Depuis plusieurs jours, le groupe scolaire Schoepflin est au cœur de l’actualité strasbourgeoise. En cause : des révélations d’actes et de violences sexuelles qui auraient été commis par une élève de 5 ans sur sept de ses camarades en maternelle. Ce 14 septembre, une cinquantaine d’élèves ne se sont pas présenté(e)s en classe. Alors qu’une action en justice pourrait être engagée, on fait le point sur cette affaire.
C’est une atmosphère particulièrement lourde qui entoure l’école Schoepflin. En effet, le groupe scolaire de maternelle et d’élémentaire est dans l’actualité médiatique depuis la fin de semaine dernière. La raison ? Plusieurs articles de presse relatent des révélations d’actes et de violences sexuelles d’une élève de 5 ans envers 7 de ses camarades durant l’année scolaire passée. Des actes qui se seraient déroulés dans les toilettes, la cour de récréation, à l’intérieur des structures de jeux et en salle de classe.
D’abord les DNA le 10 septembre, puis Rue89 Strasbourg et France 3 Alsace le 11 septembre : ils ont tous donné la parole à des parents d’élèves, qui accusent le groupe scolaire Schoepflin de ne pas avoir pu ni su protéger leurs enfants. Ce 14 septembre, un peu moins d’une cinquantaine d’élèves ne se sont pas présenté(e)s en classe.
Que s'est-il passé à l'école Schoepflin ?
Reprenons la chronologie des événements, relatée notamment par Rue89. En octobre 2025, une petite fille témoigne d’attouchements à ses parents, qui en parlent à sa maîtresse. Si cette famille ne relaie plus d’incidents par la suite, en novembre, un autre enfant témoigne avoir dû baisser sa culotte. Au début d’année 2026, un nouvel enfant explique avoir dû montrer son « trou de fesse » à l’élève auteure des faits, dont la mère fait partie de l’équipe pédagogique du groupe scolaire.
Au mois de mars, un enfant témoigne d’un attouchement ou d’une pénétration, incitant ses parents à prendre rendez-vous avec la directrice et à en informer l’équipe pédagogique. Enfin, à trois reprises début juillet, trois enfants témoignent respectivement d’attouchements réguliers tout au long de l’année, des pénétrations et une pénétration. Des rendez-vous sont pris avec le rectorat de l’académie. Les parents adressent par ailleurs un signalement à la procureure de Strasbourg. Une enquête sociale est en cours, l’affaire ne pouvant être jugée au pénal, en raison de l’âge de l’auteure des faits.
Entre-temps, l’école organise en juin 2026 la venue d’une puéricultrice pour une séance d’éducation à la vie affective et relationnelle pour les enfants. Mais surtout, durant l’été, les parents apprennent que la petite fille auteure des faits saute une classe et se retrouve en CP. Or, si elle ne sera plus en contact direct avec ses ancien(ne)s camarades, elle reste dans les mêmes locaux, rendant possibles les interactions. Ce à quoi s’opposent les parents d’élèves.
Finalement, dans une ambiance de plus en plus tendue, la direction du groupe scolaire Schoepflin envoie un courriel aux parents le 8 septembre. Il annonce « des mesures de surveillance renforcée, notamment au niveau de la cour et des sanitaires », « une formation à l’éducation à la vie affective et relationnelle » pour le personnel, ainsi que trois séances pour les élèves. Des obligations légales, qui doivent avoir lieu dans toutes les écoles.
Quelle suite ?
Selon un récent article de France 3 Alsace datant du 14 septembre, plusieurs dizaines de parents ont exercé un droit de retrait de leurs enfants. Ainsi, ce sont un peu moins d’une cinquantaine d’élèves qui n’ont pas franchi les portes de l’école Schoepflin ce lundi matin.
Désormais, certains parents envisagent de porter plainte contre l’école, mais également contre l’Éducation nationale. Par ailleurs, plusieurs actions de protestation pourraient avoir lieu dans les jours à venir, alors que les parents d’élèves devaient être reçu(e)s hier soir au rectorat.
Affaire à suivre.


