À 22 ans, Maxence Weck ne se contente pas de faire du vin : il le façonne avec autant de respect pour les traditions que d’envie de faire bouger les lignes. À Gueberschwihr, à 1h de Strasbourg, il a repris il y a deux ans le domaine familial, et sa patte se ressent déjà, notamment avec des vinifications en barriques et en amphores. Des contenants anciens mais une approche contemporaine, que nous avons découvert avec lui !
Niché au cœur du vignoble alsacien, à 12 km de Colmar, le domaine François Weck est enraciné depuis 1696 à Gueberschwihr. Sur 13 hectares répartis en plusieurs parcelles spécifiques, la famille Weck sublime ses grappes en les métamorphosant en divers élixirs.
Nous rencontrons aujourd’hui Maxence. Après être « tombé dedans quand qu’il était petit » et avoir suivi une formation au lycée agricole, le jeune homme a repris les rênes du domaine familial depuis 2 ans.
Entre inox et héritage : des fondations solides
Ici, la tradition se retrouve dans les gestes, les parcelles, la rigueur du travail bien fait. Le domaine François Weck a évolué au fil des ans et des siècles et les cuves inox, technologie de vinification utilisée par la quasi-totalité des viticulteurs/rices, offrent stabilité, neutralité et maîtrise.
« L’inox, c’est pratique : c’est hermétique, stérile et ça permet un contrôle précis des températures et des fermentations. C’est la base. »
Avec cette méthode, Maxence s’ancre dans cet héritage familial et traditionnel. Respect du terroir, vendanges à maturité, vinifications soignées : la main du jeune vigneron ne souhaite pas bouleverser toutes les pratiques, mais il cherche aujourd’hui à aller plus loin, à bousculer un peu les lignes. « Le but, c’est d’innover tout en gardant nos racines. »
Des amphores en grès pour faire respirer le vin
Alors, il innove. En douceur mais avec conviction. L’une de ses signatures : l’élevage en amphores de grès, de 500 ou 1000 litres, en parallèle de l’inox. Ni gadget, ni effet de style : un vrai choix de fond.
L’amphore a vu naitre le vin il y a plus de 8000 ans au cœur du Caucase. Si historiquement celles-ci étaient en terre cuite, Maxence a choisi de réemployer cette technique ancestrale mais avec des amphores en grès.
« Le grès est beaucoup plus stable que la terre cuite, moins poreux, et il permet une micro-oxygénation naturelle. Le vin respire doucement, à température ambiante, sans être perturbé par les variations », explique Maxence.
De plus, contrairement aux amphores en terre cuite – trop fragiles pour être utilisées hors-sol –, celles en grès sont robustes et laissent le vin évoluer avec finesse, sans ajout d’arômes boisés comme dans une barrique. Un contenant ancestral pour une vision résolument contemporaine.
Un terrain de jeu exigeant et passionnant
Ce nouveau type d’élevage demande beaucoup de vigilance. Les amphores laissent passer un peu d’air : c’est tout l’intérêt, mais aussi tout le défi. Ces vins sont issus d’une macération semi-carbonique. « Avec la micro-oxygénation, le vin peut gagner en complexité, mais il y a aussi un vrai risque d’oxydation. Il faut surveiller de près. »
Maxence l’assume : il aime cette prise de risque. Deux de ses cuvées sont aujourd’hui quasi sans sulfites ajoutés (seulement 0,2g/l contre les 5g/l habituels). Les raisins proviennent du Grand Cru Florimont et du Grand Cru Hatschbourg, deux terroirs d’exception plantés en 100% gewurztraminer.
Les raisins blancs sont fermentés avec leur peau, ce qui permet d’extraire les tanins, arômes et pigments donnant au vin des saveurs plus intenses et raffinées. Une vinification plus vivante, plus fragile aussi, mais fidèle à sa philosophie : laisser parler le raisin, sans le maquiller.
Une cave à découvrir… et un village à explorer
Que l’on soit amateur/rice éclairé(e), simple curieux/se ou de passage sur la Route des Vins, le domaine François Weck mérite qu’on s’y arrête. Ici, pas de porte fermée : la cave est ouverte à celles et ceux qui veulent découvrir un autre regard sur le vin alsacien.
Sur demande, il est même possible de réserver une dégustation avec accompagnements (fromages, charcuterie) pour plonger plus en profondeur dans l’univers du domaine. Mais même sans rendez-vous, on peut pousser la porte, goûter, échanger, repartir avec une belle bouteille… Et peut-être l’envie de revenir.
Profitez-en pour faire un tour dans le village au charme intact, réputé pour son clocher roman et son église Saint-Pantaléon du XIIe siècle – un joyau du patrimoine local. Et si l’envie vous prend de prolonger l’escapade (et de déguster du bon vin sans culpabilité), la famille a pensé à tout : un gîte tout confort a récemment ouvert ses portes, avec spa et vue sur les vignes.
Maxence nous souffle aussi à l’oreille que le domaine est à la recherche d’un(e) apprenti(e). L’occasion rêvée de mettre les mains dans le raisin, et les pieds dans une aventure pleine de sens !
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Rédactrice : Léa Meyer



