Quelques jours après le conseil municipal de la Ville de Strasbourg où a été voté le budget 2021, le conseil de l’Eurométropole a eu lieu, le mercredi 24 mars. Là encore, le gros du conseil a concerné le budget, pierre angulaire de la nouvelle Eurométropole de Strasbourg, avec à sa tête Pia Imbs, Danielle Dambach et Jeanne Barseghian. Mais il y a eu également quelques autres points saillants développés lors de ce conseil. Et notamment la création de l’Agence du climat, un outil pour aider particuliers et entreprises dans l’application des réformes en lien avec les questions climatiques. On vous en dit plus.


La troisième étage de la fusée écologique

La création de l’Agence pour le climat est une nouveauté pour Strasbourg, mais pas au niveau national. En effet, cette agence est la 40ème de ce type a avoir vu le jour en France. Mais après la déclaration de l’urgence climatique par Jeanne Barseghian, qui est également 1ère vice-présidente de l’Eurométropole, et l’adoption du plan Climat 2030 par l’Eurométropole en fin d’année dernière, cette Agence du climat représente désormais « la phase opérationnelle, celle des actions », selon les mots de Danielle Dambach, 2ème vice-présidente de l’Eurométropole et maire de Schiltigheim, lors d’une conférence de presse organisée le mardi 23 mars dernier.

Pia Imbs, maire de Holtzheim et présidente de l’Eurométropole, abonde dans ce sens en affichant « une grande fierté en déclinaison d’une délibération qui date de la fin de l’année dernière, où nous nous sommes engagés à rendre opérationnel un plan climat qui fasse consensus. » Par ailleurs, pour Danielle Dambach, cette agence va aider à la réussite du Plan Climat : « La réussite du plan climat passe par un changement de nos comportements. Cela s’accompagne et ce sera un des rôles de l’agence. Mais il faudra arriver à massifier toutes les actions : chacun, à hauteur de nos moyens, doit évoluer. Et l’agence permettra d’avoir beaucoup d’outils pour aider tout un chacun à s’approprier le Plan Climat. »

Danielle Dambach. Capture d’écran du conseil de l’Eurométropole du 24 mars


Comment elle s’agence cette Agence pour le climat ?

Lors de la conférence de presse du mardi 23 mars, Danielle Dambach, accompagnée sur le sujet par Pia Imbs, déclarait vouloir que la nouvelle Agence pour le climat puisse toucher « chaque strate du monde économique et associatif ». Pour cela, quatre collèges seront créés au sein du conseil d’administration. Le premier concerne les communes et l’Eurométropole de Strasbourg, qui pèsera 40 % dans la prise de décision de la structure. En deuxième, il y aura les acteurs institutionnels, puis les acteurs associatifs et représentants citoyens, avant de terminer par les entreprises et les acteurs économiques. L’assemblée constitutive se fera au mois d’avril, avant de « stabiliser le tout », selon Danielle Dambach.

Au niveau des représentants de l’Eurométropole, on retrouve tous les groupes politiques. Il y aura Jeanne Barseghian, Danielle Dambach, Marc Hoffsess, Alain Jund, Suzanne Brolly, Pia Imbs, Michèle Leckler (maire de Plobsheim), Claude Froehly, Jean-Luc Herzog (maire de Niederhausbergen) et Jean-Philippe Vetter. En plus de ce conseil d’administration, qui devrait contenir entre 14 et 25 membres, il y aura également un conseil scientifique neutre, « qui viendra en appui en termes de valeurs et conseils de tout ordres », selon Danielle Dambach.


À quoi va-t-elle servir ?

Votée à l’unanimité à 92 voix pour lors du conseil eurométropolitain, à quoi va désormais s’atteler l’Agence pour le climat ? Une fois que le tout sera consolidé, « les 33 communes seront invitées à adhérer, comme tous les acteurs du territoire », comme le rappelle Danielle Dambach lors du conseil de l’Eurométropole. Avant d’ajouter que cette Agence du climat pourra alors débuter ses actions, comme « réduire les gaz à effets de serre par accompagner tous les acteurs dans le développement des énergies renouvelables, encourager la consommation responsable, favoriser la biodiversité dans les communes et la transformation énergétique du territoire ».

Dès la fin de l’été, l’Agence va d’ailleurs lancer des études d’accompagnement et de conseil, sur deux sujets. En premier lieu, des actions auprès des ménages et entreprises pour favoriser les mobilités décarbonnées, c’est-à-dire accompagner vers « des solutions vertueuses et moins coûteuses », selon les mots de Danielle Dambach. On voit ici clairement la préparation à la zone à faibles émissions (ZFE), qui rentrera en vigueur le 1er janvier 2022 et qui n’a pas fini de faire débat dans l’enceinte de l’Eurométropole. 

En second lieu, de nombreuses actions seront menées pour massifier la rénovation thermique des bâtiments, dans l’objectif de rénover 8 000 bâtiments chaque année, dans le cadre du Plan Climat voté en fin d’année dernière. Pour tous ses objectifs, le budget 2021 de l’Agence pour le climat sera de 580 000 euros pour couvrir les premiers frais, dont 50 000 euros pour l’équipement de départ. Elle sera en outre hébergée dans les locaux de l’Eurométropole, de manière « gratuite et temporaire », le temps qu’elle trouve un lieu dédié.

Avec la nouvelle Agence pour le climat, l’Eurométropole se dote d’un nouvel outil pour accompagner les acteurs du territoire vers une transformation thermique et écologique. L’ambition est là, il reste désormais à voir ce qu’elle pourra effectivement réaliser, ainsi que ses concrètes réalisations. 

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