Avec douze hectares d’espaces verts, le campus de l’Université de Haute Alsace (UHA) est un des plus verts de France. Depuis le 15 avril, outre les 10.000 étudiant(e)s, de nouveaux pensionnaires y ont fait leur apparition : de tout petits moutons noirs. Ces moutons d’Ouessant vont paître pour le plus grand bonheur de l’environnement… mais aussi le nôtre.
Sur le campus de l’Illberg devant le Learning center à Mulhouse, de petits moutons noirs gambadent gaiement.
Une parcelle de 4.200 m2 leur a été réservée et une petite cabane en bois a été construite afin qu’ils puissent s’abriter du soleil ou de la pluie.
Ces moutons sont des moutons d’Ouessant : la plus petite race ovine d’Europe. Quand ils atteignent leur taille adulte, comme ici, ces moutons bretons ont un gabarit de 46 cm pour les femelles et de 49 cm pour les mâles.
Ce sont aussi des poids plumes car ils pèsent entre 10 et 15 kilos, guère plus qu’un teckel, en somme !
Pourquoi des moutons bretons en Alsace ?
Réputés pour leur robustesse et leur voracité, ils sont « particulièrement adaptés aux petites parcelles », explique Nathan Fricker, fondateur d’Ecopatu’Rhin, avec Nathalie Fretz. « On adapte. On choisit la meilleure race en fonction de la zone », ajoute-t-il.
L’entreprise Ecopatu’Rhin, située à Balgau (près de Fessenheim), loue des moutons à plusieurs collectivités et communes, et à l’UHA.
Dans leur troupeau, il y une centaine de bêtes, parmi lesquelles des moutons d’Ouessant, des Bizet (une race auvergnate) et des Racka, une race hongroise aux drôles de cornes torsadées. Il n’existe pas à proprement parler de race de moutons alsacienne.
Sur le campus de l’UHA, on dénombre une douzaine de moutons : 6-7 Ouessant et 4 Bizet (beaucoup plus gros, noirs et blancs). Ce sont les mêmes qui reviennent d’année en année.
En 2024, un de moutons avait été prénommé Michèle, un clin d’œil à la maire de Mulhouse : Michèle Lutz. Cette année Michèle est donc de retour.
C’est la quatrième année que la technique d’éco-pâturage a été mise en place sur le campus. « Au début, on ne faisait venir les moutons qu’un jour par semaine mais ça n’était pas efficace », confie Éric Laleu, directeur adjoint au patrimoine immobilier et responsable de la maintenance.
Désormais, nos amis d’origine bretonne restent 6 mois sur le campus et ils ne sont pas que mignons, ils apportent aussi un véritable plus en matière environnementale et sociétale.
Augmentation de la biodiversité et renforcement du lien social
« Grâce au piétinement et aux déjections, la biodiversité a augmenté de 30% sur cette parcelle », se réjouit Julien Dinterich, webmaster de l’UHA.
Autre avantage non négligeable : les moutons participent à la réduction de la pollution sonore, ce qui est fort apprécié sur le campus.
Dernier atout de nos mignonnes brebis : elles renforcent le lien social. « L’université est ouverte sur la ville », décrit Julien Dinterich, « les week-ends, les Mulhousiens peuvent venir les voir, ça renforce le lien entre l’université et la société », se félicite-t-il.
Les moutons resteront sur le campus jusqu’au 15 octobre. Vous avez donc tout le temps d’aller les voir.
Attention, toutefois, ils ne seront pas là le week-end du 23-24 mai pour cause de festival. Chipo’zik (et non Sheep’ozik) est un festival gratuit qui se déroule sur le campus : concerts et chipolatas en perspective. Ils seront également absents en août à cause des vacances universitaires.



