À 26 ans, la Strasbourgeoise Tiffany Obrero peut se targuer d’avoir un savoir-faire peu banal. Depuis bientôt trois ans, elle exerce à son compte comme maquilleuse professionnelle. Si d’emblée vous pensez au maquillage d’Halloween pour enfants, au rouge à lèvres et au fond de teint, détrompez-vous. Tiffany est plutôt du genre à passer deux heures sur un sujet, à peindre et transformer des corps ou à métamorphoser des visages. On a rencontré cette Strasbourgeoise, au métier pas comme les autres.




Une profession diversifiée et faite de challenges

Les mannequins sur les couvertures de magazines, les chanteuses dans les clips, les acteurs ou même les présentateurs du 20h : nombreux sont ceux qui passent entre les mains de maquilleurs et maquilleuses professionnelles afin d’afficher un visage parfait. « J’aime la diversité que m’offre mon métier et les défis constant qu’il me permet de relever, que ça soit dans le domaine de la beauté, de l’art, mais également des effets spéciaux, nous confie Tiffany. Il n’y a jamais de routine, entre les shooting, les clips, les mariages, les prestations pour les femmes enceintes (bellypainting), les tournages, les défilés de mode, et j’en passe…  J’adore donner vie à mes créations et transmettre des émotions ».

Chaque jour, Tiffany joue avec les couleurs, les textures, les brillances. Parfois, il s’agit de magnifier une mariée, d’autres fois de créer des coiffes ou des effets spéciaux, de créer du relief sur la peau à l’aide de latex. En quelques tours de main et grâce à son savoir-faire acquis lors de ses deux années d’écoles, Tiffany a le pouvoir de nous faire vieillir ou rajeunir, mais aussi de nous transformer au point que plus personne ne puisse nous reconnaître : « J’ai d’abord commencé par tester des maquillages de transformation en bricolant des fausses prothèses et en faisant des maquillages très bruts sur moi même avec des fards gras. Enfin si on peut appeler ça « maquillages » et « prothèses » car vraiment, je faisais tout moi-même, sans regarder de tutos ou quoi que ce soit. »


De la Fashion Week aux shootings

Si Tiffany est parfois du genre à agir à l’instinct, sur un coup de tête, la vie lui a parfois bien rendu : « Un soir, alors que je rentrais de soirée, j’ai répondu à une annonce pour maquilleuse, mais plus par curiosité. J’ai commencé à discuter avec l’organisatrice de ce fameux événement. Elle m’annonce que l’événement est le lendemain au Luxembourg, et qu’il s’agit d’un clip dans un hôtel avec les mannequins de son agence F&D… Instinctivement, j’ai pris la route sans même avoir dormi et je suis arrivée vers 7h là-bas, j’ai pris un café et je suis allée bosser à 10h à l’hôtel pour le clip, comme prévu et ce le temps d’un week-end. C’est seulement le soir, en dînant avec toute l’équipe, que j’ai compris que la vidéo était destinée à la promo de la première Fashion Week du Luxembourg. Heureusement que je ne le savais pas avant, je ne suis même pas sûre que je serai venu en tant que petite maquilleuse toute fraîchement diplômée avec quasiment pas d’expériences. Depuis ce jour-là, j’ai la chance d’avoir déjà travaillé trois fois à leurs côtés. C’est sûrement la plus belle histoire professionnelle que j’ai à raconter pour le moment. »

Tiffany enchaîne ensuite ses premières prestations. Principalement des shootings grâce à sa passion partagée par deux photographes strasbourgeois (Accalmia et Michael Vieira), avec qui elle passe du statut d’amateur à celui d’entrepreneur, jusqu’à travailler ensemble aujourd’hui comme professionnels. Aujourd’hui, certains projets restent particulièrement marquants pour la maquilleuse : « Après l’école, je dirais que le premier gros projet a été de travailler sur le clip « J’ai ouï dire » du groupe Garçons Trottoirs. Il y a des projets qui restent aussi dans ma mémoire car ils étaient vraiment fous ! Je pense notamment au shooting avec Monkeypics photography qui a été mon plus long shooting, de 11h du matin en forêt jusqu’à 4h le lendemain en studio. On avait suspendu une modèle en robe qui n’avait jamais fait d’escalade, à plus de 40m du vide et dans la nuit tombée. Puis à minuit, on était tellement motivés qu’on avait décidé d’improviser encore un shooting en studio avec un oiseau. »

© Michael Vieira


Des mariages et des clips de rap

Si le métier donne l’occasion de vivre des expériences particulièrement stimulantes, être maquilleuse apporte aussi son lot d’imprévus cocasses : « Je suis allée maquiller ma première mariée sans savoir que c’était une mariée. C’est une fois arrivée sur les lieux que ma cliente me dit « Vous pouvez aussi faire ma petite fille avant moi s’il vous plaît ? ». Je commence alors et là, la petite fille toute heureuse me dit « Ma maman aujourd’hui elle va se marier ! » Vous devinez que j’étais plus surprise qu’heureuse à ce moment-là ?! S’occuper d’une mariée est déjà un engagement, sachant que la mariée en attend beaucoup pour son mariage, mais alors faire sa première mariée sans être prévenue auparavant… On croise les doigts à ce moment-là pour avoir tout son matos waterproof.« 

Si vous pensiez encore qu’il n’y avait que les mariées et vos mamans qui se faisaient pomponner, vous serez surpris d’apprendre que les rappeurs bad-boy eux aussi, passe sous les pinceaux avant d’apparaître dans leurs clips : « J’ai eu ce contrat par recommandation. Là aussi j’ai accepté sans vraiment chercher, par goût du défi. Je ne connaissais pas les artistes, mais en discutant avec mon grand-frère, j’ai compris qu’ils étaient très connus. C’est quand j’ai vu une story Instagram d’Alonzo qui était en concert la veille, que j’ai compris vraiment dans quoi je venais de m’engager. C’est aussi ça que j’aime dans mon métier, les rencontres, les découvertes. Le métier de maquilleuse est avant tout un échange, qu’il soit à travers le rendu visuel pour un spectateur ou relationnel avec le modèle à maquiller. C’est un travail qui relie beaucoup de points qui sont importants pour moi, notamment le respect et la capacité d’adaptation. »

Pour retrouver Tiffany

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La saison des mariages approche à grands pas, on dit ça, on dit rien..

Saurez-vous retrouver l’homme qui se cache sur cette image ?

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