Salut Strasbourg, c’est encore moi.

Dis, j’aurais une question à te poser, rapport au fait qu’à chaque fois que je sors dans tes rues la nuit, je me transforme en loup-garou. Comment t’expliques que, quelle que soit la ville, quelle que soit la région, quel que soit le pays dans lequel je me trouve, je sais toujours gérer mon argent, ma sobriété et ma dignité (les trois étant évidemment liés, je vais pas te faire la leçon), alors que chez toi, tout part en vrille ? À chaque fois que j’appelle ma banque, mon conseiller me fait gentiment comprendre que ça serait pas une mauvaise idée d’envisager une tutelle. Alors merci, mais non merci. Je suis une adulte responsable et nom d’un petit bonhomme (pauvre, ivre et indigne peut-être, mais restons tout de même polis) JE SAIS ME TENIR.

En parlant de savoir se tenir, comment t’expliques que j’essaye de marier tous les types que je rencontre ? Et même quelques gonz’ (je dis gonz’ si je veux, ok ?) ? Je suis quand même censée avoir accumulé suffisamment d’expérience de vie sentimentale pour avoir intégré un minimum de codes amoureux. Et j’ai fait psycho, ça devrait aider non ? Mais alors quand je suis dans tes rues, c’en est fini pour moi. Et si ça continue comme ça, je ne donne pas cher de ma peau. À chaque regard échangé dans ton tram, dans un de tes bars bondés, dans tes restaurants, dans tes supermarchés (oui, ça arrive aussi), je perds tout self control (on part sur du débile level 34, minimum). À chaque visage aimé et aussitôt perdu dans la foule de touristes, c’est une petite part de moi qui meurt. C’est à se demander combien d’horcruxs (les vrais sauront) j’ai semés aux quatre coins de ton île.

Strasbourg © Bartosch Salmanski – www.128db.fr 296

J’en viens presque à penser que je ne te comprends plus. Peut-être mon manque d’expérience à tes côtés me porte-t-il préjudice ? Après tout ça ne fait que trois ans que je suis ici. Mais en trois ans, j’ai appris à te connaître et à me connaître à travers toi plus que je ne l’avais encore jamais fait ailleurs. Et si je ne saisis pas encore tout à fait la portée de ton pouvoir, je sais que t’as quelque chose de tennessee mystique. Et j’ai bien l’intention de me pencher un peu plus sur la question.

C’est donc avec ces quelques mots que débute ta biographie. Je laisse ton Histoire aux spécialistes, chacun son domaine d’expertise. Moi mon dada, c’est les gens. Quel meilleur moyen pour te comprendre que de comprendre les personnes qui ont grandi avec toi, les personnes qui t’ont choisie, voire les personnes qui t’ont quittée ? Les strasbourgeois font Strasbourg autant que Strasbourg fait les strasbourgeois. Telle un roi Arthur des temps modernes, et qui aurait mangé un peu trop de bibeleskäs aujourd’hui (eh oui, à Strasbourg aussi il y a des gens en SPM), je pars en quête de ton grand Mystère. SPOILER : il n’y a pas de Mystère, le Graal c’est VOUS, Strasbourgeois d’aujourd’hui, d’hier et de demain.

C’est vos expériences, vos récits, vos joies, vos peines, vos espoirs, vos vies qui donnent son âme à cette ville. Je vous invite donc, mes chers concitoyens, à me faire part de vos histoires incroyables ou banales, qui vous ont marqués ou qui constituent votre quotidien, et qui donnent à cette ville toute sa force. Parce qu’en vous écoutant, certains se reconnaîtront, certains trouveront leur inspiration, certains puiseront de l’espoir, parce que c’est par vos mots que Strasbourg s’exprimera, et parce qu’on a gagné la coupe du monde (Kylian jtm), partager nos expériences ne fera qu’amplifier la puissance magique de cette ville.

Alors, hop hop hop un petit mail à l’adresse [email protected] dans lequel vous me racontez votre histoire, et je partagerai ça à tous les Pokistos. Toutes les anecdotes sont bonnes à prendre, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise histoire strasbourgeoise.

Il paraît que l’amour dure trois ans, mais je vais te dire une chose Strasbourg, ça se voit que celui qui a écrit cette phrase n’a jamais vécu ici.


>> JULIE CAVALHERO <<

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