Ouverte depuis 2023, l’antenne strasbourgeoise de Cop1 compte aujourd’hui plus de 200 bénévoles. Distribution alimentaire, friperie solidaire, atelier cuisine, sorties culturelles ou sportives, l’association a fait de la lutte contre la précarité étudiante son fer de lance. Avec une particularité qui fait toute la différence : être une structure gérée à la fois par et pour les étudiant(e)s.
Étudiante en architecture, Anastasia a rejoint l’association six mois après son ouverture : « Dès que je suis arrivée à Strasbourg, j’ai cherché une asso. Ce qui m’a tout de suite plu, c’est l’énergie que dégage Cop1, la façon dont j’ai été accueillie. Je venais de débarquer à Strasbourg, je n’avais pas d’amis mais ça m’a aidée à créer des liens et à m’occuper. Je suis devenue bénéficiaire et bénévole en même temps, dès le premier jour. »
Aujourd’hui présidente de l’antenne locale, elle estime que Cop1 est parvenue à se faire une véritable place, notamment grâce à une particularité : celle d’avoir été créée et d’être animée par des étudiant(e)s.
« Comme nous sommes nous-mêmes étudiants, c’est un public duquel on peut vite se rapprocher. On a des bénévoles qui sont également bénéficiaires, qui comprennent ce que c’est la précarité étudiante et ça, ça fait toute la différence. Les bénéficiaires se sentent plus à l’aise. C’est un peu comme si c’était un BDE, mais qui fait du bénévolat. »
230 paniers distribués chaque semaine
Tout au long de l’année universitaire, les bénévoles distribuent des paniers de première nécessité. Le rendez-vous est donné aux Compotes Café dans le quartier du Neudorf, un soir de semaine après les cours.
Sur place, chaque étudiant(e) compose son panier selon ses envies, avec des fruits et des légumes frais, des pâtes ou du riz, des conserves, des céréales, du lait, mais aussi des produits d’hygiène comme du dentifrice, du savon, de la lessive ou des protections menstruelles.
Environ 230 étudiant(e)s peuvent ainsi emporter gratuitement un panier complet chaque semaine, sur réservation. Pour en bénéficier, il suffit d’être étudiant(e) ou d’avoir moins de 26 ans, et de réserver sa place en ligne via le lien partagé sur le compte Instagram de Cop1 Strasbourg.
Mais les distributions sont aussi l’occasion de faire des rencontres, comme l’explique Anastasia : « On met de la musique, on discute, l’idée c’est aussi de décompresser un peu. » Plusieurs associations en profitent également pour installer un stand, pour sensibiliser sur la précarité, les TCA, les VSS, ou encore sur l’addiction.
Chiner de quoi remplir son placard
Pour chacune des actions proposées par Cop1, le principe est le même : tout est gratuit. C’est donc aussi le cas des dressings solidaires, que les Compotes Café accueillent plusieurs fois par an. Selon la quantité de vêtements disponibles, chaque étudiant(e) peut repartir avec trois ou cinq vêtements, sans avoir à débourser un centime.
Les dons proviennent souvent d’autres étudiant(e)s, mais toutes les personnes qui souhaitent aider peuvent déposer des vêtements aux Compotes Café tout au long de l’année.
Créer du lien
Au-delà des distributions de première nécessité, l’association cherche avant tout à proposer des moments de partage et de rencontre entre les étudiant(e)s. « Ce qu’on veut développer, c’est cette cohésion, les moments de vie ensemble. C’est toujours agréable de voir des têtes qu’on reconnaît, de discuter, etc. Et on rencontre plein de nouvelles personnes aussi », précise Anastasia.
Alors pour entretenir cette cohésion et tisser des liens forts, Cop1 organise aussi des sorties et des repas qui réunissent bénévoles et bénéficiaires. À la différence des distributions et des dressings solidaires qui sont ouverts à tout le monde, ces rendez-vous ne sont accessibles qu’aux personnes ayant participé au moins à une distribution. « On a un groupe WhatsApp qui permet d’informer tous les bénéficiaires des rendez-vous proposés », indique la présidente de l’association.
En parallèle, les Fest1 sont des ateliers cuisine organisés au Kaléidoscope, un tiers-lieu situé dans le quartier de la Coop : « Sur place, on se divise en groupes pour réaliser l’entrée, le plat et le dessert. Ensuite on mange tous ensemble, on discute, on joue à des jeux… »
Les bénévoles proposent aussi des sorties culturelles. L’occasion de profiter ensemble d’une séance de ciné, d’un concert au Zénith, d’une pièce de théâtre, d’un spectacle ou d’un stand-up. Pour Anastasia, l’objectif est de lutter contre l’isolement en proposant des événements souvent difficiles d’accès pour les étudiant(e)s. Sur le même principe, l’association cherche à développer cette année les sorties sportives.
Des besoins en bénévoles pour étendre les activités
Aux étudiant(e)s strasbourgeois(es), la présidente de Cop1 adresse un message d’espoir : « N’hésitez pas à venir ! Nous sommes nous-mêmes étudiants, on sait que c’est une période difficile à passer. Mais on est là pour les aider à la traverser et les soutenir pendant leur vie étudiante. »
Quant à celles et ceux qui hésiteraient à participer aux actions, l’association a toujours besoin de nouvelles têtes. Chaque étudiant(e) peut s’engager selon ses disponibilités : « Les études passent avant tout, tient à rassurer Anastasia, chez nous, c’est chacun à son rythme, ça peut être une fois par mois par exemple. On tourne beaucoup, donc pas d’inquiétude ! »



