ou la drogue. C’était un poids en moins. C’est ce cadre qui m’a décidé et permis de passer le cap sans alcool progressivement. Individuellement, j’avais du mal à me modérer.

On était concentré sur le mouvement social. Rien que ça, ça fait que tu bois moins, à part certains moments pour décompresser parce que j’étais pas mal investi. Faire des soirées avec des gens qui ne se bourrent pas trop la gueule, ça te donne moins envie de te bourrer la gueule non plus. J’ai souvent le droit à des « ouais mais pourquoi tu ne bois pas » en soirée. Le plus souvent les gens ne s’en rendent même pas compte ou s’en foutent, surtout que je déconne autant qu’avant.

Je ne sais pas si c’est le fait d’être sXe ou le cheminement pour le devenir qui m’a permis d’être plus extraverti, mais clairement j’ai plus de confiance en moi qu’avant. Je passe encore des soirées avec des gens qui tizent ou qui se droguent et je n’ai pas de soucis. Je les charrie un peu, surtout quand les gens se mettent dans des états… Parfois ça devient dangereux pour eux ou pour autrui.

J’étais metalleux avant et maintenant je n’écoute presque que du rap. Et musicalement, le rap, c’est paaaaas troooop Straight Edge. Du punkhardcore, j’en écoute un peu, musicalement et idéologiquement ça me plaît.

Je ne suis pas « que » Straight Edge…

Je ne suis pas ostentatoire sur mes idées politiques, genre avec des T-shirts etc… Je n’ai pas envie d’être défini par mes idées politiques, j’ai une personnalité avant d’être juste militant ou straight-edge. J’ai pas SxE tatoué sur le bras quoi…  D’un point de vue social, je traine avec des gens que je trouve plus ouverts.

Je trainais beaucoup à la K’fet de Chimie il y a quelques années. Ça ne me correspondait pas du tout. Il y avait une grosse pression à la beuverie étudiante, souvent associé à beaucoup de sexisme, de blagues racistes, xénophobes… Du coup, depuis 3 ans je n’y ai pas mis les pieds. Au lycée aussi quand on fait beaucoup la fête, on ressent cette pression. Je n’ai plus trop de lien avec mes potes de l’époque. On avait en commun le fait de boire ensemble. Couper ça, ça permet aussi de voir que certaines amitiés ne menaient pas à grand-chose.

Il ne faut ni se sentir obligé de boire, ni de ne pas boire. Pour la démarche, c’est bien d’être entouré et soutenu. Bien sûr, en tant que straight edge, on ne subit pas une « oppression » ou quoi que ce soit… mais la pression sociale autour de l’alcool est bien présente et peut être chiante. D’où l’intérêt d’avoir des potes qui, à défaut de soutenir, au moins tolèrent et qui ne font pas que des vannes là-dessus ou qui t’invalides parce que tu ne bois pas…

J’ai la chance d’être tombé dans ce groupe de gens qui, même s’ils ne se disent pas straight edge, ne picole pas. Quand t’es impliqué dans le mouvement social, parfois tu ne dors pas, surtout quand tu dois/veux être à plein d’endroits en même temps. Du coup, en tant que Straight Edge, c’est cool parce que tu peux être vif s’il y a des trucs qui se passent même tôt le matin. Ça permet d’être plus alerte.

Photo de couverture: Chaos Is @ Hell’ass photo

1 commentaire

  1. « Dans un des plus grands festivals de France du genre, le Fluff fest en République-Tchèque »

    Je crois que tu peux enlever « de France » dans cette phrase ;o) ;o)

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