Strasbourg terre de brasserie. Il ne faut pas faire plus de dix pas pour se retrouver en face d’un bar qui saura ravir nos papilles, et faire briller nos pupilles. Mais au-delà du plaisir de la boisson, Strasbourg est également une ville d’histoire et de traditions. Deux termes qui ne sont pas étrangers à la brasserie de l’Ours Blanc, dont la petite histoire s’inscrit dans une plus grande : celle de la brasserie Fischer.



Il y a plus d’un an et demi, on vous faisait découvrir la brasserie de l’Ours Blanc. Prenant la suite du El Pimiento, au 52 rue du Jeu-des-Enfants, cette brasserie souhaitait remettre l’histoire du lieu en valeur, à travers ses plats mais aussi sa décoration. Il faut dire que, avant sa fermeture en 1987, elle représentait l’une des dernières brasseries historiques du centre-ville de Strasbourg. Et désormais, en passant la porte, vous pourrez découvrir son histoire, intimement liée à celle de la brasserie Fischer.


L’Ours Blanc, le berceau de la brasserie Fischer

La brasserie de l’Ours Blanc est en effet le berceau de la brasserie Fischer. Tout commence il y a plus de 200 ans, lorsque Jean-Frédéric Fischer-Garnier brasse ses premières bières, baptisées « bières du Pêcheur ». La signification du nom est toute simple : en alsacien, pêcheur se dit… je vous le donne en mille… Fischer ! Sous le nom de la brasserie de l’Ours Blanc, l’entreprise se développe ainsi petit à petit, pinte après pinte. En 1840, la brasserie prend le nom de son fondateur ; c’est le début de la brasserie Fischer. Dix ans plus tard, la brasserie strasbourgeoise exporte un train de bières par jour en direction de Paris. Le début d’un succès qui entraine forcément plus d’ambition et d’expansions. Ainsi, après les premiers creusements de cave en 1854, l’entreprise déplace l’entièreté de sa production à Schiltigheim en 1884.

Mais cela ne sonne pas le glas de la brasserie de l’Ours Blanc, qui offre alors des thés dansants, un restaurant populaire avec un immense caveau, disparu depuis… Bref, un lieu dédié aux plaisirs et à la gourmandise qu’ont peut-être connu les grands parents de vos grands-parents et surtout, un lieu ancré dans la culture strasbourgeoise. Pourtant, en 1987, le lieu va disparaître. En effet, à cause d’un manque de rentabilité, la brasserie Fischer cède son lieu de naissance pour une opération immobilière qui aboutira à la création de la résidence-hôtel Les Citadines, des logements et locaux commerciaux en masse, en plus du parking privé de 140 places en sous-sol. Une disparition qui a longtemps été combattue par les Strasbourgeoises et Strasbourgeois, comme le montre cette archive de l’INA. Finalement, en 1989, le bâtiment fut démoli.


Un mini-musée sur l’histoire du lieu, de la brasserie Fischer et même de Strasbourg

Plus de 30 ans plus tard, la brasserie de l’Ours Blanc renaît de ses cendres, et propose désormais aux habitantes et habitants de redécouvrir son histoire. Sur les murs, autour des tables et à l’entrée, on découvre des archives, des photos, des sous-bocks qui sont autant d’anecdotes savoureuses que de testaments de l’histoire du lieu et de celle de la brasserie Fischer. Parmi elles, l’histoire du S’Fischer Mannele, le petit bonhomme pêcheur trônant sur son petit tonneau. Ce dernier doit aujourd’hui être un très vieux jeune garçon, puisqu’il serait devenu l’emblème de la marque en 1930, lorsqu’il a été dessiné par Georges Hirlemann, architecte à Ribeauvillé. Il a même été décliné en joueurs de baby-foot, et d’autres surprises à découvrir au sein de l’actuelle brasserie.

Au niveau des anecdotes, on peut également mentionner la fameuse bière 36’’15 Pêcheur, ou « La bière amoureuse », connue pour son doux parfum de mangue, mais également de scandale. En effet, alors que sa composition et ses ingrédients restent à ce jour secrets, la 36’’15 Pêcheur possèderait des vertus érotiques et aphrodisiaques. Le résultat d’une grande campagne de marketing, et notamment par minitel pour contourner la loi interdisant la publicité sur l’alcool. Une campagne qui a même donné lieu à une réaction du parquet de Saint-Denis de la Réunion ! Enfin, on peut également trouver de nombreuses photos documentées de la démolition du bâtiment, ainsi que des affiches d’habitants s’opposant au projet. En somme, une mine d’anecdotes et d’histoires, disponibles pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur ce lieu qui a marqué Strasbourg.

La brasserie de l’Ours Blanc fait ainsi la part belle à une histoire alsacienne, entre France et Allemagne, truffée de petites anecdotes et grandes histoires pour les plus curieuses et curieux d’entre nous. Une façon de mieux connaître les lieux, mais aussi sa ville et sa région.

Pour vous rendre à la brasserie


Brasserie L’Ours Blanc 

52 Rue du Jeu-des-Enfants
67000 Strasbourg
Ouvert du lundi au samedi de 11h30 à 15h et de 18h30 à 23h
03 88 21 94 52
La page Facebook du restaurant / Pour réserver


*Article soutenu mais non relu par la brasserie l’Ours Blanc

1 commentaire

  1. Bonjour. C’est la même équipe que celle qui tenait le Pimento ? J’y allais souvent avec mes collègues, pour le plat du jour, très varié. Aujourd’hui à la retraite, si c’est eux, j’irai leur faire un petit coucou à

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