Bienvenue sur le site de Pokaa.fr

Votre navigateur est obsolète.

Merci de le mettre à jour pour voir le site correctement

Mettre à jour

Recherche

Lance une recherche dans les articles ou vidéos parmi l’ensemble des publications de Pokaa.

Publicité

Elles voyagent en vélo-cargo : à Strasbourg, 15 brebis ont élu domicile à Koenigshoffen !

53 Lectures
Publicité

À Koenigshoffen, le jardin de l’ancien couvent des Capucins a accueilli début juillet de nouvelles pensionnaires… bêêêêlles comme tout. À l’origine de ce projet un peu fou, la Stras’bêrgerie ne compte pas s’arrêter là : éco-pâturage, ateliers pédagogiques, production de laine : on vous dit tout !

Si par hasard vous croisez des brebis à bord de vélos-cargos du côté de Koenigshoffen, rassurez-vous : non, vous n’avez pas totalement dévissé. Il s’agit simplement de vos nouvelles voisines, qui semblent bien goûter à l’art de vivre à la strasbourgeoise.

Publicité

Après ce mode de transport qui témoigne d’une réelle volonté d’intégration dans leur nouvel environnement, faut-il s’attendre à les voir s’enquiller des Picon bières sur les quais d’ici quelques mois ? Verra-t-on des brebis frauder le tram ou taper du sabot en soirée techno ? Brebis contre ragondin : qui gagne ?

Tant de questions, absolument cruciales, qui ont fait qu’on n’a pas pu s’empêcher d’aller leur rendre une petite visite. On vous fait les présentations ?

Le mouton pour se rapprocher de la nature

Là, presque au bord du canal de la Bruche, à Koenigshoffen, on peine à imaginer ce qui se trame derrière le grand portail de l’historique couvent des Capucins.

Le domaine, délaissé par les religieux, est désormais occupé par la Fédération de Charité Caritas Alsace, qui y héberge des familles réfugiées. Et puis derrière le grand bâtiment, après le city, au fond du verger, une ancienne menuiserie en vieilles pierres se dessine. Elle accueille un drôle de spectacle.

Ce matin-là, les quinze actrices principales broutent tranquillement, ruminent à l’ombre de l’appentis ou lèchent des gros cubes de sel. Devant le bâti, trois bénévoles travaillent la laine. On est accueilli par Muriel Temme, l’une des trois cofondatrices de la Stras’bêrgerie. Pour elle, l’histoire débute il y a plusieurs années, à Lyon.

Muriel a le déclic lorsqu’elle y assiste à l’annuelle Petite Transhumance du Grand Lyon, organisée par La Bergerie Urbaine. Ça fait alors déjà un moment qu’elle, qui travaille à l’Agence du Climat, s’intéresse à la préservation des milieux ouverts, dans lesquels évolue une précieuse biodiversité.

« Le milieu ouvert [les prairies, etc. ndlr] est un peu en voie de disparition. En parallèle, on a aujourd’hui beaucoup plus de forêts en France qu’au Moyen Âge », développe Muriel Temme. Sauf que ce fameux milieu ouvert est un environnement indispensable à la survie de plusieurs espèces. Pour ne pas qu’il se développe en forêt, il doit être « entretenu » : c’est le rôle des ruminants.

Et s’il y a une chose que notre hôte du jour a bien compris, c’est qu’en plus de jouer un rôle central dans la préservation de la biodiversité, le mouton a un autre avantage : tout le monde l’aime !

« Les brebis n’ont pas de corne, elles ne font pas peur. C’est un super levier pour sensibiliser et intéresser les gens à ces problématiques. Par cet aspect un peu ludique, on peut transmettre des sujets sérieux, on crée aussi du lien social. » Alors ni une, ni deux, elle se fixe un objectif : ramener le mouton à Strasbourg !

Une arrivée en fanfare

Avec Claire Borni et Cécile Tindon, elle lance la Stras’bêrgerie en janvier 2025. Elles n’ont alors pas de lieu… et pas de moutons ! Il leur faudra un an pour dégoter ce superbe terrain, mis à disposition par la Fédération de Charité Caritas Alsace, qui héberge des familles réfugiées dans l’ancien couvent des Capucins.

Cofondatrices de la Stras’Bêrgerie, portrait
Claire Borni, Muriel Temme et Cécile Tindon ont lancé Stras'bêrgerie, bergerie urbaine à Koenigshoffen © Stras'bêrgerie / Document remis

Une rencontre qui, si elle peut étonner, s’inscrit parfaitement dans ce projet pensé pour faire se rencontrer enjeux environnementaux et sociaux.

Accompagné(e)s par les professionnels de la ferme du Runtzenbach (dans les Vosges), les bénévoles de Stras’bêrgerie se forment, montent les clôtures, rénovent l’intérieur du bâtiment destiné à accueillir les brebis.

Et cette arrivée tant attendue des premières brebis en juillet a suscité un véritable engouement ! Muriel s’en félicite : « On est vraiment contentes. Ça prend bien ! » Sur le site, déjà, les enfants hébergé(e)s par Caritas ont accueilli les brebis avec enthousiasme.

Le nombre de bénévoles se multiplie : ils et elles se relaient quotidiennement pour s’occuper des bêtes et filent un coup de main lorsqu’il s’agit de les déplacer vers un nouveau lieu de pâturage. C’est dans ces moments-là que se joue le curieux défilé en vélos-cargos.

Malgré ce démarrage sur des chapeaux de roues, l’association n’a pas échappé aux nouveaux enjeux que traverse l’agriculture. Cet étouffant été caniculaire et la sécheresse qui l’a accompagné ont impacté tout le secteur… et l’agriculture urbaine n’est pas épargnée.

« Tous les agriculteurs s’inquiètent beaucoup ! », alerte Muriel, qui explique devoir compléter l’alimentation de ses bêtes avec du foin, normalement réservé à la période hivernale. « D’habitude, d’avril à fin novembre, on ne les nourrit qu’à l’herbe fraiche. Là, tout est trop sec. »

Le matin de notre visite, trois bénévoles s’attèlent à travailler la laine, une activité que l’association souhaite développer : « On veut miser sur un projet pédagogique, mais l’idée est aussi de produire. » Pas de viande ou de fromages en vue, l’association mise sur la laine !

Dans le petit groupe présent ce jour-là, Delphine, professeure de couture en ville, nous explique les différentes étapes pour passer d’une toison brute à des créations feutrées ou des pelotes de laine. Un travail de patience et de minutie, réalisé à l’aide d’instruments inchangés, véritables témoins de la transmission bien réelle d’un savoir-faire ancien.

Ateliers et pâturages

À partir de la rentrée, l’association proposera des ateliers aux écoles, centres socio-culturels, EHPAD. C’est dans ces dernières structures que les brebis nouvellement arrivées ont commencé à faire leurs armes… pour le plus grand bonheur des résident(e)s : « Tous les jours, les personnes âgées venaient voir les moutons. »

De quoi encourager Muriel qui pense déjà à des ateliers intergénérationnels de tricot… à base de laine made in Strasbourg, évidemment !

Stras’bêrgerie bergerie urbaine Koenigshoffen éco-pâturage moutons
© Martin Savail / Pokaa

Tous ces ateliers, c’est la raison d’être de ce projet avant tout pédagogique, qui vise à « rapprocher la nature et l’agriculture de la ville et de ses habitants ». Parce qu’en fait, il y a pas mal de sujets qui gravitent autour du mouton, à l’image de l’agriculture durable, de l’alimentation, de la biodiversité, etc. À terme, Muriel imagine des grandes transhumances urbaines, à l’image de ce qui se fait à Lyon, accompagnées par des classes d’écoles strasbourgeoises.

La Stras’bêrgerie souhaite aussi démocratiser l’écopâturage. Un terme souvent galvaudé, selon Muriel, qui explique : « C’est du pâturage, on ajoute ‘éco’ pour insister sur le fait que c’est réellement intéressant d’un point de vue environnemental. »

Alors mouton vs tondeuse, qui gagne ? Le mouton choisit ce qu’il broute, gratte le sol, extrait des matières organiques : il laisse derrière lui un terrain entretenu, mais hétérogène, pas uniformément rasé. Il ne consomme pas d’électricité, ne fait aucun bruit de moteur… et, on l’a vu, crée de l’intérêt.

Pendant la période de pâturage, où il faut environ deux semaines pour 3000 m2, les bénévoles gèrent tout. « On s’occupe des brebis, on pose les clôtures, les gens n’ont rien à faire à part observer ! » Une prestation que l’association compte bien développer auprès de nouveaux propriétaires de parcelles (à partir de 1000 m2).

Événement

Inauguration officielle de la Stras'bêrgerie

Quoi ?

Événement festif

Quand ?

Le 4 octobre 2026

où ?

Résidence Caritas Alsace, ancien couvent des Capucins, 5 rue Monseigneur Hoche, 67200 Strasbourg

Plus d'infos ?

Au programme : ateliers de transformation de la laine, la biodiversité et le pastoralisme ; rencontre avec les agriculteurs de la ferme du Runtzenbach et projection d’un film sur la transmission de leur savoir-faire.

Ça pourrait vous intéresser

+ d'articles "Écologie"

À la une

Elles voyagent en vélo-cargo : à Strasbourg, 15 brebis ont élu domicile à Koenigshoffen !

Aucun commentaire pour l'instant!

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Répondre

En réponse à :

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Illustrations prolonger la lecture

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

Tous les articles “Écologie”
Contactez-nous

Contactez-nous

C’est par ici !