Sale été pour la SNCF. Après trois mois de grève sur fond de réforme contestée de début avril à fin juin, la société ferroviaire annonçait courant juillet avoir confié le chantier d’aménagement de la gare du Nord, à Paris, en galerie marchande géante à une filiale du groupe Auchan ; une décision qui n’avait pas manqué de raviver la tension autour de la gestion privée de ces espaces publics.

Et aujourd’hui c’est au tour de la gare, euh, du « city booster » de Strasbourg d’amorcer sa « transformation » en un véritable « hub urbain » au service de la capitale européenne ; derrière ce délire marketing, une réalité un peu moins spectaculaire : très concrètement, la SNCF va louer une partie des locaux de la gare de Strasbourg à des prestataires de service, dans le but de s’imposer comme un lieu de vie plutôt que de transit. Il est pour l’instant question d’une crèche, d’un laboratoire d’analyses, et possiblement d’un restaurant haut de gamme en lieu et place de l’actuel salon Grand voyageur… Qui devrait alors déménager.

En parallèle, la société ferroviaire compte fermer une partie de ses guichets strasbourgeois, dont l’intégralité des bureaux de vente que comptent sa boutique située quai de Paris, qui devrait fermer au cours de l’année prochaine, et plusieurs postes dans l’espace d’accueil de la gare. En tout, c’est la moitié des guichets qui devrait disparaître à Strasbourg et ce d’ici fin 2019 tout au plus. Dans ce futur proche les agents ne seront plus derrière un comptoir mais derrière un pupitre, équipés non pas d’un ordinateur mais d’une tablette. Ça change tout ça, surtout en matière de mètres carrés, et il va en falloir pour les commerces. Et, qui sait, pour recueillir un salon Grand voyageur viré par un resto gastro…

Direction les anglicismes. Premier arrêt : le hub.

Pour défendre cette stratégie face aux syndicats qui accusent une nouvelle privatisation,  la SNCF argumente que la demande évolue : aujourd’hui, c’est un voyageur sur deux qui achèterait son billet de TGV en ligne tandis que deux billets sur trois seraient des billets dématérialisés sur mobile.

Si cette stratégie de rentabilisation des grandes gares n’est pas inédite, en témoignent les gares Saint-Lazare et Montparnasse, rénovées avec le concours de deux foncières, reste en suspens le sort des employés de guichets qui ne sont pas tous protégés par le statut de cheminot (enterré par la réforme) et la destination des fonds dégagés maintenant que les trois établissements de la SNCF (SNCF, SNCF Mobilités et SNCF Gares & Connexions) ont été rassemblés en une société détenue à 100% par l’État.

Une chose est sûre, il y a de la maille à se faire. L’an dernier les concessions de locaux auraient représenté une source de revenus supérieure à 220 millions d’euros, un montant que la SNCF espère doubler d’ici huit ans. City booster on ne sait pas… Money maker, c’est garanti.


Et toi, en tant que jeune usager, tu en penses quoi de la suppression des guichets de la gare de Strasbourg ?

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