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Ukraine invitée à Noël, accueil des exilé(e)s et fermeture de la poste : ce que Strasbourg a décidé hier

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Le grand sapin est arrivé, Halloween est passée et l’heure de la rentrée a sonné pour nos petits écoliers. Après des vacances bien méritées, et des polémiques de Noël bien entamées, ils et elles reviennent au boulot, cartables sur le dos et trousses remplies de bons mots. Moins de trois semaines avant le début du marché de Noël, est-ce que l’ambiance sera sereine, ou plutôt conflictuelle ? Réponse dans ce deuxième épisode de la série politique strasbourgeoise la plus suivie de l’année.

Ce 7 novembre, on fait face à un ordre du jour défriché comme le sapin de Noël à son arrivée place Kléber. En effet, avec 29 points, dont seulement 9 retenus, le programme initial était chiche. Il a donc fallu compter sur l’opposition pour remplumer un peu tout ça : 11 sujets de débat supplémentaires, avec 2 résolutions, 3 motions et 6 interpellations. On pouvait tout de même s’attendre à un conseil municipal tranquille, lorsque Jeanne Barseghian déclare en introduction : « J’ai proposé qu’on commence les débats de façon posée et constructive ».

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Raté. Car, comme à chaque fois que l’on s’attend à un conseil plus paisible qu’à l’accoutumée, nos élu(e)s nous surprennent. Ils débutent ainsi les hostilités par leur marronnier : un petit débat sur les résolutions, doublé de rappels au règlement intérieur. Comme souvent, Catherine Trautmann, très doctement, accuse la maire « de changer les règles du jeu ». Les esprits s’échauffent, on élève la voix et Jeanne Barseghian appelle au calme : « On va venir, je l’espère, sur des débats de fonds ». Voeu pieux ou non ? Le suspens reste entier. En tous les cas, les écologistes doivent commencer à sacrément regretter d’avoir instauré ce nouvel outil de débat municipal. Si ce n’est déjà fait. Vous pouvez revoir le houleux début de séance ici.

Ce qui va changer pour Strasbourg

La restauration du Musée alsacien

Maintenant que les esprits sont échauffés, les choses sérieuses peuvent débuter. En premier lieu, l’évolution et la restauration du Musée alsacien. Présent depuis 1902, il a vu des générations de Strasbourgeois(es) se succéder pour admirer l’Alsace rurale du XIXe et du début du XXe siècle. Néanmoins, la municipalité veut le faire évoluer. Pour cela, elle souhaite notamment qu’il joue un rôle pilote en matière d’accès à la culture et d’accueil des populations immigrées ou réfugiées, et qu’il valorise les nombreux créateurs et acteurs des cultures régionale et rhénane. Enfin, elle va entamer une série de travaux de restauration des toitures du musée, tout particulièrement sur les charpentes. Ceux-ci devraient débuter fin 2024, pour un coût total de 1 million d’euros.

Pour les débats, on a eu le droit à une petite surprise : le point a été retenu mais il s’est déroulé sans aucun débat. La raison de cette curiosité réside dans l’absence de celui ayant retenu le point, à savoir Pierre Jakubowicz, pris dans des travaux sur une motion. Et comme aucun autre élu(e) de l’opposition n’a souhaité reprendre le sujet, le point a donc été adopté sans débat, à l’unanimité. Posant ainsi une évolution nécessaire pour un chantre de la culture à Strasbourg. Et si vous souhaitez revoir la séquence, c’est par ici.

musée alsacien + strasbourg
© Fanny Soriano / Pokaa

L’Ukraine sera l'un des prochains pays invités au marché de Noël

Depuis l’arrivée des écologistes au pouvoir, un seul pays étranger a été invité au marché de Noël : l’Allemagne, en 2021. Il y en aura peut-être un deuxième dans les années à venir, avec une motion déposée par Nicolas Matt, élu d’opposition appartenant à la majorité présidentielle. Le sujet ? Faire de l’Ukraine le pays invité au marché de Noël 2023. Une volonté de rendre hommage et mettre en valeur la culture ukrainienne, mais également de réaffirmer le soutien de Strasbourg à l’Ukraine.

Jeanne Barseghian accueille une « proposition extrêmement concrète », même si elle souhaite travailler le sujet de manière plus approfondie. De son côté, Pernelle Richardot ne comprend pas l’indécision de la municipalité quant à marquer symboliquement la prochaine édition du marché de Noël. Alain Fontanel propose lui qu’on donne le choix à l’Ukraine de choisir la date qui l’arrange. Dans les débats, la municipalité semble sur la défensive, rappelant son soutien moral et matériel à l’Ukraine comme si elle avait quelque chose à prouver. Néanmoins, Jeanne Barseghian est d’accord avec la proposition d’Alain Fontanel, tout en souhaitant ne pas figer la date ou le format. La motion est adoptée à l’unanimité, promettant aux Strasbourgeois(es) que l’Ukraine sera un pays invité au marché de Noël dans les années à venir. Et si vous souhaitez revoir les débats, c’est par ici.

Manifestation Ukraine
© Hugo Favre - Napoli / Pokaa

Ce qui va changer pour les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois : la fermeture du bureau de poste de la place de la Cathédrale

Le sujet avait agité la politique locale en avril dernier, arrivant même aux portes du conseil municipal. Lors d’une conférence de presse organisée fin octobre, la municipalité a confirmé la nouvelle : le bureau de poste place de la Cathédrale va définitivement fermer ses portes. À la place, la Ville compte mettre en place une conciergerie solidaire dans les 57 m2 des anciens locaux de la Boutique Culture à l’angle de la rue Mercière. On pourra ainsi y retrouver un relais Poste, ainsi que d’autres prestations. Dans l’ordre : entretien et réparation, réservation service bien être, location matériel ménager, aide à la prise de rendez-vous et démarche administrative, livraison de paniers de légumes… On partirait alors sur une phase d’expérimentation de deux ans, renouvelable sur deux fois six mois, une fois que le gestionnaire aura été désigné. Quant au local place de la Cathédrale, il se pourrait qu’il accueille un Office de Tourisme flambant neuf…

Dans les débats, Catherine Trautmann critique le fait qu’« un relais postal n’est pas tout à fait la même chose [qu’un service postal] », et précise que son groupe votera contre cette délibération « en faveur d’une dégradation du service postal en centre-ville ». Très vite, elle se ravise, énonçant que son groupe s’abstiendra finalement. Pour Aurélien Bonnarel, c’est une « délibération au goût amer », à cause de « l’aveu d’impuissance » que signifie cette fermeture, une décision « inacceptable ». Le groupe communiste annonce ainsi son abstention. Enfin, Pierre Jakubowicz, revenu de son travail sur la motion, se félicite que « l’on réfléchisse sur le sujet et à l’approche servicielle du centre-ville dans son ensemble, du point de vue de la politique touristique ». Cela n’empêchera pas son groupe de s’abstenir, pour un point adopté finalement à 48 voix pour et 16 abstentions. Revoir les débats.

Bureau de poste cathédrale
© Nicolas Kaspar/Pokaa

Le sujet chaud : la politique sociale de la Ville passée au crible

C’était le gros sujet du jour. Lors d’une conférence de presse organisée le 3 novembre dernier, la Ville présentait une nouvelle expérimentation dans l’accueil des personnes exilées. Un tiers-lieu nommé « T-Rêve », qui ouvrira le 29 novembre. Un lieu pensé comme un espace de répit, bienveillant, ouvert en journée, favorisant le partage des cultures, le lien social et la construction d’une solidarité collective. En janvier, il y aura également des travaux de réhabilitation pour le sous-sol afin de permettre l’implantation de différentes activités, mais également d’équiper le lieu d’une bagagerie, de machines à laver, de matériel informatique. Coût total ? 400 000 euros.

Néanmoins, ce beau projet a surtout servi à une certaine frange de l’opposition de revenir sur la politique sociale de la majorité. Comme au précédent conseil municipal, Jean-Philippe Vetter a pris la parole au sujet du campement place de l’Étoile. Dans sa plus belle interprétation de François Hollande face à Nicolas Sarkozy en 2012, l’élu LR fait dans l’anaphore, répétant inlassablement « permettez-moi d’être le porte-voix de ». Il se met ainsi à la place de « ceux qui passent tous les jours devant le campement et qui ont honte », des « commerçants », des « touristes qui arrivent à la gare routière » et même des « femmes qui ne se sentent pas en sécurité ». Pour lui, la municipalité est responsable de toutes les difficultés sociales que traverse Strasbourg : « Jamais la pauvreté à Strasbourg n’a été aussi haute, jamais autant de personnes n’ont dormi dans la rue. Ce campement, madame la maire, c’est votre bilan ». Dans son élan, il compare même Jeanne Barseghian à Donald Trump.

Strasbourg solidaire grande précarité
© Adrien Labit / Pokaa

Par ses propos, l’élu LR déclenche néanmoins une volée de bois vert. Yasmina Chadli lui répond : « J’aurais encore plus honte de choisir les bons et les mauvais migrants ». Avant d’ajouter : « On souhaite faire de cet accueil de jour, un accueil tout court, un sas entre ce qu’on fuit et ce que l’on construit ». Céline Geissmann prend ensuite le relais : « On parle de personnes, on ne parle pas d’un banc ou d’un objet mobilier. Je trouve inadmissible les amalgames entre la détresse des gens et le sentiment d’insécurité. Faire le lit de l’extrême-droite est inadmissible et j’ai profondément honte ». Par ailleurs, l’élue socialiste revient sur le projet, qui pose certaines questions : pourquoi ne pas en avoir fait un accueil de nuit ou est-ce qu’il sera possible d’y prendre une douche le dimanche, chose impossible gratuitement à Strasbourg ? Floriane Varieras répond seulement qu’il sera d’abord ouvert trois jours par semaine, rappelant le côté expérimental du lieu.

Comme ses collègues, Jeanne Barseghian se déclare « assez choquée » des propos de Jean-Philippe Vetter, lui subtilisant au passage son amour de la figure de style : « Je refuse de faire une hiérarchie entre des êtres humains en détresse. Je refuse d’invisibiliser la misère parce que ça nous dérangerait. Je me refuserai toujours à ces amalgames inquiétants et dangereux, que l’on entend dans de nombreux médias ». Apparemment pas rassasié, l’élu LR remet alors une pièce dans la machine une nouvelle anaphore « Ce campement, c’est votre bilan », qu’il répète trois fois. À la volée, Jeanne Barseghian réplique : « Non, ce campement de l’Etoile, ce n’est pas mon bilan, c’est la salle d’attente du 115 ». Avant de terminer cette partie de ping-pong, quelque peu blasée : « Mais cela, je l’ai déjà dit nombre de fois ; je le répète, une fois de plus, dans le vide ». Et la délibération est adoptée avec 58 voix pour et 4 abstentions (LR). Revoir les débats.

Strasbourg solidaire grande précarité
© Adrien Labit / Pokaa

Le moment à retenir : le grand manège des interpellations, motions et résolutions

Avec un conseil municipal si peu fourni en points saillants, l’opposition ne s’est pas privée d’imposer ses sujets à la municipalité. Pas moins de 11 sujets ont été traités, non sans couacs, qui nous font penser que si le carrousel de la place Gutenberg a bien quitté Strasbourg ce lundi, il a vite été remplacé par un autre manège. 

Le premier souci arrive très vite, et il était prévisible : ça barde sur les résolutions, amenant toujours plus de débats stériles que d’avancées démocratiques. Qu’importe, les élu(e)s adorent débattre de la notion et mentionner le règlement intérieur. Pour résumer les problèmes de nos élu(e)s : Jeanne Barseghian demande que les deux résolutions proposées à l’ordre du jour soient renvoyées à de prochaines commissions plénières. L’opposition critique ce choix et dénonce une démocratie de façade. Ça ne change absolument rien, puisque la résolution de Pernelle Richardot, sur un groupe d’action et de lobbying sur la place européenne de Strasbourg, est reportée au 5 décembre. De son côté, celle de Pierre Jakubowicz, sur l’installation de poubelles de tri dans l’espace public, est reportée au 23 janvier. Pour revoir les débats en entier, c’est par ici.

parlement européen wacken
© Hugo Favre - Napoli / Pokaa

Les débats ont été plus fournis sur les différentes motions et notamment sur celle de la majorité et du groupe communiste concernant le soutien à la liberté de la presse contre l’extrême droite. Rapportant les menaces subies par Guillaume Krempp, journaliste de Rue89 Strasbourg, lors d’un rassemblement de l’extrême-droite le 22 octobre dernier, elle évoque notamment le « sentiment d’impunité d’une extrême-droite violente ». Nos élu(e)s ont réussi à s’écharper sur ce sujet pourtant consensuel, oubliant le local pour jouer des postures nationales. La première banderille est plantée par Joris Castiglione, du groupe communiste, qui regrette que la motion ait été amendée, exonérant le gouvernement quant à sa responsabilité dans la montée de l’extrême-droite. L’élu dénonce la « passivité » du ministre de l’Intérieur qui autorise « des personnes accusées de haine raciale à se présenter aux élections présidentielles ». Tension dans la villa.

Évidemment, branle-bas de combat dans la majorité présidentielle. Si Pierre Jakubowicz témoigne que le métier de journaliste « est l’un des plus précieux pour nos démocraties », il demande néanmoins à Jeanne Barseghian de se désolidariser des propos précédemment tenus. Il est vite rejoint par Rebecca Breitmann, « extrêmement choquée », et par Alain Fontanel, dénonçant des « propos complètement faux ». Enfin, Jean-Philippe Vetter, pas présent dans le groupe de travail de la motion, choisit de mettre sur le même plan l’extrême-droite et l’extrême-gauche : « Ce sont les extrêmes que nous devons tous combattre ». Il souhaite ainsi que la motion soutienne le gouvernement dans son combat contre des groupes violents « quelque soit leur obédience politique ». Un amendement rejeté par Jeanne Barseghian. La motion est finalement adoptée à l’unanimité. Revoir les débats ici.

Enfin, les interpellations ont remis sur le tapis les habituels marronniers de l’opposition : la sécurité, la critique des politiques vélos de la municipalité, l’Europe ou encore le stationnement. Comme toujours, ces moments sont moins propices à un débat utile, qu’à de la communication envers son électorat à grand renfort d’extraits postés sur les réseaux. Dès lors, pas grand chose à retenir, excepté la prouesse de Pierre Jakubowicz, qui réussit un quatre à la suite qui aurait rendu Julien Lepers toute chose.

Cet enchaînement de quatre interpellations consécutives de la part de l’élu d’opposition ne masque néanmoins pas une certaine redite. Il se plaint des manques de sécurité sur la place Braun quartier Gare, de l’injustice Streeteo, des « déraillements » de la politique cyclable et d’un accès au droit réduit des habitants du quartier de l’Abattoir au respect et à l’accès aux mobilités. Rebecca Breitmann aborde le rôle européen de Strasbourg, qui selon elle doit accueillir le secrétariat permanent de la communauté politique européenne, et Céline Geissmann évoque l’accueil des personnes en situation de grande vulnérabilité, des sujets que les deux élues remettent souvent sur le tapis. L’interpellation de l’élue socialiste marque la fin du conseil municipal, moins de 9h après ses débuts.

Le conseil municipal se clôture sous les coups de 21h13, non sans quelques émois sur le règlement intérieur, avec une Jeanne Barseghian déclarant, passablement irritée : « Écoutez les règles qui sont fixées madame Geissmann, et vous ne serez pas surprise de les voir appliquées ». Une certaine cohérence de la part de nos élu(e)s, qui ont livré un conseil municipal assez fade et peu inspiré, l’un des plus courts de la mandature écologiste. Il faut croire que la fatigue automnale et le froid qui arrive désemparent un peu tout le monde. Rendez-vous le 12 décembre prochain à 9h, en pleine Coupe du Monde et marché de Noël, pour le dernier prime de l’année.

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