Ils et elles sont Strasbourgeois et Strasbourgeoises, mais ont mis les voiles loin de leur terre d’origine. Désormais installés dans un pays étranger, ils nous racontent leur vie d’expatriés, en temps de crise sanitaire. Parmi eux, Morgan, installé à Dubaï depuis le mois d’août. Il partage son quotidien ensoleillé, quelque peu impacté par la pandémie.


L’arrivée du Covid, le confinement, le port du masque, le couvre-feu, la crise sanitaire, Morgan l’a connu depuis Strasbourg au printemps 2020. Mais au mois août, la carrière du designer pour parcs d’attractions prend un tournant. Il fait ses valises après une offre d’emploi et s’installe à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis. « Je travaillais à Europapark, sur le projet de Pirates de Batavia. Je dessine les décors, les histoires. Là, on m’a proposé un poste de directeur artistique, c’était une évolution. »

©Morgan Fix / Doc remis

Il quitte alors Strasbourg, où les mesures sanitaires se sont allégées au cours de l’été, mais qui sera engloutie deux mois plus tard par une nouvelle vague. « J’ai juste dû faire un test PCR avant le départ. Dans l’avion on a eu une petite boîte avec des masques, du gel hydroalcoolique et des lingettes. Il n’y avait personne autour de moi, mais je ne sais pas si c’était un hasard », se souvient Morgan.

À son arrivée à Dubaï, les contraintes sont peu nombreuses. « Il n’y avait presque pas de restrictions, pas d’attestation. Il faut simplement porter le masque partout, en intérieur et extérieur. Les capacités d’accueil des magasins sont réduites et à ce moment-là des agents de sécurité prenaient notre température. Mais tout était ouvert et c’est toujours le cas : les centres commerciaux, les cinémas et même les parcs d’attractions. Je ne sais pas ce que ça fait de ne pas manger au restaurant, d’ailleurs dans une heure j’y retourne », sourit le Strasbourgeois avec malice. Autres mesures en place : « Les personnes de 70 ans ne doivent pas aller dans les magasins et dans une voiture on ne peut être plus de trois personnes, sauf pour les familles. »

© Morgan Fix – Doc remis


Tests payants et vaccins gratuits

Malgré tout, la crise sanitaire prend une place importante dans la vie de Morgan, qui vit à Dubaï mais travaille à Abou Dabi, située dans un autre Émirat . « Il y a une heure de route. Avec la pandémie, il y a une frontière de mise en place entre les deux Émirats. Pour passer, il faut un test négatif, toutes les 48h ou 72h, selon la période. Ici il n’y a pas de sécurité sociale donc c’est payant. Le test PCR, quand je suis arrivé, c’était 220 dirhams environ, ça fait à peu près 50 €. Maintenant c’est autour de 150 dirhams, à peu près de 35 €. Il y a aussi des tests lasers. On te prend une goutte de sang et ça passe dans un laser. Tu reçois le résultat en direct sur ton téléphone. C’est moins cher, 50 dirhams, à peu près 15 €. Mais tu ne peux pas en faire deux fois fois de suite et si c’est positif tu dois confirmer avec un PCR. »

Morgan brandit fièrement son portable vers l’écran qui nous sépare : « là c’est marqué « 0 day », parce que j’en ai fait un ce matin », montre-t-il sur l’application mise en place il y a quelques mois dans le pays et qui lui sert de suivi sanitaire.

Aujourd’hui, Morgan n’a plus besoin que d’un test PCR par semaine, grâce au vaccin. « J’ai eu la première injection le 28 janvier et la seconde le 18 février. J’ai décidé de me faire vacciner pour pouvoir voyager, être libre et ne pas faire de test tous les deux jours, c’est un budget. Ici on peut se faire vacciner depuis fin décembre et beaucoup le sont déjà. »

© Morgan Fix – Doc remis


Des nombreux Français

Aux Émirats Arabes Unis, le Strasbourgeois se sent rassuré. « On se sent en sécurité. C’est contraignant de faire un test aussi souvent mais c’est aussi rassurant. Les gens respectent les mesures, ici ils ne rigolent pas, il y a de grosses amendes. Ils font tout pour qu’on respecte, il y a des caméras partout. Pour ce qui est des mesures, ici ils ne se posent pas de questions. En France, on dirait qu’il faut toujours essayer de ne frustrer personne, de faire attention à tout ce qu’on dit, on prend le temps de réfléchir et ils n’ont réagi de manière forte qu’à partir de février. Mais on parle de la vie des gens. »

Et il n’y a pas que les bars et établissements culturels ouverts qui allègent le quotidien à Dubaï. Malgré les distributeurs de gels hydroalcooliques installés dans toute la ville et la distanciation imposée, la pandémie semble moins envahir le quotidien et l’esprit des Dubaïotes. « Quand je regarde la presse strasbourgeoise, le gros titre à la une c’est toujours le Covid, tous les jours. C’est vraiment déprimant, en France, dès qu’on allume les infos ce n’est que ça, ce n’est pas bon pour le moral. Ici pas du tout. Dans l’actualité, ils parlent de plein de choses. La pandémie n’en est qu’une partie. »

© Morgan Fix – Doc remis

Que ce soit pour ce semblant de légèreté, le soleil « il fait 40 degrés ! » se réjouit Morgan, ou pour l’image véhiculée sur les réseaux sociaux, les Français sont nombreux à s’envoler vers l’Émirat. « Depuis janvier il y a énormément de Français. Sur les groupes Facebook, beaucoup racontent qu’ils passent par l’Allemagne ou la Suisse. Malgré les restrictions de voyage, c’est possible de passer au travers. » Pourtant Morgan se sent nostalgique. Sa copine, la tarte flambée, le RCS manquent au Strasbourgeois, impatient de revenir sur ses terres alsaciennes à la fin de son contrat.

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