Depuis que les dates du calendrier de réouverture tant attendues ont été dévoilées par le gouvernement, ce sont plusieurs secteurs qui doivent progressivement se remettre en marche. Après avoir été à l’arrêt pendant de nombreux mois, beaucoup de Strasbourgeoises et de Strasbourgeois s’apprêtent donc à retourner au travail et les professionnels recrutent pour faire face à la reprise.


Dans les pages du Figaro, Hervé Becam, vice-président confédéral de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) révélait le 11 mai dernier les résultats d’un sondage réalisé par l’UMIH auprès de ses membres. Selon lui, “sur un panel de 7 000 entreprises, 34% envisagent d’avoir des difficultés de recrutement au moment de leur réouverture”. S’il est difficile de savoir aujourd’hui si le manque de personnels touchera Strasbourg et d’en évaluer l’impact réel, les professionnels mettent toutes les chances de leur côté et n’hésitent pas à recruter pour s’ajuster progressivement aux différentes étapes de réouverture.

© Samuel Compion / Pokaa


Une reprise chez les fournisseurs et dans la restauration

Depuis que le gouvernement a communiqué son calendrier, Strasbourg a commencé à recruter. Une forte période de recrutement je ne dirais peut-être pas, mais on est à 30% d’augmentation de l’activité. Les postes sont partis une fois qu’on a eu une date de réouverture. explique Nathalie, responsable dans l’agence d’intérim Supplay Strasbourg dans le secteur industrie, logistique et restauration. Et s’il est habituel d’avoir une augmentation au courant mai, cette fois-ci, elle semble être plus importante sur certains métiers.

Les fournisseurs, les grossistes et les brasseurs ont notamment été les premiers à se mettre en ordre de marche, il y a déjà plusieurs semaines comme le confirmait Nathalie début mai : “On a des clients sous traitant de la restauration qui ont déjà tous les feux ouverts pour relancer l’activité, les fournisseurs de matière première pour les restaurants ont déjà en préparation des profils. On prépare des sessions de recrutement sur différents fournisseurs, pour les gens qui vont faire la livraison de denrées ou de boisson ça se réactive fortement cette semaine.

Le secteur de la restauration quant à lui, a précisé aux agences de préparer un vivier de candidats, essentiellement dans le domaine de la cuisine et du service. Et si dans le secteur de l’hôtellerie, “ça reste encore timide”, selon la responsable, la tendance est un peu similaire sur les métiers du commerce qui se préparent à rouvrir.

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© Caroline Alonso / Pokaa


Les bars et les restos : un fonctionnement en effectif réduit

Ces dernières semaines, la date du 19 mai a été mise en avant comme le grand point de départ des réouvertures des terrasses. Une période de recrutement était donc à prévoir, notamment dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, mais qui s’avère être à géométrie variable selon les établissements.

Puisque seules les terrasses pourront rouvrir, avec une jauge réduite de moitié, les établissements ne peuvent installer que 50% de leurs tables. Il ne s’agira donc pas d’un fonctionnement classique, et le nombre de personnel nécessaire sera donc forcément réduit. 

Pour Jacques Chomentowski, président délégué à la restauration et aux débits de boisson à l’UMIH du Bas-Rhin, difficile de savoir exactement quels vont être les besoins : “Aujourd’hui, c’est difficile de savoir exactement, vu les problématiques de jauge et la météo. Et puis il y a les gros groupes et les petits établissements. Moi par exemple j’ai mon personnel sachant qu’on va rouvrir de manière très dégradée avec des jauges, on essaie de faire des agrandissements de terrasse avec la Ville mais ce ne sera pas le cas de tout le monde, donc certains n’ouvriront même pas. On ne peut pas se plaindre de tout et son contraire à partir du moment où on démarre doucement, on n’a pas besoin de recruter beaucoup de personnel. On va avoir une saison compliquée à gérer, mais on va faire avec parce qu’on est bons !” 

© Vivien Latuner / Pokaa


Un personnel qui s’est parfois réorienté

La crise a aussi impacté différemment les établissements. Si certains ont réussi à conserver leur équipe au complet, d’autres ont perdu des membres, qui, lassés d’attendre la reprise, ont décidé de se réorienter dans un autre secteur. Une tendance que confirme Nathalie, responsable chez Supplay Strasbourg : Il y a du personnel qui n’est plus forcément disponible. Nous, on a des personnes qui se sont réorientées et qui ne seront donc plus disponibles comme avant Covid car ils ont trouvé des compensations ailleurs, ils ont su rebondir. Et puis ce sont des personnes très appréciées en logistique par exemple, car elles ont une bonne gestion du stress et savent s’adapter rapidement et donc certains ont su faire leur place.”

Des départs difficilement quantifiables et qui n’inquiètent pas Jacques Chomentowski : “Impossible de vous dire aujourd’hui si c’est 10% 15% ou 20% de personnels en moins, ce serait raconter des histoires. Et dans nos métiers il y a toujours du travail, donc à un moment si certains ont décidé de faire autre chose, ils vont revenir s’ils ont besoin de travailler, de se nourrir etc.” 

Mais pour ceux qui ont bel et bien laissé leur place, il doivent rapidement être remplacés et bien souvent par du personnel qualifié, d’autant plus que le calendrier ne permet pas toujours de prendre le temps de les former. C’est notamment le cas de plusieurs établissements du groupe strasbourgeois FHB, à la recherche de serveurs et d’assistant manager pour le café Atlantico et le Comptoir d’Eugène, de chef de rang sommelier pour le restaurant Street Butcher, de barman, d’un chef de rang et d’un responsable de salle pour le Meteor et d’un pizzaiolo pour Aedaen Place.

© Samuel Compion / Pokaa


Des saisonniers en prévision d’un été plus mouvementé

Passé le 19 mai, les autres étapes du calendrier de reprise vont suivre et avec l’été qui arrive, le recrutement de saisonniers est pour beaucoup indispensable pour répartir la charge de travail. D’habitude on ouvre déjà en début de saison et on recrute au fur et à mesure des étudiants qui peuvent commencer un peu et être formés avant l’été. Là aujourd’hui, ça va être plus compliqué, chez les étudiants d’ailleurs, tout le monde n’est pas là.” regrette Jacques Chomentowski. 

© Samuel Compion / Pokaa

Malgré tout, si les bars et les restaurants restent ouverts cet été comme prévu, il faudra compléter les équipes : Ça nous laisse un mois et demi, deux mois, pour mettre en place les plannings et embaucher des extra. Bien sûr, il faut pondérer, un endroit comme un restaurant gastronomique va avoir besoin de personnel qualifié, alors qu’un bar à tapas ou un bistrot peut très bien embaucher des extra comme des étudiants. Moi, j’arrive très bien à former des étudiants et avoir du personnel compétent, mais on n’a pas les mêmes problématiques selon les restaurants.” explique le président délégué de l’UMIH 67. 

Et pour soutenir le secteur dans cette période de recrutement, le syndicat a d’ailleurs choisi de relayer via sa page Facebook les offres d’emploi de professionnels locaux, afin de les aider à compléter leurs équipes.

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