À l’issue de plusieurs jours de tractation autour du 1er mai, le Premier Ministre Sébastien Lecornu a fait le choix de ne pas convoquer de commission mixte paritaire à l’Assemblée nationale. Le 1er mai 2026 restera donc un jour chômé pour tous/tes les Français(es). Une victoire pour les syndicats, même si le dossier n’est pas encore enterré.
C’était le dossier politique brûlant de ces derniers jours. Après un vote à l’Assemblée nationale sur une potentielle sortie de l’Alsace de la région Grand Est la semaine dernière, le vote sur la proposition de loi autour du 1er mai, journée de la fête des travailleurs et des travailleuses, semblait être au programme des jours à venir.
L’Alsace hors du Grand Est ? Une proposition de loi vient d’être adoptée
Poussée par Gabriel Attal et soutenu par la droite et l’extrême-droite française, le texte avait pour ambition de transformer le 1er mai en un jour ouvré pour de nouvelles professions, comme les « boulangers et fleuristes » notamment, à en croire la déclaration du président du groupe Ensemble dans un message publié sur X.
Dans le détail, l’adoption de cette proposition de loi aurait pu concerner 1,4 million de personnes travaillant dans des commerces de bouche de proximité et des établissements culturels.
Mais finalement, il n’en sera rien. En effet, après une réunion avec les différents organisations syndicales et le Premier Ministre ce lundi 13 avril, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé que Sébastien Lecornu avait fait le choix de ne pas demander « la convocation de la commission mixte paritaire ».
Le 1er mai 2026 sera bien un jour « chômé »
Ce rétropédalage politique signifie donc que le 1er mai 2026 sera bien un jour « chômé », comme l’a confirmé le gouvernement. Cependant, le dossier ne sera pas refermé pour autant. « Ma responsabilité est d’apporter une réponse avant le 1er mai 2027 au flou juridique actuel », a confirmé Jean-Pierre Farandou.
Toujours est-il que ce sursis est synonyme de victoire pour les organisations syndicales. Dans un communiqué relayé sur ses antennes régionales, la CGT se félicite de cette décision. « La mobilisation paye : le 1er mai est et restera férié, chômé et payé le rapport de force a payé ».
« La CGT appelle les travailleuses et les travailleurs à manifester massivement ce 1er mai. C’est le jour où, depuis 140 ans, tous les travailleurs et travailleuses du monde manifestent ensemble pour défendre la paix juste et durable et le progrès social ».
« Le jour où les travailleurs et travailleuses manifestent pour défendre le progrès social »
« On sait très bien que ces idées réactionnaires reviendront sur le tapis. Plutôt que de régler les problèmes de salaire et d’emploi, ils essayent de nous priver de nos acquis sociaux », lance Éric Borzic, secrétaire général de l’union départementale FO du Bas-Rhin.
Les contestation nées de cette proposition de loi constituent la vraie satisfaction d’Éric Borzic. Ce 1er mai, « les huit organisations syndicales vont s’unir. Je pense que ce n’était plus arrivé depuis 2023. C’est une première victoire », admet-il. À Strasbourg, le rendez-vous sera donné à 10h, sur la place Kléber.


