Samedi dernier, plus de 30 militant(e)s étaient réuni(e)s devant la cathédrale pour alerter sur la situation des enfants à la rue dans les écoles strasbourgeoises. Ils et elles ont proposé aux passant(e)s, ce samedi 15 mars, de signer des cartes postales qui seront envoyées aux collectivités territoriales.
« Strasbourg, sa cathédrale, ses bretzels et… ses enfants à la rue. » Si le slogan est choc, l’image l’est tout autant. Sur la carte postale, la cathédrale côtoie l’image d’un nounours posé sur une valise lors de l’évacuation d’un campement de sans-abris. Au verso, le texte demande aux collectivités territoriales de rendre public leur parc de logements vacants et à la préfecture de les réquisitionner pour loger les familles à la rue.
Dans les rues, ce samedi 15 mars, les passant(e)s étaient invité(e)s à signer ces cartes, qui seront ensuite expédiées à la mairie, à la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), à la préfecture et même à l’Élysée.
« Cela fait six mois qu’on interpelle la Ville de Strasbourg et la Collectivité européenne d’Alsace, explique Céline Balasse, enseignante au collège Lezay-Marnésia. Elles ont forcément fait un état des lieux de leur parc de logements et si ces logements sont vides, on pourrait s’en servir pour loger les familles sans-abris, il suffit d’ouvrir la porte. » Pour l’enseignante, connaitre l’état du parc de logements des collectivités permettrait d’ouvrir la discussion. « Quand ils nous disent qu’ils n’ont plus de place, on a vraiment du mal à les croire. »
Entre 80 et 100 enfants à la rue
Alors que ces dernières semaines les mobilisations se sont multipliées dans les écoles strasbourgeoises, les différents collectifs ont fait le choix de se rassembler pour une action commune. « Plutôt qu’interpeller établissement par établissement, on s’est dit qu’il fallait que tout le monde se réunisse. »
Ils et elles sont une trentaine, enseignant(e)s, parents d’élèves et militant(e)s d’associations réuni(e)s devant la cathédrale ce samedi 15 mars. Céline Balasse poursuit : « On est là pour dire qu’on veut une solution, non pas pour tel enfant de tel établissement, mais pour tous les enfants de Strasbourg qui vivent dehors. »
Mobilisation des écoles : à Strasbourg, au moins « 50 enfants » dorment dehors
« Il faudrait qu’on puisse proposer des solutions à grande échelle, explique Sabine Carriou, représentante de l’association Les Petites Roues. Pour une famille mise à l’abri, il y en a cinq derrière qui attendent. » La militante estime que 30 à 35 familles se trouveraient en situation de grande précarité à Strasbourg. « Cela représente entre 80 et 100 enfants qui sont soit dans les gymnases, soit sous des tentes, soit dans des voitures, soit chez des tiers, mais dans des situations très précaires. »
« On ne peut pas s’habituer à cette situation »
Marie-Claude Harrer, enseignante à l’école élémentaire Saint-Jean, va en direction des personnes qui sortent de la cathédrale. Cartes postales en main, elle interpelle les passant(e)s, la discussion s’engage. « C’est toujours encourageant quand des gens nous soutiennent et nous disent de continuer. C’est un sujet qui les interpelle et on a besoin des gens pour faire bouger les choses. »
En une heure de présence sur le parvis, plus de 100 cartes postales ont été distribuées et viendront s’ajouter aux 400 que les militant(e)s ont déjà recueillies ces derniers jours.
Pour Marie-Claude Harrer l’opération est réussie. « Les collectivités vont se rendre compte qu’on n’est pas uniquement dans nos combats individuels pour les élèves de nos écoles. On se parle, on est ensemble et on est nombreux. » Sa collègue Céline Balasse espère que les pouvoirs publics entendront le message. « Si on n’est pas entendu, on fera de nouvelles actions jusqu’à ce qu’on le soit. On ne peut pas s’habituer à cette situation. »
L’enseignante regarde déjà vers les élections municipales de l’année prochaine. Alors que la campagne débute, elle compte, dans les prochains mois, interpeller les candidat(e)s sur la question du sans-abrisme. « On est dans une ville qui est riche, si on n’est pas capable de mettre à l’abri 100 enfants, je ne sais pas ce que les pouvoirs publics sont capables de faire. »


