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On le sait, Strasbourg est la capitale de Noël, la capitale du vélo, la capitale de l’Amour et surtout la capitale de l’auto-gratification. Par contre, ce qu’on sait moins, c’est que Strasbourg est l’une des villes de France qui pèse le plus dans le fluvial game. En effet, elle héberge le deuxième port fluvial le plus important du pays, juste après celui de Paris. Rien que ça. Ce port méconnu, qu’on peut apercevoir depuis l’ancienne Capitainerie, à deux pas de la Coop, est pourtant un acteur majeur de notre économie locale : plus de 4 500 bateaux y font escale chaque année, plus de 7 500 000 tonnes de marchandises y sont transportées, plus de 320 entreprises y sont implantées et plus de 10 000 emplois y sont créés (soit 9% de l’emploi strasbourgeois). Nous avons eu la chance de pouvoir visiter cet endroit surprenant, et sans vouloir vous énerver ON A MÊME CONDUIT UNE NACELLE QUI SOULÈVE DES CONTAINERS #bestdayever #hatersgonnahate. Bref, bienvenue dans les coulisses du Port Autonome de Strasbourg (ou PAS pour les intimes).

Un port historique, en plein cœur de la ville

En tant que bretonne, habituée aux ports maritimes, quand on m’a raconté que Strasbourg avait une activité portuaire importante, ma première réaction ressemblait globalement à ça :

« Un port à Strasbourg ? Ahah elle est bien bonne celle-là. T’as même pas la mer frère, comment tu peux avoir un port ? » Mais notre belle cité, bercée depuis toujours par les flots du Rhin, a plus d’un tour dans son sac. Et fort est de constater que l’activité portuaire de Strasbourg, en plus d’être effectivement très dynamique, ne date pas d’hier ! Si on en croit l’ami wiki : « Dès le Moyen Âge, les bateliers se regroupent pour former la corporation de l’Ancre en 1331. Jusqu’au XIXe siècle, le port de la ville se trouvait au bord de l’Ill près de l’ancienne douane qui est construite en 1358. » À l’époque, c’était donc pratiquement aux pieds de la Cathédrale que les bateaux venaient décharger leurs trésors !

Le port de Strasbourg, au Moyen-Age – Source : site du PAS

Le port ne s’installe au bord du Rhin que 600 ans plus tard, et le Port Autonome de Strasbourg tel qu’il existe aujourd’hui est officiellement créé en 1926. Cela fait donc plus de 90 ans que le port permet à Strasbourg et aux strasbourgeois de profiter des flux du commerce fluvial européen. Pour les plus curieux, vous pouvez en apprendre plus sur l’histoire du PAS par ici.

Mais revenons à nos moutons et à notre visite de cet endroit insolite. Après avoir pris le Tram D direction les Deux Rives,  nous avons retrouvé notre guide, Pauline, au Terminal Nord situé tout près de l’ancienne Capitainerie (mais si, tu sais, l’endroit ou tu allais te réfugier après avoir beaucoup trop picolé au festival Ososphère l’année dernière). D’ailleurs, ce beau bâtiment construit en 1899 (en même temps que le Bassin du Commerce) risque de se transformer dans les années à venir en restaurant. On vous tiendra bien sûr au courant ! 😉

Le bâtiment de la Capitainerie, Port Autonome de Strasbourg – Source : Wikipédia
La fameuse vue des bourrés de l’Ososphère

Pour ma part, c’était la première fois que je mettais les pieds dans cette partie de Strasbourg et j’ai vraiment été émerveillée de découvrir ce port urbain, aussi photogénique qu’impressionnant, à deux pas de la ville. Pendant un bref instant, j’ai même cru retrouver mes doux paysages bretons. Mais non, nous étions toujours à Strasbourg, ville encerclée par des kilomètres de terre, et ça c’est quand même complètement fou. Une fois le premier étonnement passé, Pauline nous a expliqué un peu comment fonctionne le port. Et elle a commencé par répondre à la question qui nous taraude tous depuis le début de cet article : pourquoi « autonome » ?

« Si on dit que le port est « autonome » c’est parce qu’il est soumis à un régime particulier : appartenant à 50% à l’Eurométropole de Strasbourg et 50% à l’État, le port vit sur ses propres ressources et doit lui-même trouver ses moyens de financement. » Aujourd’hui, la majeure partie de ses revenus provient de la location de terrains aux 320 entreprises implantées tout au long des 10 km de long que constitue le port, du terminal Nord au terminal Sud (qui se situe près d’Illkirch).

Photo de Chloé Moulin

Parmi ces entreprises, on retrouve notamment « la malterie Cargill, les cafés Sati, les cafés Reck, Punch Powerglide (anciennement General Motors) ou encore BMW ». Bref, que du lourd ! Vous pouvez retrouver la liste complète des entreprises ici. Le PAS gère également un autre acteur naval de la ville que l’on connait bien : « Batorama » , qui fait découvrir Strasbourg aux touristes par la voie fluviale depuis 1947 et qui a comptabilisé plus de 770 000 passagers en 2017 (= le nombre de personnes à qui tu as fait coucou depuis un pont l’année dernière). 

Affiche d’époque – Source : Batorama

Un lieu aux multiples visages

Une fois toutes ces informations bien calées dans un coin de nos têtes, mon acolyte et moi avons été invitées à enfiler des gilets et des casques qui nous allaient à mer-veille (arrêtez de juger). Mais mine de rien, ces précautions sont nécessaires car une fois à l’intérieur de la zone, on se retrouve encerclées par des milliers de boîtes en métal qui s’entassent ici et là et des machines qui s’affairent pour que ces containers soient placés au bon endroit, au bon moment. Du coup, une fausse manip, un faux mouvement, et c’est un coup à se retrouver dans la top liste des Darwin Award dans la catégorie « écrasée par un container » #reportersdelextrême.

Thème de la semaine : stylées avec une pièce de chantier

Pendant que nous nous baladons au milieu des containers, Pauline nous explique que des tas de métiers différents permettent de faire fonctionner tout ce petit monde. Entre les agents d’accueil, les manutentionnaires, les géomètres, les dessinateurs, les matelots, les éclusiers : des milliers de visages, strasbourgeois pour la plupart, sont autant de pièces essentielles pour cet immense puzzle. Et pour nous donner une vague idée du quotidien de ces visages, nous avons eu la chance de rencontrer Jérôme, manutentionnaire cariste chez RET.

Et c’est à plus de 30 mètres de hauteur que nous l’avons retrouvé : du haut de sa nacelle (avec vue de dingue sur la Cathédrale), Jérôme conduit l’un des portiques du port. Son rôle est de soulever, grâce à la machine, les containers qui arrivent d’un peu partout, afin de les positionner au bon endroit sur le port : soit dans les wagons rails, soit sur les camions, soit dans un endroit de stockage si besoin. Cela demande une grande dextérité et beaucoup de concentration : une sorte de Tetris grandeur nature finalement. Et comme nous étions là, j’ai même pu lutter contre mon vertige chronique pour conduire moi-même la nacelle ! Une expérience ultra impressionnante.

La vue depuis la nacelle d’Alexandre

Tout un monde à découvrir

Alors je te vois venir : maintenant que je t’ai raconté que j’avais conduit une nacelle, tu vas avoir envie de faire pareil. Du coup, d’avance, je suis désolée de venir briser ton rêve après t’en avoir envoyé en masse dans la figure : le Port Autonome de Strasbourg ne se visite pas. Il te sera donc impossible de faire des 360 avec le chariot du portique, déso… Par contre, tu peux venir observer la danse des machines et le travail des manutentionnaires depuis la place de la Capitainerie et crois-moi, ça vaut déjà vraiment le coup.

En tout cas, cette visite m’a personnellement permis de découvrir une nouvelle facette de Strasbourg. Je la connaissais illuminée, ensoleillée, enneigée, festive, culturelle, européenne. Le Port Autonome me l’a montrée puissante, surprenante, pleine de ressource et tournée vers l’avenir. Et, en ce qui me concerne, je trouve que ça lui va très bien.


PORT AUTONOME DE STRASBOURG

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Photo de Chloé Moulin
Photo de Chloé Moulin
Photo de Chloé Moulin
Photo de Chloé Moulin
Photo de Chloé Moulin
Photo de Chloé Moulin

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2 COMMENTAIRES

  1. Article plutôt bien écrit ! En tout cas le style faussement arrogant de cette petite effrontée est marrant à lire (enfin 2 minutes).
    Quand l’autogratification bretonne rencontre l’autogratificaiton alscacienne, ça nous donne une belle partie de « air-onanisme » autrement dit branlette intellectuelle.
    Les infos sont pompées sur wikipedia ou sont le fait de rumeurs recueillies lors du stage en entreprise avec option tour en nacelle exclusivement réservé aux privilégiées autoproclamées grandes spécialistes des ports maritimes (parce que Bretonne… merde quand même !!!). On apprend par la même occasion que la jeunesse dorée et faussement rebelle des quartiers bourgeois de Strasbourg vient décuver au même endroit après un des nombreux festivals « punk à chien » de la région.
    Enfin, cette fine analyste économique nous laisse croire que le PAS va bien, ce qui est discutable. Je dirai qu’il est en large déclin depuis des décennies. Ce n’est pas pour rien que Batorama est devenue une entreprise privée en 2016 et n’est plus gérée par le port. La plupart des bâtiments sont vides et les entreprises préfèrent faire construire plutôt que de louer une fortune des locaux désuets. Bref le PAS n’est vraiment plus ce qu’il était !
    La seule activité viable finalement c’est le transit des containers. Et la création d’un nouveau terminal à Lauterbourg est, très certainement, une solution qui permettra au PAS de Strasbourg d’asseoir son statut de 2ème port fluvial de France (la belle affaire !).

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