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De Kyan Khojandi à Clémentine Célarié : dans les secrets d’un tournage de film à Strasbourg

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À Strasbourg, le tournage du film Claude a animé les rues de la capitale alsacienne depuis le 27 février dernier. Nous avons eu la chance de passer une journée sur le tournage de ce long-métrage, réalisé par Clément Michel. Immersion avec Clémentine Célarié, Kyan Khojandi, André Dussollier…

En cette matinée du lundi 30 mars, Strasbourg se réveille encore doucement. Mais dans la rue Erckmann-Chatrian, l’effervescence est totale. Les équipes de production du film Claude s’activent depuis plusieurs heures pour installer le plateau de tournage dans un appartement du rez-de-chaussée. 

Depuis le 27 février dernier, Clément Michel et ses équipes ont investi Strasbourg pour le tournage de la nouvelle comédie du réalisateur de La stratégie de la poussette. Pendant plusieurs semaines, la capitale alsacienne est le terrain de jeu de ce futur long-métrage.

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Dans ce film éponyme, Claude, 69 ans, interprété par André Dussollier, se sépare de sa compagne incarnée par Clémentine Célarié. Il retourne vivre en « garde alternée » chez ses enfants installé(e)s à Strasbourg, joué(e)s par Kyan Khojandi et Valérie Donzelli.

Des grands noms du cinéma français

« Clément Michel était content d’ancrer son histoire dans une autre ville que Paris », raconte Valérie Roucher, directrice de production. Le lien avec la capitale alsacienne relevait presque de l’évidence au vu du chanteur préféré du personnage de Claude : l’Alsacien Alain Bashung.

Pour compléter ce casting, l’actrice Marie-Julie Baup, récemment aperçue au cinéma dans le rôle d’Édith Piaf pour le film Monsieur Aznavour, signe avec ce film un retour à la comédie. 

« Je viens de la comédie à la base, j‘ai commencé par essayer de faire rire les gens. Pour moi, comme le théâtre, ce sont des choses qui me sont assez naturelles, c’est plus mon ADN. Donc j’ai évidemment plaisir à y aller », confie l’actrice.

Une comédie toutefois singulière, qui oscille entre rire et émotions. « Je pense que le film sera très touchant. C’est ce qu’il y a de plus intéressant quand on rit avec les larmes aux yeux et que les deux émotions se télescopent », ajoute Marie-Julie Baup.

« C’est en tout cas ce que je recherche en tant que spectatrice, de plus en plus en tant qu’actrice, et même en tant que réalisatrice, une étape qui arrivera un peu plus tard pour moi », glisse-t-elle.

« Quand je ne tourne pas, je rattrape les cours »

Sur ce plateau de tournage, l’une des benjamines se prénomme Albane Beaugé. Pour son premier rôle sur grand écran, l’actrice révélée par la série ASKIP doit jongler entre ce tournage et ses cours, car elle est actuellement en classe de terminale. « Quand je ne tourne pas, je rattrape les cours. C’est un rythme très intense. »

Elle endosse dans ce film le rôle d’Anna, la petite fille de Claude, un grand-père complexe mais attendrissant. « Anna n’est pas très proche de lui mais je pense que Claude est le grand-père que tout le monde aimerait avoir. Celui avec qui tu fais des bêtises quand tes parents ne sont pas là, qui est drôle malgré lui. Je n’ai pas beaucoup connu mes grands-pères et j’aurais adoré avoir un grand-père comme Claude. »

À Paris, tout est compliqué et peut prendre plusieurs semaines.
Valérie Roucher, directrice de production

Sur le plateau, tout le monde s’est mis à l’heure strasbourgeoise depuis plusieurs semaines. Un environnement qui a l’air de ravir particulièrement les comédien(ne)s, Marie-Julie Baup la première.

« Strasbourg est probablement l’une des meilleures villes de France. C’est magnifique, c’est culturellement ultra dense, tu manges bien… Je veux m’installer ici ! C’est le deuxième film que je fais ici en un an, et j’y ai passé plusieurs mois de mon année. Je suis tombée amoureuse de cette ville », avoue la comédienne.

Du côté des équipes de tournage, le cadre de la ville a été particulièrement apprécié pour la richesse de ses décors. « On peut retrouver des airs imposants de Paris, un peu haussmanniens ou les bords de l’Ill, vraiment hyper jolis. Je trouve qu’il y a beaucoup de diversité », explique Valérie Roucher. 

Une diversité combinée à des conditions de tournage grandement facilitées en comparaison avec Paris. « Les questions autour des autorisations, du tournage ou du stationnement ont été beaucoup plus simplement traitées avec la municipalité strasbourgeoise. C’est quand même une différence par rapport à Paris où tout est compliqué et peut prendre plusieurs semaines », ajoute la directrice de production.

Une mixité entre équipes parisiennes et savoir-faire local

Ce travail est réalisé main dans la main avec le bureau d’accueil des tournages de Strasbourg. Il accompagne les différentes productions dans la capitale alsacienne et peut apporter des soutiens financiers et logistiques. Pour en savoir plus, rendez-vous ici ! 

En plus de cet accompagnement, les équipes parisiennes peuvent s’appuyer sur un vivier de technicien(ne)s locaux/les, comme Eloi Rimmelspacher, assistant chef opérateur sur le Grand Est. Un mixage géographique gagnant.

« Depuis que je travaille sur des films à Strasbourg ou dans le Grand Est, j’ai rencontré beaucoup de méthodologies différentes et c’est extrêmement enrichissant. Cet échange permet aussi de faire fonctionner un vivier de techniciens locaux et de maintenir ce savoir-faire dans le coin. Les productions essayent justement de jouer le jeu en mixant les équipes avec des locaux », explique-t-il.

Ainsi, depuis plusieurs années, les savoir-faire s’aiguisent dans la région au fur et à mesure que les tournages se délocalisent. « Les gens sont aussi compétents qu’à Paris. Plus que ça, à force de travailler avec des méthodologies différentes, on a développé un côté caméléon. Les équipes qui arrivent à Strasbourg repartent généralement agréablement surprises. Ça nous arrive même qu’on nous appelle pour des projets ailleurs en France », raconte Eloi Rimmelspacher.

« C'est plus simple d'aller à Strasbourg, à Nantes ou à Bordeaux pour filmer »

Dans une capitale française surchargée de tournages où les coûts de production sont toujours aussi élevés, le tournage dans d’autres villes, comme à Strasbourg, présente de plus en plus d’avantages.

« Les tournages en dehors de Paris c’est l’avenir d’un certain cinéma qui ne peut pas se permettre d’être en studio. C’est plus simple d’aller à Strasbourg, à Nantes ou à Bordeaux pour filmer. Pour les films d’auteur, c’est plus intéressant », conclut Valérie Roucher.

Ce mardi 7 avril, les dernières scènes du long-métrage ont été tournées à Strasbourg, avant de basculer en post-production. Un travail de plusieurs semaines s’est donc achevé à Strasbourg, où la bonne ambiance a guidé les longues journées de tournage, à en croire les comédien(ne)s et équipes techniques.

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