Potiers et verriers, même combat. À l’entrée du village de Kaysersberg, la verrerie d’art artisanale du père et maintenant du fils Giraud fait elle aussi de la résistance face aux techniques de pressage industrielles… Son pari ? Donner son savoir-faire en spectacle en ouvrant l’atelier traditionnel de ses maîtres verriers aux passants, pour sensibiliser le public au travail contemporain de ce matériau d’avenir.

Rencontre au coin du four

Dans la rue principale du village, impossible de la manquer : indiquée à grand renfort de chevalets publicitaires, la verrerie de Kaysersberg happe les passants. Et c’est tout naturellement qu’on s’engage dans la cour du corps de ferme rose orangé en direction de l’atelier des maîtres verriers. Là, derrière une rangée de poteaux de guidage qui retient les curieux loin du verre en fusion, Julienne Daniaux et Cyrille Le Menach font leur travail, le même depuis trente ans. Soufflant dans la canne, roulant dans le four. En jeans, d’une main. Tranquilles – quoique les joues rouges et les fronts brillants trahissent l’inconfort du corps, pris entre un four à cinq-cent et un four à mille-cent degrés.

Personnel flottant, le président Laurent Giraud aide l’un ou l’autre des maîtres-verriers dans leurs manipulations avant de filer mettre en place son chalet au marché de Noël. Repreneur de l’activité de son père « déjà dans le verre » après « une toute autre carrière » qu’il choisit de ne pas évoquer, le nouveau tôlier raconte une reconversion motivée par « une envie de concret » : « Travailler ce matériau noble, qui se décline sous des formes différentes, c’est respecter un savoir-faire tout en laissant libre cours à la création. Et puis, c’est un matériau d’avenir, durable et recyclable. Ça a du sens. »

Quoique libre, la création est malgré tout encadrée par la localisation de l’atelier, situé dans une vallée éminemment touristique : « On doit s’adresser à tout le monde, donc il faut faire un peu de tout. Des pièces de verrerie traditionnelles pour ceux qui les recherchent et d’autres plus contemporaines qui vont mieux se fondre dans les intérieurs modernes. » C’est d’ailleurs à ce flot de visiteurs ininterrompu ou presque que Laurent Giraud attribue la bonne conduite de son activité, qui compte cinq employés : « Je pense qu’on peut encore maintenir une verrerie artisanale oui, mais seulement dans un lieu touristique ! » À côté de l’atelier, une grande boutique – le seul point de vente de la verrerie, vient compléter la visite. De la suspension au presse-papiers, du baromètre à la lampe, l’objet fini se dévoile aussi précieux que la technique est hypnotisante…

Pour des cadeaux qui ont du sens, on pense aux créations de la verrerie de Kaysersberg ou à défaut de pouvoir en acquérir, quoique les petites pièces restent accessibles, à une visite d’atelier gratuite pour le plaisir d’observer l’hypnotisant travail du verre, savoir-faire millénaire dont la pratique artisanale se raréfie. Soyons les touristes de notre région.

Photoreportage dans l’atelier des maîtres verriers


Adresse, horaires, contact :
https://www.verrerie-kaysersberg.fr/

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