À Strasbourg, La Maraude du Dimanche se mobilise pour aider les personnes sans-abri et leurs compagnons à poil. Nourriture, couvertures et soins médicaux, chaque action est nécessaire. Agir pour tout être vivant dans la rue, mais aussi sensibiliser le public à la cause animale, voici les objectifs de l’association.


Beaucoup des personnes sans-abri sont accompagnées d’un animal, que ce soit un chien, un chat ou même un rat. Pourtant, peu d’associations prennent en compte cette relation, capitale pour les personnes dans la rue. Après de nombreuses maraudes, le constat est évident : les animaux de la rue ont aussi des besoins vitaux et médicaux. Certaines des bénévoles de la Maraude du Dimanche ont créé un pôle animalier, afin de pallier à ces manques.


« Répondre aux besoins des animaux de la rue »

Tiphaine, bénévole à La Maraude du Dimanche et en service civique dans une autre association pour la protection de la faune sauvage, explique : « L’objectif du pôle animalier, c’est de répondre aux besoins des animaux de la rue, en fonction de ce que leurs maîtres nous disent et de ce que l’on observe. Lors des maraudes, on peut voir qu’il n’y a pas toujours de nourriture apportée aux chats ou aux chiens. Il y a une sorte de non-prise en compte de ces animaux qui sont pourtant de véritables compagnons pour les personnes sans-abri. » Les bénévoles tentent donc de trouver des solutions pour fournir une nourriture adaptée, mais aussi pour faciliter l’accès aux soins vétérinaires : « Les personnes à la rue n’ont ni les moyens, le temps ou l’énergie de passer par tout l’administratif de la prise en charge d’un animal. »

Nadia, en reconversion professionnelle en tant que travailleuse sociale et bénévole précise : « Les personnes à la rue sont stigmatisées, et leurs animaux le sont aussi. On leur apporte un peu de bienveillance, d’écoute et de considération. »

La Maraude du Dimanche / Document remis


« Ils forment une équipe de vie »

L’animal agit souvent comme un rempart contre les difficultés d’une vie dans la rue. Il est, selon Tiphaine, « un levier d’action pour les personnes sans-abri. Ça leur permet d’avoir une raison de se surpasser, c’est une autre vie dont il faut prendre soin. C’est aussi un relais de communication entre personnes à la rue qui ont des animaux : ça entraîne de la confiance, ça leur fait un intérêt commun. Mais aussi avec les passants, qui se rapprocheront plus facilement. »

Le chien, dans la plupart des cas, est une présence au quotidien, un compagnon fidèle : « Ils forment une équipe de vie. La personne va mettre toute sa confiance dans son animal et l’animal aussi, c’est la seule personne qu’il connaît, c’est sa famille. » Une relation qui réconforte et amène les personnes sans domicile fixe à faire passer les besoins de leurs animaux avant leurs propres besoins, quitte à manquer.

Les cas de maltraitance animale sont extrêmement rares, et reportés directement par l’association. Sur le terrain, on peut voir des animaux bien portants, mais aussi âgés, malades ou blessés. Un des constats de l’association est qu’il y a peu de solutions pour reloger les personnes avec leurs animaux, puisque les hébergements d’urgence n’acceptent généralement pas les animaux, pour des questions sanitaires ou de sécurité. Pourtant « même de façon temporaire, séparer l’être humain de son compagnon de rue reste traumatisant pour les deux » remarque Tiphaine.

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« On cherche des vétérinaires bénévoles »

La situation s’est nettement dégradée depuis la fermeture du dispensaire de la Fondation Assistance aux animaux, qui permettait de soigner à prix minime les animaux des personnes en grande précarité financière. Depuis presque un an, faute de vétérinaire salarié, l’établissement n’a toujours pas rouvert ses portes. « Depuis la fermeture du dispensaire, il n’y a plus rien. La majeure partie des personnes sans-abri allaient là-bas pour soigner leurs animaux. » note Rolel, l’une des bénévoles, étudiante en pharmacie. À défaut d’une grosse structure comme le dispensaire, « on cherche des vétérinaires bénévoles qui souhaitent collaborer avec notre association, qui font ça par solidarité, qui peuvent demander une contrepartie minime, mais envisagent plutôt la gratuité, en prenant bien en compte que ce sont des personnes à la rue. »

Un appel aux vétérinaires solidaires, afin de permettre aux personnes aux ressources insuffisantes de pouvoir soigner leurs animaux à moindres frais, mais aussi en leur facilitant l’accès aux soins, sans trop de documents administratifs. « Il ne faut pas oublier que ce sont des personnes dans la rue, certains ont des prestations sociales, mais d’autres pas du tout. Il y en a qui sont en désaffiliation totale avec le système social. Ce qui leur permet de tenir, c’est leur animal. » rappelle Nadia.

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Comment aider en tant que particulier ? Selon Tiphaine, « Chacun peut donner des croquettes à l’association s’ils en ont en trop, des couvertures, contribuer à la cagnotte, parler de nos actions aux vétérinaires, ou leur demander aussi s’ils ont des vivres pour les animaux. Ils ont parfois des croquettes adaptées pour des besoins spécifiques, par exemple pour les bébés chiots, ou les animaux avec des problèmes rénaux. » Les animaux de la rue ne sont pas forcément en mauvaise santé, « il peut très bien se porter en étant à la rue, mais l’idée c’est d’optimiser ce bien-être dans un contexte de vie à l’extérieur.« 


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