Ce samedi 19 septembre, une trentaine d’organisations et de collectifs appellent à manifester contre deux lois. La première concerne la présomption d’usage légitime des armes pour les policiers/ères, qualifiée de « permis de tuer » par ses opposant(e)s. La seconde, la loi RIPOST, crée un délit spécifique de participation aux free parties.
« Non RIPOST et permis de tuer. » Tels sont les mots d’ordre de la manifestation sonorisée qui s’élancera de la place de l’Étoile à 14h, ce samedi 19 septembre. Une mobilisation locale en réponse à l’appel national lancé par le collectif Stop aux violences d’État (SAVE) et Assa Traoré, la soeur aînée d’Adama Traoré. Un homme de 24 ans décédé en 2016 à la suite de son interpellation par des gendarmes.
À Strasbourg, cette manifestation est organisée par le collectif Vérité et justice pour Enzo Weiss et TecknoAntiRep Strasbourg. Ils sont soutenus par D’ailleurs nous sommes d’ici, les Soulèvements de la Terre, la Chatte Noire turbulente et une trentaine de collectifs et d’organisations. Le NPA 57, le Parti communiste 67, LFI 67 et Les écologistes Strasbourg EMS font également partie des signataires.
« Le permis de tuer existe déjà »
Cette rentrée se fait sous le signe de la mobilisation contre les lois sécuritaires. À commencer par le projet de loi établissant une présomption de légitime défense pour les policiers/ères faisant usage de leur arme. Adopté par l’Assemblée nationale le 7 juillet dernier, le texte doit désormais passer au Sénat.
S’il est adopté, il inversera la charge de la preuve. Ce ne sera plus à l’État de démontrer que le tir était strictement nécessaire et proportionné, mais aux victimes ou à leurs proches d’apporter la preuve du contraire. Les opposant(e)s au texte dénoncent un « permis de tuer ».
« La police n’a pas attendu cette loi pour tuer dans une quasi-impunité », regrettent les signataires de l’appel à manifester dans un communiqué. « Sur 437 morts liés à une intervention policière recensés depuis 2017, moins de 2% des affaires dont l’issue est connue ont abouti à une peine de prison ferme. » Le texte rappelle également que cette revEndication était portée depuis des années par des syndicats policiers et figurait dans le programme de Jean-Marie Le Pen, avant d’être reprise par Marine Le Pen.
Cette mobilisation est une manière « d’apporter du soutien aux familles des victimes », juge Aline*, du collectif Vérité et justice pour Enzo Weiss. « Il y a déjà beaucoup de personnes tuées et mutilées par la police chaque année. C’est une manière de visibiliser cette répression policière et de lutter pour faire en sorte qu’il n’y ai pas de nouveaux morts. »
Six mois de prison pour une teuf
Cette manifestation s’oppose également à la loi RIPOST, passée devant le Sénat cet été et promulguée au Journal officiel en août. Cet autre texte sécuritaire crée un délit spécifique de participation aux free parties puni de 6 mois de prison et 7 500 € d’amende. L’organisation d’une rave sera quant à elle punie d’une peine allant jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende, ainsi que DE la confiscation obligatoire du matériel, là où elle n’était passible que d’une simple contravention auparavant.
« Cela ne tuera pas le mouvement des free parties, juge Emi, de TecknoAntiRep Strasbourg. Les gens ne s’arrêteront pas de faire la fête : ce sont des lieux qui restent des espaces de création et d’organisation pour plein de gens. Ils permettent aux personnes marginalisées de faire la fête. La répression met plus les participants en danger qu’autre chose. »
Avant de rappeler que la loi RIPOST ne vise pas uniquement les free parties, mais également les célébrations de match de foot. Y figurent également les rodéos urbains, la lutte contre les squats et « l’occupation illicite d’un terrain » par « les gens du voyage ».


