Collectifs, clubs, labels, festivals ou web-radios, la capitale européenne compte plus de personnes qui s’activent pour la musique que de gilets jaunes, et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle pour nous. Alors que les doyens du milieu, comme le collectif Subtronic, le Studio Saglio, le Rafiot ou le Molodoi continuent d’exister à travers les oreilles d’un public toujours plus hétéroclite, une flopée de petits nouveaux aux grandes ambitions vient s’imposer dans le paysage.

Afin d’y voir un peu plus clair sur ce qu’il se passe actuellement, je vous propose qu’on dessine ensemble un paysage de la scène locale active. Ensemble, par ce que tu connais certainement quelques collectifs et projets dont j’ignore l’existence, et que je te vois déjà t’exciter derrière ton clavier par ce que je n’ai pas cité le nom de tes potes qui font des teufs chamaniques dans une forêt voisine… et cette vision de toi dans la tourmente me brise le cœur. J’ai choisi de diviser cet article en trois parties : « la créativité au centre du projet », « les labels et web radios » et « les clubs ». L’article a vocation à évoluer chaque semaine jusqu’à devenir une base de donnée la plus complète possible des structures et projets actuels.

Je vous invite, vous recommande et vous encourage à compléter cet article en envoyant un message sur la page FB de « L’oiseau de nuit », balancez moi les blases de vos écuries, ce qu’elles font et qui elles sont. Je mettrai l’article à jour de manière régulière, pour vous rendre heureux, par ce que je ne vis que pour ça.

En parallèle, l’idée est de créer un article similaire pour la scène hip-hop, reggae et rock ! Un projet participatif, donc, mais aussi évolutif et pluridisciplinaire.

LA CRÉATIVITÉ AU CENTRE DU PROJET

Beaucoup ne se contentent plus de booker un artiste, d’investir un lieu et de prétendre avoir organisé une soirée. Aujourd’hui, les collectifs mettent bouchées doubles sur la scéno, développent des concepts, expérimentent et prennent des risques pour repousser sans cesse l’ouverture culturelle de leurs publics.

LE LONGEVITY FESTIVAL

Référence en matière de création, le Festival Longevity est devenu en six ans un événement incontournable pour le public alsacien. Le petit groupe de potes est devenu en une poignée d’années une véritable armée de bénévoles et la journée aux allures de pique-nique électronique est aujourd’hui un festival de trois jours qui aura déjà vu passer quelques jolis noms. Alors que ZIP, tINI ou encore Cabanne venaient battre le fer quand il était encore tiède, aux premières heures du festival, l’édition 2018 aura eu le plaisir d’accueillir Daniel Bell, Losoul ou encore Varhat, qui eux ont battu un fer bien rouge, malgré une météo bien fraiche.

Fervent défenseur du fait-maison et de l’artisanat, Longevity surprend chaque année son public par sa scénographie 100% bois et huile de coude. Du bar à la scène en passant par la creative zone ou le chill out, c’est au total une centaine de bénévoles, des collectifs d’artistes et d’architectes accompagnés de menuisiers qui s’activent sur la mise en place du site.

LA LONGEVITY MUSIC SCHOOL

Après l’action, la transmission

Il en faut plus qu’un festival pour rassasier Guillaume Azambre, fondateur de Longevity. Après avoir initié en 2017 des ateliers de musique électronique avec son compère Fred Traverso, les deux amis décident d’aller plus loin et créent la Longevity Music School.

Inaugurée le 17 février 2018 et prototypée au Shadok (structure dédiée aux arts numériques) l’école propose des formations créatives qui allient savoirs musicaux, connaissances techniques et outils technologiques. Explorer collectivement la musique d’aujourd’hui et décoder ce qu’elle sera demain, c’est ça la Longevity Music School.

MERCI BEAUCOUP

Plus petit mais tout aussi engagé, le collectif grandissant Merci Beaucoup s’impose depuis peu dans le paysage culturel strasbourgeois. Leur fer de lance ? Proposer d’allier découverte et festivités en repoussant sans cesse les frontières de la créativité.

Musiques électroniques, arts visuels et scénographie culottée, la bande d’une dizaine d’amis s’active pour décloisonner les idées reçus de ce qu’on appelle communément une « soirée techno ». New wave, rock, house, techno ou ambient, les influences sont aussi larges que le public auquel ils s’adressent. Leurs événements mêlants expositions, jeux, installations videos, performances son et lumières et DJ sets ont déjà accueillit Jennifer Cardini, Cleveland ou Asa Moto, et auront déjà fait groover les yeux et les oreilles d’un vaste public, hétéroclite au possible.

CONTRETEMPS – ELECTROGROOVE FESTIVAL

Depuis bientôt quinze ans, le festival Contretemps déferle chaque mois de juin sur la ville de Strasbourg pendant une période de dix jours. Festival éclectique au possible, l’ouverture et la diversité sont le centre de gravité du projet. Croisières festives sur l’Ill, pelouses sonores, concerts, lives, soirées… le collectif s’adresse à tous les publics et tous les portefeuilles, aux amateurs et passionnés, aux familles et aux jeunes de 7 à 77 ans, car la jeunesse, c’est dans la tête !

De la house à l’afro-beat, en passant par le nu jazz, le broken beat, le hip hop ou la  funk, Contretemps a fait le choix d’élargir son univers musical, avec le double objectif de mettre tant que possible en avant des artistes émergeants, favorisant ainsi la dynamique de la scène locale.

LES LABELS ET WEB RADIOS

Alors que certains ont fait leurs places dans l’organisation d’événements, d’autres ont choisi la structure de label pour exporter leur musique et la partager au plus grand nombre. Alors que les anciens de Travail Rythmique ne cesse de performer, de nouveaux noms apparaissent au tableau.

BANDE MAGNETIQUE

Label émergent, Bande Magnétique voit le jour en 2017. Le trio strasbourgeois composé de Johan Kopf, directeur artistique du bar/club La Kulture, et de ses deux compères Raphael Ott et Vincent Hernandez, souhaite mettre en avant des artistes locaux qui leur tiennent à coeur. Loin d’eux l’idée de se cantonner au milieu musical, ils comptent dans leur répertoire aussi bien des DJs que des plasticiens, producteurs, designers, performeurs ou graphistes. Deux tapes ont déjà vu le jour, mettant à l’oeuvre des talents régionaux, tandis qu’une troisième doit voir le jour début 2019 sous format double cassette, réunissant cette fois des artistes provenants d’au delà des frontières alsacienne.

CYMATIQUE

Etoiles montantes parmi les collectifs locaux, les six potes de Cymatique ont embrayés sérieusement en cette fin 2018, avec la sortie de leur premier vinyle. Agence de booking, label et flotte de DJs, les casquettes sont multiples, les motivations aussi. Lucas Litzler et Robin Dupont, fondateurs et compositeurs de l’association précisent les objectifs :

« Au départ, on  voulait monter un label qui défend une musique qu’on aime mais qu’on ne sentait pas représentée. Très vite, on a eu envie de plus que ça, promouvoir la musique qu’on produit, l’exporter au delà des frontières alsacienne. Il en va de même pour les artistes signés sur l’agence de booking, Motion Séquence, Najem Sword, Nmss pour ne citer qu’eux sont des DJs talentueux que l’on veut présenter au plus grand nombre ».

Leur musique ? une electro-techno puissante influencée par les 90’s qui aura déjà fait taper du pieds quelques centaines de strasbourgeois lors de différentes résidences et soirées dans les clubs de la capitale européenne.

MOTION SEQUENCE

Organisateurs de soirées, producteurs et acteurs actifs de la scène locale, E-tronik, Medicis et Voltery sont les trois pierres angulaires de ce label créé en 2016. A l’image de la musique qu’ils composent et affectionnent, leur direction artistique voit large, préconisant l’ouverture aux styles divers, tant que ça groove ! Sur chaque disque sorti, on retrouve en plus des productions de l’artiste, un remix club, composé par un membre de la Motion mafia, clairement destiné à poncer les floors.

TYPE 5.2 : un sous label dédié à l’expérimentation

Extension de Motion Séquence à laquelle s’ajoute d’autres producteurs, c’est un espèce de terrain de jeu créatif où les artistes de l’écurie peuvent se laisser aller à la prise de risques et s’essayer à des styles qui dépassent leur zone de confort. En effet, les tracks sortent en artistes cachés, on ne sait donc pas qui se cache derrière le morceau qu’on écoute. Autre particularité, les  disques sortis sous Type 5.2 sortent en exemplaires limités au nombre de cent, l’accent est donc mit sur l’exclusivité.

Si la direction artistique est entièrement drivé par les trois compères, ils travaillent de prés avec   les  strasbourgeois exilé à Paris de Yoyaku pour le pressage des disques et  s’appuient sur leur réseau de distribution. Dix artistes sont à l’heure actuelle signé sur les deux label confondus.

Soyons attentifs aussi au duo Dopetones. Les deux compères qui ont organisés de multiples soirées aux quatre coins de Strasbourg travaillent à la création d’un label broken beat pour début 2019, à suivre de prés.   

LES CLUBS

Offre aussi régulière que qualitative, si les collectifs ne sévissent pas, c’est les clubs qui prennent le relais pour sortir les strasbourgeois de chez eux. Alors que le légendaire Mudd Club va définitivement fermer ces portes au public, d’autres apparaissent et se développent.

LE KALT

Installé dans une friche industrielle en reconversion, le Kalt se revendique comme un lieu culturel indépendant dédié aux musiques électroniques. Avec une capacité de 500 personnes, un système son full Funktion-One et une direction artistique bien rodée, les quatre compères à l’initiative du projet n’ont pas à rougir de leur accomplissement. Après avoir reçu Peter Van Hoesen, Zadig et Answer code Request les strasbourgeois attendent maintenant avec impatience la venue du très doué trio Italo Johnson le 29 décembre, échauffement des chevilles avant nouvel an, à la cool.

LA KULTURE

Ce bar/club du centre ville s’est imposé en trois ans comme un repère pour les amateurs d’électro à Strasbourg. L’établissement qui a déjà accueillit Max Vaahs, Mezigue, Akufen  ou Romain Play pour ne citer qu’eux, continue sur sa lancée, arborant une programmation de plus en plus diversifié, en accueillant par exemple le collectif 1518 pour des soirées psytrance, ou la web radio ODC pour des apéro mix.

LE MOLODOI

Le Centre Autonome Jeunes qui à fait peau neuve en 2016, continue quant à lui de sévir auprès d’un public fédéré. Le lieu auto géré par les associations qui le font vivre est un repère incontournable des amateurs de drum kick et de BPM centenaires. Les collectifs HK crew, et Schlafloss sont au Molo comme à la maison, et régale chaque mois des strasbourgeois toujours plus nombreux.

A venir : L’Elastic, ODC, Le Rafiot, le Molodoï, Bi Turbo, Komos, Travail Rythmique, Gaïaphonik, Le Stride Park et d’autres encore…

3 COMMENTAIRES

  1. Pokaa, la petite bande de potes qui se lance des fleurs à coups d’articles mielleux et de ronds de jambes, et qui proclame tous ses potes comme les best places to be. Vous nous ferez toujours autant rire !

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