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Ça y est ! Le NL Contest est enfin lancé pour sa 13e édition. Le plus gros rendez-vous de l’année autour des cultures et sports urbains se déroule tout le weekend avec des compétiteurs internationaux dans plusieurs disciplines de glisse. Il faut savoir qu’à Strasbourg, on a du niveau, et pas qu’un peu. On s’est baladé au skatepark de la Rotonde en amont de l’événement pour rencontrer quelques pro-riders strasbourgeois.

Ils tournent dans le monde entier, à chercher les meilleurs spots pour rouler, glisser et voler dans les airs. Beaucoup de ces Strasbourgeois professionnels des sports urbains ont fait leurs premiers pas au skatepark de la Rotonde, là où des riders du monde entier viennent s’affronter ce weekend pour le NL Contest. On a voulu savoir ce qu’ils pensaient de leur sport et de l’évolution de ces pratiques à Strasbourg. Petit questions-réponses avec trois d’entre eux.



Nicolas Mougin, 38 ans et toutes ses dents, mais surtout président de l’association Nouvelle Ligne, multiple fois champion de France de roller, champion d’europe en 2016 et vice-champion 2017.



Toi qui connaît bien la scène strasbourgeoise et notamment ce skatepark de la Rotonde, comment l’as-tu vu évoluer?

C’est des sports qui fonctionnent par vague de mode. Quand j’ai commencé dans les 90s c’était le roller en ligne, puis c’était au tour du skate. Après, avec l’arrivé du skatepark, on est arrivé sur les BMX qui se sont beaucoup développés et aujourd’hui on voit les derniers venus : les trottinettes (aussi nommé freestyle scooter).

Le skatepark de la Rotonde existe depuis 13 ans : avant il était au Wacken et a été déplacé. Il devait être à l’identique mais on a poussé pour qu’il soit un peu mieux. On en a profité pour le faire vivre et créer des animations autour. L’année dernière il a été complètement rénové. Depuis, il y a vraiment des gens qui viennent d’assez loin pour s’entrainer. Il convient bien à l’entraînement de compétition et notamment aux grosses figures aériennes qu’on peut trouver dans le BMX par exemple. Il y a un projet de développer un espace un peu plus street qui devrait intéresser plus les skateboardeurs.

Le skatepark de la Rotonde, c’est la famille ?

Les habitués se connaissent tous. Pour la pratique et l’amélioration c’est indispensable d’échanger avec les autres. Et puis c’est une communauté ! La prise de risque dans la tentative de figures créé aussi un lien fort entre nous je pense. C’est des sports individuels mais qui se pratiquent en groupe. La meilleur session, tu la fais quand il y a les autres derrière toi pour te pousser ou te donner envie de les dépasser.

Il y  a un « savoir-vivre » spécifique à cette communauté?

Sur un skatepark comme celui de la Rotonde, on peut être nombreux et ça va très vite. Si tu as quelqu’un qui débarque là où tu dois atterrir après un saut de dingue… ça ne va pas le faire. Il faut bien vérifier si personne ne part en même temps que toi, ne pas traverser n’importe comment et attendre son tour. Desfois on a un peu de problèmes avec les jeunes, les touristes, les novices. Ce n’est pas un parc d’attraction. Il faut faire un peu d’éducation. Un animateur de la ville vient régulièrement sur certains créneaux pour expliquer et gérer tout ça.

Comment ça se passe au niveau de la pratique « street » hors skatepark ?

Nos pratiques évoluent avec le mobilier urbain. Dès qu’il y a des nouveaux endroits qui se construisent on y va ! Le parvis du MAMCS c’est historique parce que c’est une place où tout le monde peut se retrouver, il y a des bons murets et une surface de roulement intéressante. Personne ne nous embête et on n’embête personne là-bas. Mais plus généralement, pour une session « street » on va bouger de spot en spot en se baladant dans la ville sans rester au même endroit.  Ça arrive souvent que nos spots soient « gâchés » par des supports sur le mobilier urbain pour qu’ils ne soient plus praticables. C’est pour éviter les dégradations et les nuisances. C’est clair que quand tu as 15 riders en permanence, ça peut vite être un peu lourd pour le voisinage. Il y a pleins d’endroits comme la barre des escaliers de la fac de droit qui ont été bagués et sur lesquels on ne peut plus pratiquer.

Du coup, comment ça se passe les relations avec la ville ?

Ça a été compliqué de s’apprivoiser des deux côtés. On aime ces pratiques parce qu’elles viennent de la rue en dehors de tout cadre. Ils ont eu du mal à nous comprendre et à nous prendre au sérieux justement parce qu’on venait de là, en dehors des cadres standards. Mais aujourd’hui ça se passe bien. Le festival est bien ancré et des disciplines, des boutiques et des skateparks ont fleuri un peu partout… le Skateboard et le BMX vont devenir des disciplines olympiques, ça donne aussi un peu de crédibilité. Après dans la rue ça sera toujours compliqué. Ce sont des pratiques libres, l’idée étant de transformer l’espace urbain et se le réapproprier pour faire des acrobaties… Dans les faits il n’y a presque pas d’usure, on change tout le temps de spots, faut voir ça comme une partie de foot ou de basket qui s’improvise dans la rue, ni plus ni moins.

On a dû apprendre à fonctionner avec les institutions et inversement. Je me souviens d’un entretien avec un responsable du ministère des sports : la seule fois que je l’ai vu, il ne considérait pas que nos sports étaient des sports parce qu’on pratiquait en jeans. C’est dire les clichés qu’ils peuvent avoir. Pour l’avoir testé, quand on s’écrase à 40hm/h sur le macadam, si tu es en jogging, ton habit va faire partie de ton corps. Le jeans c’est aussi une forme de protection.



Rémi Carra, 25 ans, président de l’association de vélo TwoWheels, 31e mondial en MountainBike (ou « Dirt », vélo entre le VTT et le BMX) et comptable à ses heures perdues et Maxime Vautrinot, 22 ans, étudiant en kiné et gros pratiquant de BMX, également de l’écurie TwoWheels.



Comment vous êtes vous lancés dans ces deux pratiques sportives bien particulières?

R : J’ai commencé en 4e après avoir vu des grands en faire au skatepark d’Obernai. Ça fait 11nans que c’est ma passion et que je vis presque exclusivement pour ça. J’ai commencé avec un vieux vélo basique sorti du supermarché pour ensuite passer sur du BMX (moins cher qu’un dirt) avant de vraiment me spécialiser dans le Dirt. C’est ce qui me plaît le plus et puis il y avait plein de terrains propices juste à côté de chez moi.

M : Perso j’ai commencé avec un peu de street avec le BMX de ma sœur et puis je suis arrivé au skatepark de Kronenbourg/Rotonde et je ne l’ai plus jamais lâché. Ça fait 10 ans qu’on le roule ce parc, c’est un peu la famille.

R : A l’époque, j’arrivais en train d’Obernai le matin à 7h, qu’il pleuve ou qu’il neige j’y étais. On était vraiment déterminé (rires).

Et désormais vous êtes tous les deux professionnels?

M : On a commencé comme tout le monde en amateur au NL, puis en pro en local avant d’enfin bouger à l’international, en Europe pour ma part. On revient du Fise Montpellier, un des plus grands événements au monde.

R : Oui le Fise c’est un gros rendez-vous ! J’ai eu la chance de faire de la compétition depuis 2011, d’en faire en passage en Chine et là je reviens d’une finale au Fise qui m’a permis de me classer 31e mondial dans ma catégorie. Avec ce temps-ci, je dirais qu’on roule 7 jours sur 7. Quand il fait moche …. seulement 6 jours sur 7, parce que le Stride est fermé le lundi.

M : Ouais, on doit se mettre deux bonnes heures de session par jour.

R : De toute façon, on ne sait pas quoi faire autrement !

M : Ma copine va me tuer quand elle va lire ça… Mais c’est vrai, souvent quand on se lève le matin on se dit vivement ce soir qu’on puisse rouler quoi !

R : Avec mon boulot, je suis assis toute la journée. Quand j’arrive le soir, j’ai envie de pédaler, de tout casser !

M : Quand on est blessé ou qu’on a des exams etc, on le sent tout de suite. On en peut plus, on est chiant avec tout le monde et on juste envie de rouler et de se défouler.

Comment est-ce que ça a changé sur Strasbourg depuis vos débuts?

R : L’arrivée du NL Contest fût une grande étape. Tout le monde a pu voir les pros arriver et c’est toujours aussi impressionnant depuis, ils sont trop forts. Et puis pour les vélos, bien sûr, l’arrivée du Stride Indoor Bike Park a fait progresser les jeunes à une vitesse incroyable. Ce n’est pas comme nous à l’époque, là ils ont un véritable encadrement et nous on peut transmettre aussi, ça les motive beaucoup.

M : En street, il y a des spots mythiques comme le parvis du MAMCS. En BMX, il y a déjà eu des grosses têtes qui ont commencé à Strasbourg, je pense à Joris Coulomb et Arnaud Wolf…

R : Il y a les Briquettes aussi à Esplanade ! Au milieu du complexe d’immeubles, derrière la rue d’Oslo.

Qu’est-ce que vous pensez des autres pratiques et pourquoi avoir choisi le vélo?

R : Il y a forcément des sessions au skatepark où les potes te prêtent leur matos pour que tu testes un peu tout. J’aime bien le fait de pouvoir tout essayer. L’approche des courbes est complètement différente, même si l’expérience en vélo aide quand même bien sûr. Le roller c’est sympa, le skate vraiment compliqué, mais on est super content quand on arrive à place un tricks.

M : Ce qui est commun à toutes les disciplines c’est ce besoin de persévérer, de bosser d’arrachepied. Dès que tu rentres un tricks la sensation est juste géniale.

R : Il y a un truc qu’on trouve plus dans le vélo, et je pense que c’est ça qui nous plaît, c’est l’amplitude des mouvements, des sauts… et la vitesse, plus que la technicité d’autres pratiques.

M : Je pense qu’on a le sport le plus aérien. Ça paraîtrait logique, vu qu’on a peut-être plus d’impulsion avec une transmission qui fait qu’on peut aller vite et haut.

R : Même sans faire de figures, juste le fait de rouler et d’aller haut ça nous remplit de joie.

Un autre pro-rider strasbourgeois de roller street, Mathias Silhan en compagnie de Rémi Carra, nous a accordé une interview sur notre émission PokaaAirlines sur RBS, vous pouvez retrouver le podcast ici.

Début de l’interview à 3:25~

Vous pouvez retrouver des infos sur le NL Contest ici et sur l’association TwoWheels ici.

Photos: David Levêque et Martin Lelièvre


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