Ce 9 avril, Catherine Trautmann, Thibaud Philipps (maire d’Illkirch) et Catherine Graef-Eckert (maire de Lingolsheim) ont présenté leur « Pacte de gouvernance » pour l’Eurométropole de Strasbourg. Une collectivité qui sera dirigée avec une large alliance avec la droite et le centre pour la maire de Strasbourg. Une double casquette qui n’avait plus été la norme depuis 25 ans… et la fin du mandat de Catherine Trautmann.
En 2020, les négociations d’entre-deux-tours entre Catherine Trautmann et Jeanne Barseghian avaient échoué, notamment en raison de la volonté de la première de prendre la présidence de l’Eurométropole. Six ans plus tard, et après quasiment cinq ans dans l’opposition, Catherine Trautmann retrouve la présidence de la collectivité, mais cette fois-ci toute seule, grâce à sa victoire le 22 mars dernier lors des municipales à Strasbourg.
Pour en avoir la confirmation, il a fallu attendre, Catherine Trautmann ne l’ayant jamais déclaré lors du point presse. Cette présidence de la collectivité, et ce cumul des mandats, n’est pas une première pour elle, puisqu’elle l’a également dirigée entre 2000 et 2001, lorsqu’elle était maire de Strasbourg.
En tant que présidente, elle gardera d’ailleurs la compétence des mobilités ; pas vraiment une surprise connaissant Catherine Trautmann, souhaitant mener à bien son ambition des mobilités qu’elle a déjà imaginée jusqu’à l’horizon 2050. Et rien ne l’empêchera donc de développer sa vision.
Un Pacte de gouvernance pour « apaiser et reconstruire la confiance au sein de l’EMS »
Pour ce retour 25 ans après, la maire s’est entourée du duo Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert, respectivement maires d’Illkrich et Lingolsheim et qui auront la charge de l’urbanisme pour l’un, et du rayonnement européen et de la circulation pour l’autre. Deux élu(e)s présentant la particularité de représenter la droite, avec laquelle Catherine Trautmann a beaucoup travaillé dans le dernier mandat, et avec qui elle a donc noué une large alliance, qui lui assure une majorité à 72/74 sièges sur les 107.
L’Eurométropole est le cadre dans lequel 33 communes forgent leur avenir commun.
Le trio a présenté ce 9 avril, la veille du conseil de l’Eurométropole, leur pacte de gouvernance. Un document qui n’a pas été « écrit depuis un bureau mais construit dans le dialogue avec de nombreux maires et élus du territoire », selon Catherine Trautmann. Il aura pour but « d’apaiser et reconstruire la confiance au sein de l’Eurométropole », selon Catherine Graef-Eckert. La solution ? « Dépolitiser les débats à l’Eurométropole, pour revenir à plus d’efficacité et de pragmatisme. »
Ce mandat aura également pour but de réparer « la crise de gouvernance [qui] a abîmé des liens forts tissés avec les partenaires de la CEA et de la Région Grand Est ». Des partenaires dont Catherine Graef-Eckert et Thibaud Philipps sont respectivement vice-présidents, ce qui devrait aider les négociations. Comme le résume le maire d’Illkirch : « Il faut qu’on soit des partenaires fiables, prévisibles, engagés de long terme. »
4 défis pour le pacte
Plus concrètement, ce pacte aura comme objectif de répondre à 4 défis principaux durant le mandat :
- Le logement
- Les mobilités (notamment tram Nord)
- L’attractivité économique
- La transition climatique (qui n’est « pas un frein avec le développement mais un horizon en commun » selon Catherine Trautmann)
Pour porter ces défis, Thibaud Philipps annonce également une révision totale du Plan local d’urbanisme, Catherine Graef-Eckert présente de futures Assises de la circulation, tandis que Catherine Trautmann énonce déjà la tenue de grandes conférences sur les mobilités et les logements. Le tout, avec une équipe de 18 vice-président(e)s, dont 5 membres du bureau du groupe de la maire de Lingolsheim, 9 de celui de celle de Strasbourg et 4 de celui du maire d’Illkirch.
Un pacte de gouvernance qui incarne « une rupture de méthode dont nous sommes assez fiers » et qui va désormais être mis à l’épreuve du pouvoir. Maintenant, y a plus qu’à.




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