Ce 19 octobre à Strasbourg, les militants du mouvement de désobéissance civile pour la sauvegarde du vivant Extinction Rebellion ont réalisé une action éclair en hommage aux victimes de la déforestation. Ils ont organisé une procession et planté un décor pour interpeller les passants. L’objectif était aussi de rappeler le rôle de la France et des multinationales dans la déforestation qui a lieu dans d’autres régions du monde.

Sur le pont Saint-Étienne, au centre-ville de Strasbourg, une procession improvisée arrive avec un cercueil qui porte des branches de sapin. « Nous sommes Extinction Rebellion, » entend t-on, d’une voix forte qui sort d’une enceinte. Il est environ 19h05, le 19 octobre. Dans son communiqué, le collectif militant pour la sauvegarde du vivant, explique qu’il s’agit d’un hommage symbolique à toutes les victimes de la déforestation :

« Cette année, plusieurs milliards d’animaux ont péri par les flammes, et des dizaines de défenseurs des forêts ont été assassinés alors qu’ils veillaient sur un territoire de vie pour les leurs et pour des centaines d’espèces. Selon l’ONG Survival International, rien qu’en Amazonie vingt indigènes ont été tués par des groupes mafieux associés à la déforestation illégale. Chaque année au Brésil au moins une cinquantaine de militant.e.s écologistes sont assassiné.e.s. Les peuples autochtones sont directement menacés par une déforestation débridée qui détruit leur espace de vie et leurs ressources. »

« Changer ou disparaitre » © Thibault Vetter

« Elle brûle, nous brûlons »

Un nuage de fumée rougeâtre qui émane de fumigènes sature l’air. Au bas du pont, un autel a été installé. On peut lire « Elle brûle, nous brûlons, » sur une banderole accrochée juste au-dessus. Des lanternes ont aussi été installées sur des rambardes. Une militante explique que c’est une action éclair. Tout le décor a été planté en quelques minutes et la procession a commencé immédiatement dans la foulée. Dans sa totalité, l’action doit durer 10 minutes. Sur la trentaine de militants mobilisés, chacun a son rôle. Certaines ont la mission d’expliquer la démarche aux passants. D’autres sont là en tant que « médiactivistes » et prennent des photos. Juliette, la porte-parole, explique :

« On voulait éviter d’être contrôlés. Certains d’entre nous viennent de recevoir une amende de 135 euros pour une action qui date de l’année dernière, lorsque nous avions bloqué une entrée du Apple Store place Kléber. Ce n’était pas autorisé à cause du Marché de Noël. »

© Thibault Vetter

Trois régions du monde sont citées dans l’action, avec des causes de déforestation qui diffèrent : « En Amazonie, c’est l’élevage de façon directe (créations de surfaces pour le bétail) ou indirecte (culture de soja destinée au bétail). Pour l’Indonésie, c’est la culture de l’huile de palme et pour le Congo l’agriculture et l’exploitation de mines de charbon. »

© Thibault Vetter

« La France a sa part de responsabilité dans la déforestation des régions éloignées »

Juliette explique que l’objectif, c’est de sensibiliser le grand public pour faire pression sur l’État et les multinationales :

« On remarque que le gouvernement annonce toujours des objectifs chiffrés, sans mettre en place de plan d’action précis. Il faudrait prendre des décisions d’ampleur sur les traités commerciaux par exemple. La France, et l’Europe ont bien leur part de responsabilité dans la déforestation des régions éloignées. Et puis il y a aussi les multinationales. Les groupes l’Oréal, Nestlé, Danone, Carrefour, Casino, et Mulliez font partie des 100 entreprises mondiales qui déforestent le plus selon Forest 500. On veut créer une pression citoyenne sur ces instances pour les obliger à cesser de détruire les écosystèmes. Le temps presse. Au premier semestre de 2020, la déforestation de l’Amazonie a augmenté de 25% par rapport au premier semestre de 2019. »

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