Depuis le début du mois d’avril, cinq familles qui étaient auparavant à la rue avec des enfants scolarisé(e)s à Strasbourg, sont désormais logées dans des « Bulles d’air », des micro-maisons de 25 m2. Situées à la Robertsau, elles resteront sur place jusqu’à la fin de l’année 2026. « Un très beau projet de solidarité » selon la Ville, qui dénonce un « système d’hébergement à bout de souffle ».
Il régnait une ambiance festive dans la rue de la Carpe-Haute, à la Robertsau, ce 14 avril. Les rayons du soleil et un petit concert avec guitare et violons accompagnaient le comité d’accueil, présent pour recevoir les premières familles qui viennen habiter dans les 5 tiny houses qui se sont installées sur le terrain début avril.
On a davantage d’occasions ces dernières années de se révolter que de célébrer de bonnes nouvelles. Ce n’est pas le cas ce soir.
Même la proximité de plusieurs policiers municipaux n’a pas rafraîchi l’atmosphère. Ces derniers étaient présents pour s’assurer que tout se déroule correctement, suite aux nombreux débats sur le sujet en conseil municipal, par le biais d’une pétition intitulée Contre une aire d’accueil de migrants à la Robertsau, qui a récolté 1 676 signatures depuis avril 2024. L’installation de ces tiny houses avait également provoqué des propos haineux, comme on vous l’expliquait ici.
Cinq tiny houses de 25 m2, pour accueillir 5 familles à la rue
Mais ce 14 avril, on trouvait simplement des familles heureuses d’être là, soulagées d’obtenir un peu de répit après un parcours souvent difficile. Des hommes, femmes et enfants qui pourront désormais profiter d’une « bulle d’air », le nom du projet de ces micro-maisons de 25 m2 « parce qu’elles permettent aux personnes qui n’ont pas de toit une bouffée d’oxygène », selon Jeanne Barseghian.
Derrière les chiffres ce sont des rêves, des parcours, des personnes, des enfants.
Concrètement, celles-ci sont entièrement meublées et possèdent toutes une pompe à chaleur qui permettra de chauffer et de climatiser l’intérieur. On y retrouve également une cuisine, un petit salon, deux chambres et un cellier. Les seuls absents ? Une douche et des toilettes fonctionnels. Mais ceux-ci se retrouvent dans deux autres bâtiments en préfabriqué, installés juste à côté.
Fabriquées par Hekipia, elles pourront héberger des familles à la rue avec enfants scolarisé(e)s à Strasbourg jusqu’à la fin de l’année 2026. Pour cela, la Ville débloque un budget de 330 000 €, qui comprend notamment l’accompagnement social pour 2 ans, mais également l’aménagement et l’entretien des locaux et des sanitaires. Le mécénat du groupe KS a d’ailleurs permis d’acheter une micro-maison supplémentaire. Après 2026, elles pourront être réemployées sur un autre site strasbourgeois.
Une nouvelle expérimentation de la Ville pour loger les plus précaires
Au-delà de l’innovation du projet en lui-même, ce comité d’accueil a également donné à Jeanne Barseghian l’occasion d’être très politique. La maire de Strasbourg a frontalement attaqué le système d’hébergement actuel, « à bout de souffle » : « Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réformer ce système indigne dans notre pays. »
L’hébergement d’urgence est un droit inconditionnel.
Elle a pu rappeler les 600 places d’hébergement d’urgence créées durant ce mandat, alors que dans le Bas-Rhin entre 800 et 900 personnes font appel chaque semaine au 115 [la moitié d’entre elles sont des familles avec enfants en bas âge, ndlr].
Ainsi, après avoir mobilisé son patrimoine pour créer l’accueil de jour de la T’Rêve, la Ville compte désormais utiliser ses terrains vacants, comme celui de la Carpe-Haute ou de la Montagne Verte. Ces « Bulles d’air » ne sont sans doute pas les dernières.
Mobilisation des écoles : à Strasbourg, au moins « 50 enfants » dorment dehors


