Synapson, à la base c’est Paul et Alexandre. Ces deux-là se sont rencontrés alors qu’ils n’avaient que huit ans, et c’est étrange à dire mais ça se ressent. Il émane d’eux une sorte de confiance absolue en l’un et en l’autre, un lien indéfectible. Je les rencontre dans les loges de la Laiterie, avant leur concert du soir. Ils sont drôles, simples, naturels et sympas. Je ne sais pas comment l’exprimer mais ils ont quelque chose de spécial et qui va se confirmer lors du concert : Synapson, ce n’est pas un groupe de musique, c’est une famille.

Je ne connaissais Synapson que très vaguement, surtout grâce à quelques tubes de leur album « Convergence », c’était donc une découverte. Et quelle claque ! Lorsque Synapson font un concert, ils ne viennent pas seuls, c’est limite si l’orchestre philharmonique  ne débarque pas avec. Mélange de rap, de jazz, de pop, de house, mais aussi une reprise qui nous a bien fait kiffer, du wolof avec Lass qui a une capacité incroyable à t’enflammer une salle. On en a prit plein la vue. C’était comme un gros bœuf entre potes : on sent que ça vibre sur la scène et leur amour de la musique, leur bonheur d’être ensemble, nous contamine tous.

Pourquoi avoir appelé votre album Super 8 ?

Alexandre: Deux raisons : la première parce qu’on a donné au son le grain que la super 8 donne à l’image qui en fin de compte est juste une salissure. Il n’y avait pas de HD et du coup la caméra retranscrivait l’image comme elle le pouvait. On a voulu reproduire un peu cette salissure sur le son. Parce qu’à l’époque dans les studios, on retrouvait ça, en écoutant des vinyles on pouvait entendre quelques craquements, du coup ça donnait une certaine chaleur au son et une certaine originalité plutôt que d’avoir quelque chose de très propre. Voilà nous on a eu envie de coller un peu à ça. La deuxième c’est parce qu’on est à une ère où aujourd’hui tout le monde peut faire de la musique avec un ordinateur et la super 8 c’était la première caméra qui était à portée du grand public pour faire ou des films de vacances ou des films semi pros, et je trouve que cette caméra super 8 c’est un peu comme les ordinateurs aujourd’hui c’est à la portée de tout le monde, c’est un double clin d’œil sur le présent et le passé.

Parlez moi de cet album, de vos collaborations, de l’évolution par rapport au premier album.

Paul: Sur « Super 8 », on est partis à Londres dans les studios pendant 15 jours, on a enregistré pas mal d’anglais, après on a repris des gens avec qui on avait collaboré plus sur la tournée « Convergence » que sur l’album. Je pense à Beat Assaillant par exemple. On avait rien enregistré avec lui mais il était avec nous sur la tournée déjà précédente, on avait fait des émissions de télé comme Taratata ensemble, donc on voulait faire un titre avec lui, il en a même deux sur l’album. Sirius Trema il est encore là aux guitares, donc ça c’est pareil il fait partie des artistes qui étaient avec nous sur la précédente tournée « Convergence ». Après ce qui a changé vis à vis du premier album, c’est un peu la façon de produire. Mais  on se rend compte au final que le disque reste hyper éclectique comme l’était « Convergence ». On écoute de tout, et on s’inspire de tout, on a pas envie de se limiter à un style de musique trop défini, ou trop strict.

Dans beaucoup d’interviews vous parlez de votre collaboration avec Anna Kova (sur l’album Convergence) comme d’un coup de cœur musical, pensez vous collaborer à nouveau avec elle ?

Paul: On ne l’a pas fait sur ce disque là parce que ce n’était pas le but de refaire la même chose et de proposer au public ce qu’on avait déjà fait. Et puis un titre comme on a déjà fait avec Anna Kova c’est dur d’en faire un deuxième. Vaut mieux savoir s’arrêter quand ça a bien marché une fois. Après là, on a joué a l’Olympia et elle est venue pour chanter le titre. On se soutient mutuellement et ce n’est pas impossible qu’un jour on ne refasse pas quelque chose avec elle.

Si vous pouviez avoir une collaboration idéale ?

Alex: On nous pose souvent la question, on est pas très bon pour répondre à ça parce que des artistes qu’on admire et qu’on écoute y en a beaucoup. Après ce qui est sûr, c’est qu’on préférerait travailler avec des voix, avec des artistes qui nous apporteraient quelque chose qu’on ne maîtrise pas nous. On est pas chanteurs, ou guitaristes par exemple. Après pour te citer des noms, on aime beaucoup Ibeyi par exemple. On s’est croisé sur Taratata mais moi j’aimerais beaucoup collaborer avec Ibrahim Maalouf. Sinon dans les wishlists un peu improbables oui je pense que Paul aimerait bien faire un titre avec Drake par exemple. On en a plein, on a eu de la chance déjà avec Super 8 de pouvoir bosser avec des gens qu’on admire beaucoup. Je trouve ça top.

Crédit photo : Tookie

Un film qui vous a marqué ?

Paul: Moi un de mes films préférés, en plus c’est bien d’actualité c’est « Into the Wild ».

Alex: Moi je dirais dans ce que j’ai vu de plus récent et que j’aime beaucoup «Agents spéciaux» de Guy Ritchie, tous les décors, les dialogues, c’est un univers que j’aime bien. Et c’est aussi ce décor là que j’imaginais, quand on parlait de « Super 8 » avec Paul.

Si votre carrière dans la musique n’avait pas fonctionné vous auriez fait quoi ?

Paul: Avant je travaillais dans le marché de l’art, donc peut-être que j’aurais continué là dedans.

Alex: Et moi j’étais dans la gestion de patrimoine, je pense que j’aurais pas continué là dedans (rires), mais quoi qu’il arrive j’aurais essayé de mettre un pied dans l’industrie de la musique.

Vous vous êtes rencontrés quand vous étiez tout petits, est ce que vous retournez de temps en temps sur le lieu de votre rencontre ?

Alex: Tous les ans.

Paul: Mais Alex sa grand mère y vit encore, donc voilà on y va souvent.

Alex: Tous les étés, tous les Noëls, on se fait même des week-ends dans l’année, c’est une ville dans laquelle on voit notre futur que ce soit à moyen ou long terme, mais je crois que tous les deux on se voit finir nos jours là bas, parce que Biarritz, en dehors de l’histoire entre nous deux, c’est un mode de vie qui nous plaît.

Quand vous étiez petits, vous aviez déjà cette envie de faire de la musique ou c’est venu plus tard ?

Paul: Non c’est pas venu tout de suite, mais après oui c’est plus à l’adolescence qu’on a commencé à en parler. Après c’est quand je suis arrivé à Paris qu’on s’y est vraiment mis. On avait 22 ans un truc comme ça. Alex faisait déjà de la musique de son côté, moi j’avais une émission de radio, il m’envoyait ses démos, que je jouais, tu vois y avait des petits échanges comme ça. Mais c’était encore rien de concret.

Est-ce que vous auriez une anecdote de tournée à me raconter ?

Alex: On en a plein, je vais me permettre de prendre celle de la Réunion. On avait la chance pendant la tournée « Convergence » d’avoir Benjamin Diamond sur la tournée qui est le chanteur de la musique « Stardust ». Un grand talent, une grande voix, mais qui se laisse porter par son adrénaline et l’euphorie un peu de ce qu’apporte la scène, donc, parfois tu fais des petites remarques aux artistes avec qui tu collabores en leur disant: « faites attention à ça ou ça ». Et du coup Benjamin Diamond on lui avait dit: « écoute fait attention avec ton micro, aux enceintes qu’il y a sur le côté pour pas qu’il y ait de retours »… Et lui donc naturellement pendant le concert, il est allé sur le devant de la scène; on avait un ingé son qui essayait de le gérer comme il pouvait, et il s’est tellement laissé emporter par le public qu’il est descendu et si tu veux t’as les crash barrière qui sont comme ça, et il a voulu passer autour pour rejoindre le public. Et il a vu une porte sur le côté et il s’est dit que cette porte allait lui donner accès à la salle, et donc il chantait sa chanson, et il est parti par cette porte. Par laquelle en fait il s’est retrouvé enfermé dans un couloir limite à la sortie de la salle, y avait plus personne, tu l’entendais dire dans le micro: « ah c’est pas par là je me suis trompé ». Ça nous a bien fait rire.

Paul: Sur cette tournée, on fait des petites vidéos d’une minute sur chaque date, donc hier c’était au Luxembourg, ce soir ce sera Strasbourg et voilà on filme un peu les aventures de tous les gens qui participent à la tournée Super 8 dans les villes dans lesquelles on passe. C’est cool, ça montre un peu l’ambiance , et ça nous évitera d’oublier les anecdotes.

Vous étiez déjà passé à la Laiterie auparavant ?

Paul: Oui on y a joué il y a deux ans pour l’album « Convergence ». Je me rappelle très bien des lieux car on était dans ces mêmes loges, je crois que c’était complet la dernière fois qu’on est venus, là il me semble que ça va l’être aussi, donc on peut dire un grand merci au public strasbourgeois car à chaque fois il répond présent. J’aime bien cette salle, j’aime bien comme elle est foutue, tu sais t’as la fosse et après ça remonte un peu, donc comme c’est une petite salle t’as l’impression que le public est sur toi, j’aime bien.

Synapson à la Laiterie 12/10/2018

Vos projets pour la suite ?

Paul: On sort un album à peu près tout les deux, trois ans.. Là y a le build me up qui vient de sortir avec le clip. Enfait on avait le premier single c’était « Hide Away » et enfait le build me up c’est pas le même clip, mais c’est le clip avec le changement de regard si tu veux. Dans le premier clip c’est Alex et moi qui sommes les protagonistes, on voit la scène via nos yeux et dans le nouveau c’est via les yeux de la protagoniste principale, l’actrice. Le switch est assez rigolo, j’invite les gens à aller voir ça, c’est pas mal foutu, y a des effets spéciaux qui marchent bien.

Alex: Après on est focus sur la sortie de « Super 8 », qui est sorti le 22 juin. Nous on ne compte pas s’arrêter là, donc on parle déjà de la suite. Sous quel format, j’en sais rien, EP, album, single. On est d’accords quand même sur la direction qu’on va prendre mais voilà on se concentre sur la tournée « Super 8 », après il nous arrive à côté de faire quelques trucs. Par exemple, le projet de Beat Assaillant, on fait quelques morceaux pour son album. Mais l’axe principal pour le moment c’est « Super 8 ».

Si vous pouviez emmener quelque chose de Strasbourg chez vous?

Synapson: Son public.


>>Propos recueillis par Emma Schneider<<

Merci aux équipes de Synapson et de la Laiterie pour leur accueil. Merci aux 3 petits cochons pour les meilleures bretzels de Strasbourg.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here